T. I, p. 39 : Vie d'Esope
2. T. IV, p. 302 : conte VU, 2* partie, la Gageure des trois commères.
3. T. Il, p. 232, déjà cité, p. 124-125 : liv. Vllï, fable IV, le Pouvoir des fables.
souci de l'enfance, consiste à dorlôtwlee poupées dont elle s'amuse. En dehors de ce soin, il la voit méchante et perverse. Âossi s'en occupe qui voudra; La Fontaine la dédaigne systématiquement, car son humeur ne lui permet pas de s'arrêter à « ce petit peuple * ».
Et pourtant la question pédagogique de l'éducation et de Tinstruction de l'enfance ne Ta point laissé indifférent. S'il s'est trompé sur la portée éducative des fables, il n'en a pas moins formulé les moyens par lesquels l'on peut intéresser l'imagination des enfants. Il estime que « l'agréable » est l'avant-goût, le hameçon précieux qui captive et qui attire une jeune intelligence. Il n'est d'autre moyen de l'intéresser que de l'instruire en l'amusant^.
Mais, en définitive, l'œuvre du fabuliste ne devient un précieux moyen d'éducation que pour l'homme mûr, qui peut y apprendre ou y reconnaître les multiples aspects de la comédie humaine oii chaque individu joue un rôle plus ou moins grand et plus ou moins intéressant.
IV. Son autopsychologie et conclusions. — Non seulement La Fontaine voit clair chez autrui, mais encore il sait fort bien voir clair en lui-même. Les aveux multiples qu'il nous fournit sur sa mentalité sont pour nous do la plus haute importance, parce qu'ils sont faits spontanément et sans arrière-pensée. La Fontaine se connaît merveilleusement ; il s'étudie avec minutie, il sait « s'introspecter », disons-nous aujourd'hui, jusque dans les plus petits or-
î. T. IX, p. 285, voir p. 207 de cet ouvrage ; Lettre à sa femme. 2. Voir la Préface aux Fables, t. I, p. 8 et suiv.
ganes de sa machine. Toutes ses œuvres, notamment sa correspondance, abondent en détails piquants, qui nous font voir comment il se juge et comment il comprend la vie.
L on peut bien dire même, sans craindre de se tromper, qu'il se dépeint avec autant de justesse, d*impartialité et de « rigorisme » que s*il s'agissait de son prochain.
11 se sait impulsif, volage et inconstant. Il parle de sa paresse et de son infatigable passion pour les femnoies ; il chante sur tous les tons la misère de sa nature. Souvent 'amertume et le regret s'emparent de son âme. Nous le voyons alors professer publiquement ses fautes, se gardant bien de les excuser ou même de les diminuer :
Des solides plaisirs, je n'ai suivi que Tombre, Les romans et le jeu, peste des républiques, Cent autres passions, des sages condamnées, Ont pris comme à renvi la fleur de mes années ^
Tous les détails qui concernent son emploi de temps nous sont donnés par lui avec toute la précision que Ton puisse souhaiter. Si j'étais sage, dit-il parfois à M™* de La Sablière, je suivrais vos leçons, mais je suis « chose légère » ; je change sans cesse d'avis ou d opinion; je suis faible à l'égard de la passion qui règne chez nioi en tyran ; mais qu'y faire? Le vase est imbibé, l'étoffe a pris son pli, et n'est-il pas trop tard pour songer à mettre la paix et l'ordre dans ma conduite ?
Un vain bruit et l'amour ont partagé mes ans*.
Il s'est déjà montré à nous dans l'épitaphe d'un paresseux'^; mais nous devons tout de même reconnaître qu'il