LA VILLE ET LA FORKT
L'un est Thôtel de Ferrare. de bonne heure nommé Grand Ferrare, où logea le cardinal de ce nom, frère du, duc, lequel, par son mariage avec Renée, fille de Louis XII, était beau-frère de François I". Il reste de cet hôtel un portail en vue de la cour du Cheval-Blanc. Serlio l'avait bâti,
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Porte du Grand l-'errare.
de 1544 à '54^, et le portail dont il s'agit est le seul ouvrage authentique de cet architecte à Fontainebleau. Il est d'ordre toscan à deux colonnes, avec un bossage rustique, qui de tout temps ont fait l'admiration des connaisseurs.
Il paraît parles correspondances, que le cardinal trouvait que « cette maison était pour la beauté au-dessous de son renom ». Il s'opposa à ce que Serlio en publiât le dessin dans le cinquième livre de son Architecture,
qui paraissait alors. Aussi ce livre ne contient-il que le portail. Mais cela n'empêcha pas la réputation de cet hôtel d'être immense, à Ferrare même autant qu'à Fontainebleau.
La maison avait une grande salle, trois chambres pour le cardinal et deux pour les étrangers, toutes parées de tapisseries à figures, faites, selon toute probabilité, sur les dessins de Jules Romain. Sous ces chambres étaient des Bains magnifiques, qu'on admirait encore au tempsde Louis XV, et dont les peintures d'arabesques étaient attribuées au Primatice.
Dans cette demeure superbe, le cardinal traitait la duchesse d'Etampes. Il y reçut un jour toute la cour. La salle, ornée de tapisseries, était couverte de feuillages et de fleurs, les dames étaient assises à table, habillées de drap brodé d'or et si brillantes de pierreries, que l'ambassadeur de Ferrare, de qui nous en tenons le récit, appelle dans son admiration cette assemblée une « cour céleste. » Le roi voulut qu'on lui montrât la maison, et assura n'en avoir jamais vu en France qui fût plus belle ni mieux entendue. Ensuite il s'en fut avec le cardinal voir un carrousel que donnaient douze cavaliers dans la cour de l'hôtel. Quand le carrousel fut fini, il fallut qu'on lui fit revoir tout le logis à la lueur des flambeaux, et, venant à la chambre du cardinal, il ne put s'empêcher de s'écrier: « Xotre bon père, voilà qui est fort bien fait. « Après cela, il s'entretint avec les dames au son de la musique et des chants, jusqu'à minuit, dans la grande salle inondée de lumière: « un spectacle, écrit l'ambassadeur, qui semblait l'incendie dont nous lisons la description au siège de Troie. »
L'autre hôtel dont ontrouve les restes à Fontainebleau, est sur la rue
de Nemours (maintenant boulevard Magenta), un peu plus loin que la grille
d'honneur. Il a porté le nom de Montpensier, et fut habité pas la grande
Mademoiselle, mais on ignore qui l'a bâti et l'habitait au temps de Fran-
■ çois I".
Le grand portail est le seul reste ancien de cette maison. Il est accompagné de deux colonnes doriques flanquées de deux demi-pilastres, qui portent un entablement d'une majestueuse élégance. Les colonnes, les pilastres, le cintre et les pieds-droits de l'arcade sont ornés de bossages, d'un dessin et d'une exécution admirable. Le fronton est coupé et à enroulements ; entre ces enroulements est un tambour enveloppant une couronne de fruits dans le genre des La Robbia. avec la Salamandre assise. Un dessin de cette sorte à cette époque ne peut être attribué qu'à un Italien. Vignole, Serlio ou le Primatice. Un peu plus loin, dans la rue de Xemours, est l'hôtel de Pompadour, autrefois habité par cette maîtresse royale. Il a un beau portail du xviii" siècle, et un gracieux pavil-