‹ Forbin de Solliés; ou, Le testament du roi René; pièce en deux actes, un épilogue, et en versChapitre 14 sur 52 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes ; LE SÉNÉCHAL, LE MESSAGER

LE SÉNÉCHAL

Sire, un courrier du duc de Lorraine.

LE ROI, impatient; au messager qui attend son ordre.

Eh bien, parle !

Quelle nouvelle ? Allons, dis !

LE MESSAGER

La mort du duc Charle, Sire... Avant le combat, nos Suisses, près de nous, Se mirent, sur le champ de bataille, à genoux; Et Charles crut d'abord qu'ils lui demandaient grâce.

LE ROI

C'était connaître mal les vertus de la race.

LE MESSAGER

Ces vaillants demandaient grâce, oui, mais à Dieu; Ils priaient à genoux, tranquilles sous le feu... Charle, trompé, cria : « Sus à cette canaille ! »

LE ROI, très ému.

Et la nation suisse a gagné la bataille !

LE MESSAGER

Quatre cents de nos cavaliers, trop peu nombreux, Reculent d'abord, mais ils succombent en preux. Alors Français, Lorrains, parle feu, par le glaive, Commencent la victoire — et la Suisse l'achève. La Lorraine a vaincu, les Bourguignons ont fui ; Leur duc a fui, couvert de traits pleuvant sur lui. Rien n'a pu conjurer la fortune contraire; Et c'est ainsi qu'est mort Charles.

LE ROI

Le téméraire !

Un silence, puis le roi s'adresse au sénéchal.

Prends soin du messager, qu'il ne manque de rien.

Le Sénéchal et le messager se retirent. Un long silence. Le roi voile ses yeux avec sa main.

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