RENE DE .LORRAINE ET CHARLES D'ANJOU
« Cependant le roi, pour rendre ce testament plus seur, fait reconnaître pour son héritier le c omte du Maine, et veut que tous les Ordres lui rendent hommage de nouveau. Mais plus il tém oigne de la fermeté pour ce regard, plus le roi L ouis craint quelque changement en faveur de René de Lorraine. Il croyait d'avoir grand sujet d e craindre, quand il considérait la chose de près.
René était plus proche du roi que Charles. Il avait plus de mérite que lui. C'était un prince vaillant, habile dans les affaires, insinuant dans la négociation; propre à réussir dans toutes les choses où il voulait s'appliquer.
Charles au contraire était un bon Prince, sans a ucun talent extraordinaire, il n'avait qu'un talent facile et doux.
Enfin il semblait n'être appelé à la succession du Roi que pour la pouvoir transmettre sans contredit à la France.
Louis donc craignait avec raison quelque sur-
prise de la part de René. Pour s'en défendre il était toujours aux aguets. Il employait diverses machines. Il entretenait des intelligences dans la Cour du Roi. »
{Histoire de Provence, par Gaufridi.)