‹ Fontenelle, ou, De la philosophie moderne relativement aux sciences physiquesChapitre 5 sur 18 · VI · texte numérisé non relu

VI

Du besoin des expériences proclamé par Descartes.

J'ai déjà cité un beau passage de Descartes sur le besoin des expériences % et j'en citerai bientôt^ un autre qui n'est pas moins beau.

Descartes a vu que Vhypolhèse sans Vex-

1 Méditations y p. 247.

^ Discours de la Méthode, p. 458.

' Ci-devant, p. 5.

* Ci-après, p. 31.

DE Là MÉTHODt: D£ D£SCARTif;S. 13

périence n'était rien : < Il nous est inain- » tenant libre de supposer celle (ia cause) » que nous voudrons, pourvu que toutes > les choses qui en seront déduites s'ac- 9 cordent entièrement avec l'expérience'. •

Il a même vu, dès qu'il a voulu aller au fond des choses, que sa marche n'était pas bonne et qu'elle devait être renversée.

« Lorsque j'ai voulu descendre aux choses ^particulières.... je n'ai pas cru qu'il fût » possible à l'esprit humain de distin- »guer...., si ce n'est qu'on vienne au- » devant des causes par les effets, et qu'on » se serve de plusieurs expériences '.... »

« Les choses, dit Descartes avec un bon » sens parfait, aj^ant pu être ordonnées de » Dieu en uneinOnité de diverses façons, » c'est par la seule expérience, et non par ^ la force du raisonnement , qu'on peut

' Les principes de la Philosophie , p. 211.

* Discours de la Méthode y p. 193.

44 D£ LA MÉTHODE DE DfiSCART^.

» savoir laquelle de toutes ces feçons il a » choisie \ »

L'ex|)6rience est donc tout; et ce qui fait la force de l'esprit huiiiaifi inoderoe est précisément d'avoir v« cela, que l'expérience est tout*

La phiiosophie moderne est la phUasophie expérimentaie.

' Les principes de la Philosophie , p. %U .

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