LA VILLE ET LA FORET
On ignore tout du bourg de Fontainebleau avant le règne de François I" ; mais il est certain qu'il existait alors. Les documents de la reconstruction du château font mention de ruesetde maisons, qui n'étaient pas uniquement des dépendances de la maison royale.
Toutefois l'importance de ce bourg ne l'élevait pas jusqu'au rang de paroisse, et pendant tout le xvi' siècle il n'y eut d'autre paroisse qu'A von. Cet état se prolongea d'autantplus aisément, que les religieux Mathurins, qui faisaient à Fontainebleau les fonctions d'un clergé, et qui bientôt prirent la cure d'Avon, ont dû s'opposer quelque temps à l'érection d'une paroisse nouvelle.
Le village d'Avon est situé à l'extrémité du grand canal. Il n'est remarquable que par les circonstances qui rattachent son histoire à celle de Fontainebleau. C'est là que, pendant plus d'un siècle furent enregis-
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très, entre autres, les actes de famille des artistes de Fontainebleau. Un des plus célèbres d'entre eux, Ambroise Dubois, y a sa sépulture; son épitaphe est au troisième pilier delà nef adroite, et ainsi rédigée. : Ci gist feu honorable homme Ambroise Dubois, natif d'Anvers en Brabant, vivant valet de chambre et peintre ordinaire diiroy , lequel est décédé le 27""" décembre 161^.
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L'église d'Avon.
Auprès est la tombe dun des Jamin, Robert, frère de l'architecte François Jamin, et plus loin, au mur du bas côté, celle de Gracieux Jamin, leur père. Près du bénitier vers l'entrée, une inscription moderne dans le pavé marque la place où fut enterré Monaldeschi. Sous le porche sont les inscriptions funéraires de Lacépède d'une part, de l'autre du célèbre mathématicien Bezout, celle-ci fort longue et en vers.
D'autres artistes de Fontainebleau, comme D'Hoey etFréminet avaient été enterrés à Barbeau, de l'autre côté de la Seine, dans une abbaye détruite aujourd'hui, où reposait aussi le corpsdu roi Louis VII.
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En face de réglised'Avon surladroite, se voit encore un antique portail décoré d'ornements dans le style Louis XIII. C'était l'entrée de l'hôpital delà Charité d'Avon, où la reine Anne d'Autriche installa en 1660 les frères Saint-Jean-de-I)ieu.
Bien avant que la paroisse d'Avon n'eût vu détacher d'elle le bourg de Fontainebleau, celui-ci s'était agrandi, et avait pris tout le genre d'im-
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Le pavillon de Sully.
portance et de splendeur qu'on vit depuis régner à Versailles, et qui appartient aux. villes dont la présence du roi fait toute l'importance.
La résidence sétait tout d'abord entourée de ses dépendances naturelles, dont quelques-unes étaient situées vers les jardins et la forêt.
Parmi les édiiices construits pour le logement des grands officiers de ce côté, il faut compter les quatre pavillons qui faisaient les quatre coins du Parterre, etdont deux seulement ont subsisté. Nous nommons l'un pavillon de Sully : c'était relui du Grand Chambellan. L'autre est la porte Dorée. Les deux autres étaient, vers la chaussée, l'hôtel du Colonel général ; vers le canal, celui du Grand Maître. Tous ces bâtiments remontaient au règne de François I".
Le Vieux Chenil, qui devint depuis la Petite licurie du Roi, avait été bâti pour le même roi, avant la reconstruction du château même, de l'autre côté de l'Etang, à gauche de l'entrée de la chaussée. A l'autre bout de l'Étang, vers la pointe, près de ce qui fut le Chenil sous Louis XIV et qu'on appela depuis Chenil Neuf, était un petit bâtiment élevé très anciennement aussi par François I"', et dont la destination n'est pas connue. Continuant d'avancer de ce côté, et passant en deçà de la fontaine Bleau. on trouvait les Ecuries de la Reine, contiguës à ce qui fait aujourd'hui la rue, et qu'on croyait élevées sur l'emplacement de la plus vieille maison du bourg.
Mais la plus ancienne de toutes ces dépendances, dont le nom demeure aux bâtiments auxquels elle a fait place depuis, ce sont les fameuses Héronnières, ainsi nommées des hérons qu'on y élevait. Au temps de Louis XV, on voyait encore en cet endroit les cages de pierre en forme d'arcades, où François I" les avait renfermées. Les Héronnières, rebâties en arrière de leur place ancienne, servent aujourd'hui à l'Ecole d'Application. De tous les bâtiments qu'on vient d'énumérer, ce sont les seuls, avec le pavillon de Sully, dont le souvenir au moins n'ait pas péri.
Du côté de la ville s'élevèrent, outre plusieurs autres dépendances, un grand nombre d'hôtels particuliers, que les courtisans aménageaient pour eux. Parmi ces derniers deux méritent une mention, à cause des restes admirables qu'on en voit encore aujourd'hui.