FRONTISPICE XIII
Passant par là un beau matin, en auto, au retour (l'une visite à Signes, je m'arrêtai pour revoir certains beaux arbres de ma connaissance. Un vieil ami m'accosta : — Connaissez-vous SoUiès-Ville, la citëmère des trois autres Soliiès?... Non? Eh bien, allezy... Elle en vaut la peine. »
Je gagnai la Farlède (Solliès-Farlède), car, de Solliès-Pont, le chemin qui grimpoià Solliès-Ville n'est guère accessible qu'aux ânes et aux piétons.
De la Farlède, l'auto, en quelques minutes, gravit la pente. On allait assez rapidement, avec une sensation d'envol. La plaine, à notre droite, sous les escarpements rocheux auxquels s'agrippent des oliviers, ïr'abaissait subitement, semblait nous apporter ses luintains. Les sinueuses collines de la cote, là-bas, s'abaissaient aussi, mais avec lenteur, — comme un décor qui rentrerait sous terre ; — et nous dévoilaient enfin un étincellement bleu : la mer, et, comme un joyau posé sur un rayonnant plateau d'argent azuré, une des îles d'or : PorqueroUes... Dans le Sud- Est, toute la chaîne des Maures semblait grandir, monter avec nous, parce que les plus hautes collines du massif émergeaient à nos yeux par-dessus les moindres... Tous les sommets caressaient le ciel de leurs ondulations très douces ; tous les profils se juxtaposaient sur un ciel de triomphe, resplendissant...