‹ Force et matièreChapitre 13 sur 66 · FORCE ET MALUS · texte numérisé non relu

FORCE ET MALUS

nous doliief 18 inöllidre éclaitcièsétient scientifique sur les grandes questions qui agliérit l’&sprit ds tout periseur ; sur l’origine du monde et de l’homime ; sur les lois d’aptès lesquelles, eoinme ils disent, le motide 8e gouverne ? Non ! car cela est de toute impossibilite. « Partit de Dieu pour &tudier et scruter la nature » est . ütie akpressioi Qui manqüé dé sens, de signification et de portée. Cette déploräblé methode et cette façon soi-disant philosophique d'étudier Ja nätüre, en so basant sur des considérations a priori et sür des hypothëses métäphÿsiques; et de fonder les vérités naturelles sur des donrléés spéculatives, — tout cela est heureusement discrédité depuis longtemps ; et c’est précisément la méthode opposée qüi; eh déterminant les lois et les processus habituels d’après la tonnhissance intime de la natüre elle-même et d’après l’exärneri des lois et des processus matériels, a produit ces résultats remärquables et ces eflels salutaires dont nous nous réjouis- 8bns aujourd’hui, au point de vue intellectuel aussi bien que iiatériel. Pourquoi, d’autre part, ceux qui prennent la matière bout point de départ, pour base de leurs investigations scientifiques, setaiënt-ils incapables de la connaître ? Au contraire, nous la cünnettrons et nous la subjuguerons d’autant mieux, que nous feroûs tous nos efforts pour la saisir dans sa délicatesse infinie et dans son incroyable activité, avec le secours de l'expérience et de l'observation, Et la méthode expérimentale a déjà parlé assez clairement. Les savants, décriés sous la fausse dénomination de matérialistes, ont non seulernent démontré pour notre esprit la possibilité &e pénétrer le Tout et d'obtenir des &claircissements scientifiques touchent des problèmes qui semblaient devoir rester à jarhais ihsolublés ; l'humanité leur doit encore de se dégager de plus en plüs de l’étreinte puissante de la matière, à laquelle, en d’autres terrhes, nous faisons exécuter des travaux dont les géants et les enchantours d'autrefois auraient sbuls, grâce à des fortes surnaturelles, paru capables. En présence de tels résultats, l'envie est désarmée et le temps semble passé où les hommes s’oceupaient plus d’un monde fantastique et illüsoire que du monde réel, Laissons les gens prendre des airs hypocrites : leurs actes contredisent sans cesse leurs paroles. Personne ne Se torture ni ne se flagèlle plus ;. personné ne préfère plus les ptivations aux jouissanees, Au contraire, chacun cherche par tous les inoyeüs à pröndre sa pari.des biens de la vie, einbellie ét räflinde de mille façoris. Quant à ceux qui s’obstinent à teniedeurs-regarda tourte:

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vers 16 ciél plutôt que vers la lerte, & ceux-là s’appligue le mot de Fettërbach : « L’hyÿpocrisie de l’aveuglement volontaire est le stand vice du sièclé >».

Ces paroles peuvent s’appliquer aussi, quoiqu’& un degré moindre, & ceux qui, sinon dans la vie; au moitis dans les théories stièrilifiques s'en tientient toujours à cette concéplion absurde de l& matière, considérée tomine quelque chose de mort, d’inerte, de lourd, d’obscur et de grossier, cotnme quelque chose d’hostile ou dé subordontié à l'esprit, comme un « übjet d’horreur », selon l'expression très juste de F.-A. Lange, daris son Histoire du matérialismé, — et qui continuent à tirér de là des conséquences telles que la fantaisie prend la place de la téalité et l'illusion celle de la vérité. ls oublient, dans leuf Aveuglement de spirilualistes, ge qui à été démontré par les recherches: sur l'origine du monde, à savoir que la matière dont ils sont eux-mêmes sortis, existait bien longtemps avatit l’ésprit, et que cette nébuleise primitive qui a formé notte système solaire avec toutes ses metveilles et tous les élres qui l'hübilent, rénfermait déjà toutes les fotinäatiohs ultérietires, ÿ compris les êtres doués de raison, en puissance ou à l’état virtuel. Ils oublient aussi que l'esprit ne peut existèr sans avoir la matière organisée pour base, ét qu'on ne peut fournit l'obre d’une preuve pour établir la possibilité de son existence ën dehors de l& matière. Ils paraissent ignorer aussi que loutes les forces en activité sur la terre, sans exceptioti — y compris les fbtces intellectuelles résultsut de certaines comibinaisons organiques deletminsess, = proviennent, en dernièré ahälyse, des vibrations des alomes de l’éther universel, éngetidrées par lé soleil et qui nous arflvent sous forme de lumièré et de thaléur. {ls he comprennent pas que; si l'esprit et la matièré diäient dé haturé absolument cotittæire, ils ne pourraient ni réagir l’un suf l’aütre, hi se rencontrer dans cette union intime qu'en fait on à cotistatés partout. La solution de l'énigme consiste en ceci, qu’à la sübstance du à la matière sont immanentes ton seulemeat des forces physiques, mais aussi des forces iitelleetuslles! cos dernieres s# manifestent dans tous les cas où se rénconfrént les conditions nécessaires à cette manifestation, dans lé ébtvéeau où dans le systéme nervèux, où la matière, disposéé dans tetfaities combinaisons él misè en mouvement d’une certaine manière, produit les phénomènes de la sensibilité et de la pensée, de la Rıöine façoii que, das d'autres cireonstänces,

elle produit ceux de l'attraction et de la répulsion. « Si la maliere peut tomber, a dit Schopenhauer, elle peut aussi penser. » Sous la- forme d’une pierre, elle tombe à terre; sous la forme d'un muscle, elle se contracte: sous celle de la substance nerveuse vivante, elle acquiert la faculté de sentir et de penser ou de devenir consciente d’elle-même. Il est vrai que le développement de l'esprit, du sein de la matière, a été l’une des plus pénibles, des plus difficiles et des plus tardives conquêtes des forces de la nature, — résultat d’un travail interminable, s’élevant dans le cours de milliers et de milliers de siècles, et de degrés en degrés, jusqu’à la hauteur de l'humanité. Il est impossible de prévoir ce que les siècles futurs produiront encore dans cette direclion, ce que la matière pourra effectuer un jour en raison d’une plus grande complexité et d’un ordre plus compliqué de mouvements, en se développant ultérieurement dans la direction des facultés ou des phénomènes intellectuels.

‘« Le théorie d’après laquelle l'esprit aurait créé la matière, dit un auteur anonyme (1), est une hypothèse absolument dépourvue de base ex s5ns l’ombre d’une preuve pour l’appuyer. Il n’y a aucune analogie à invoquer en sa faveur, et elle est née alors que Ja raison humaine était encore dans son enfance... En quoi est-il plus facile de comprendre l'infini de l'esprit que l'infini de la matière ? C’est le contraire qui est vrai, et tandis qu’on ne voit pas sur quoi on pourrait s'appuyer pour nier l'infini de la matière, que l'étude de la nature nous force au contraire à admettre, — on ne voit pas sur quoi on pourrait étayer l'infini de l'esprit, dont tout nous démontre l'impossibilité. L’esprit est une des manifestations de la vie, et tout ce qui est vie se trouve soumis aux lois fondamentales de l'être, c’est à dire au changement et à la mort. L'esprit est périssable, car il ne peut pas être séparé des formes périssables de la matière et n’est pas étranger au reste de la nature; c’est une force essentiellement naturelle et dans un état de dépendance réciproque vis-à-vis de toutes les autres, auxquelles elle est unie par des liens indissolubles. L'esprit «ui conçoit est inséparablement lié au cerveau organisé ot vivant. Conclure qu’un pur esprit a inventé l'ordre de l’univers, c’est conclure contre toute analogie. L'expérience nous apprend que l'esprit se rencontre toujours uni à un cerveau et que jamais il

(1) Grundsüge der Gesellschaftewissensehaft. Berlin, 1881,

n’a produit de matière... Séparer la matière de l'esprit, „le corps de l’âme, c’est ruiner la vérité naturelle ; donner à l'un la prééminence sur l’autre, c’est une prétention monstrueuse, qui dötrwit l'harmonie de l'univers. »

« Où donc se trouve, demande Tyndall, la vie séparée de la

matière ? quoi que la foi puisse nous suggérer, la science nous’

fait connaître leur union indissoluble. Chaque repas que nous prenons, chaque verre que nous vidons, établissent la domination mystérieuse de la matière sur l'esprit. »

il y a des philosophes qui, pour échapper aux conséquences tirées de ces considérations ou d’autres de même nature, se laissent emporter par leur infatuation de spiritualistes au point de nier ou de mettre en doute l’existence de la metière. L'erreur de” sogique commise ici a été admirablement exposée par Stanski (1). Elle consiste en ce qu’on prend pour la matière même l'essence certainement inconnue de la matière. Nous ne savons pas plus ce que c’est que la matière « en soi », que nous ne savons ce que c’est que la force « en soi ». Nous ne savons pas si la matière est une, ou si elle se compose des 60 à 70 éléments chimiques connus. Mais nous savons de la façon la plus certaine qu'il y a quelque chose qui attire, repousse, résiste, se meut, produit les phénomènes de lumière ou de chaleur, etc., et que, du moment où ce « quelque chose » disparaît, les phénomènes ainsi produits disparaissent du même coup. Ce « quelque chose » est ce que nous appelons matière, les phénomènes en question sont ses activités, et la cause de ces activités est la force contenue dans la substance. Il est vraiment comique de voir ses métaphysiciens, après avoir démontré à leur propre satisfaction la non-existence de la matière, considérée comme une simple création de la pensée, il est comique, dis-je, de les voir continuer, dans leurs écrits, à faire l’usage le plus lucratif du mot et de l’idée de matière et de ses activités. Pour être conséquents, ils devraient commencer par nier leur propre existence, puisque après tout ils ne se composent eux-mêmes que de matière, et par se considérer comme des phénomènes sans réalité ou des sortes de manifestations de quelque chose d’ineonnu, ou encore comme le produit de leur propre imagination. On renonce volontiers à prolonger la discussion avec ces adversaires fantastiques, tout en

© 4) Sransxi. Sur la spontanéité de la matière. Paris, 1873.

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reconnaissant — 0e qui ne peut êtra nié sérieusement m qu'un certain nambre de propriétés des çcarps ne leur sont pas Inhe rentes, mais reposant sur la texture même de nos organes des sens.

Après ce qui précède, il resta hian peu de chase à dira pour montrer que la matière n’est pas gette chose douée d'une série complète d’attributg négatifs, camma on a souvent P’hahitude de se la représenter, et hien à tort, mais qu'elle est, en réalité, le contraire de tout cela. La matière, loin d’être merte et inerte, est au contraire partout en mouvement et pleine de la vie la plus active. Elle n'est pas nan plus sans forme : mais, ainsi qu’on le verra plus lain, la farme et le mouvament canstituant ses attributs nécessaires et sina qu nan. Elle n'est pas grossière, selon expression impropre employée souvent par des geys peu instruits, — mais tellement délicate, au contraire, que naus pe pouvons nous en faire une idée. Ella n'est pas sans valeur; mais, au contraire, camme Ja mère commune d’où s’angengre taut ce qui natt, elle a la plus sublime signification. Ella n’ess dépourvue ni de sentiment, ni d'esprit, ni de pensée : mais ella egt susceptibhle de la sensihilité la plus délicate et du développement le plus parfait de la pensée, dans les créatures vivantes graduellement sorties de son sein.

Peut-être aussi un pareil rösulfat est-il dû simplement à un vice de langage. Cest un fait incontestable que, souvent, il yaun abtme entre l'idée et Ja mot qui sert à l'exprimer. Car le mot est né primitivambnt, came il est facile de Le démontrer par nombre d'exemples caractéristiques, d’un phénomène souvent très important an Jui-même, par Pintermédiaire duquel l'objet désigné naus frappa fortuitemept —.t4ndis que les connaissances acquises dans la suite des iemps, évaillent à propos de cet ahjet toute une série d’idéss nouvelles, étrangères à la conception première. Quel sens précis ont, par exemple, pour les intelligences nan cultivées, Les mols « pierre », « étoile », « monde »? fandis qu'ils réveillent chez les savants, chez les esprits éclairés, les id&as les plus élevées et les plus complexes.

Il en est de même pour l’idée de « matière », qui fut et dut être, à l'origine, aussi pauvre que passible, née de l'observation de faits superficiels et fortuits, mais agrandie et complétée par les progrès de la science dans le cours des temps, de telle sorte

que la conception primitive dut disparaître plus ou moins entibrement. Le temps est-il donc si loin, où l’on tenait pour impossible que la matière existäl, invisible, à l'état gazeux? Et ly a moins longtemps encore, que l'idée de l’éther lymineux semblait incompatible avec celle de la matière, en tant que chpse nécessairement sensible et visible. Les mêmes recherches scientifiques qui nous ont appris à connaître l'étendue indéfipie de Ja matière, nous ont donné une idée toute différente et autrement profonde de ses qualités. Nous savons aujourd’hui qu'elle possèda ces propriétés physiques, chimiques, flectro-magnétiques, au sujet

esquelles on ayait, il y a peu d'années encpre, Les conceptions les plus vagues. Nous savons aussi qu’elle est en état de produire ces phönomengg compliqués que nous appelpns « vie », tandis qu'on. croyait, naguère, ne pouvoir les expliquer qu’à l'aide de la soi-disent « force vitale », dont il n’est plus question aujourd’hui, Nous savons encore que les phénomènes de la vie, quelle que soit leur complexité, n’en présentent ni plus ni moins que les moüvements de la matière, dans certaines conditions délicates et très spéciales. Cela nous suffit, comme la suite de cet ouvrage le démontrera, pour expliquer les phénomènes les plus élevés de la: vie, de l'esprit pu de la conscience, bien que par suite d’une conception fausse et trop étroite de la matière, on se soit raidi, et on se rgidisge encore, contre une pareille explication.

C’est à cette idée fausse et trop étroite que sont düs les malentendus et les contradictions sans nombre sur ce sujet. Il est imposeihle, d'éclairer ceux qui, partant du point de vue que la maière ne peut étre que dure, inerte et sans forme, ont dépouillé, depuis longtemps, l’idée de matière de toutes les qualités qu’ils se sont habitués à désigner par d'autres noms. Mais celui qui considère ainsi la matière, la considère non pas comme ung chose indépendante de sa propre conceplion, mais comme une entite faconnde d’après l’idée qu’il s’en fait, idée en rapport avec l’état peu développé de son esprit et de ses connaissances. Si l'on nie que la matière puisse produire les phénomènes psychiques, on eut ‘Je nier 'tgut aussi bien pour les phénomènes physiques, chimiques, électriques et vitaux qui, d’après les démonstrations de la science moderne, lui sont, de fait, immanents. On n’a ni plus ui moins de peine à comprendre l’origine de la sensation, de la conscience et de la pensée per le fait des mouvements de la matière, qu'à concevoir comment Je mouvement de ses plus pe-

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tites particules peut faire naître, en un millionième de seconde, un éclair, un phénomène lumineux ou électrique. Comment s'expliquer, avec l’idée qu’on se faisait autrefois de la matière, — que les fils du téléphone puissent transmettre la voix humaine à des distances considérables ? Et un pareil phénomène ne doit-il pas paraître aux yeux d’un sauvage, comme absolument inexplicable par le seul fait de conditions matérielles et comme nne merveille d'un caractère surnaturel ? D'ailleurs, l'expérience la plus simple de physique ou de chimie ne s’explique, pour des inlelligences de cet ordre, que par le concours d'une force non matérielle ou d’une influence surnaturelle et mystérieuse.

Sans doute, ces phénomènes ne sont pas la matière elle-même, mais des modes ou des manifestations de son activité. En d’autres termes, les qualités se rattachant à la matière ont trait, non à ce qu’elle est, mais à ce qu’elle /ait, et cela, grâce à l'action combinée de millions et de millions d'atomes et de molécules. Plus cette complexité s’accroit et se raffine dans les substances organiques par le fait du développement, dans le cours de millions d'années, plus les manifestations en deviennent merveilleuses. Personne ne s’attend à trouver, dans une pincée de poussière, la force plastique qui se rencontre dans une petite masse de proioplasme; de même, on ne doit pas attendre des manifestations psychiques d’une portion de matière qui n’est pas arrivée à un elat déterminé.

Que l'on abandonne donc les vieilles idées en contradiction avec les données de la science contemporaine, et que l’on cesse de regarder la matière comme une gueuse en haillons, telle qu'elle a paru jusqu'ici aux yeux de gens sans culture; qu'on la considère bien plutôt sous son véritable aspect, ou sous la riche parure dont la science moderne l'a revêtue. Alors, on sé convaincrä facilement qu'un monde édifié sur une conception aussi épurée, doit être plus riche et plus beau qu’aucun de ceux r&ves autrefois par les théologiens et les métaphysiciens, et l'on sera teni& de s’écrier avec Bolliger : « Comme j je suis heureux de voir surgir de la poussière de la mort des êtres vivants, qui viennent pour un temps se réjouir au soleil, ainsi je suis trois fois heureux quana, d'une telle poussière, je vois jaillir la lumière de la pensée, — ef trois et quatre fois heureux, quand la nature va jusqu'à produire des êtres qui pénètrent les secrets de la nature

elle-même. — La polémique moderne contre le matérialisme est la plus ridicule des guerres (1). » a

Les matérialistes, — bien que cette expression impropre et qui a fait si grand bruit depuis la première apparition de oe livre, ne s’applique pas, ou très mal, aux champions d’une doctrine qui considère la matière, la force et l'esprit comme les différents aspects ou manifestations du même principe primordial ou fondamental, — les matérialistes sont accablés, par leurs innombrabies adversaires, sous le poids d’une quantité d’imputations ou d’accusations, parmi lesquelles le reproche de grossièreté, intellectuelle ou morale, joue le rôle prédominant. Ils peuvent se consoler en songeant au grand philosophe grec Anaxagoras, qui, grâce à des connaissances ou à une intuition merveilleuses pour son temps, enseignait que le soleil est non pas un Dieu, mais un globe de feu, un amas de pierres incandescentes, el qui, pour cela, dut quitter Athènes. Son fameux contemporain, le philosophe spiritualiste Socrate, le traita à ce propos d'homme grossier — qualification qui, si elle était fondée, s’appliquerait aujourd’hui à tous les hommes instruits. Cet exemple, et mille autres semblables, prouvent combien F. Mohr avait raison de dire qu’il y a plus de courage à être conséquent avec ses pensées ou à precher des vérités nouvelles, qu’à se précipiter à la gueule des canons.

Du reste, la discussion, non encore terminée, entre le matérialisme et le spiritualisme et, plus encore, celle qui règne entre le matérialisme et l’idéalisme, doit paraître dépourvue de sens et de base aux yeux de tous ceux qui savent combien sont inconsistantes les opinions dualistes qu’on retrouve au fond de seite querelle. Tous les systèmes philosophiques ont été jusqu’aujourd’ hui, presque sans exception, plus ou ‘moins dualistes, c'est à dire, fondés sur une différence lranchée entre la substance et Ja force, la matière et la forme, l’être et le devenir, le mouvement et le moteur, la nature et l'esprit, le monde et Dieu, le corps et l’äme, la terre et le ciel, la mort et la vie, le temps et l'éternité, le fini et l'infini ; toutes ces idées ont été plus ou moins opposées les unes aux autres, considérées comme des antithèses — tandis que la science de nos jours a montré que cette oppo- . sition n ‘existe pas en réalité, et que la séparation n'a lieu que

(4) Bozuiess, Anti-Kans, 1886,

À FORCE NT MATIÈRE À n°y a pas de matière sans force, mais pas de force -, pas d'esprit sans matière, mais pas de matière „„prit; pas de nature sans ordre, mais pas d'ordre en dehors ae la nature; pas de terre sans ciel, mais pas de ciel sans terre. li n’y a pas de temps en dehors de l'éternité, mais pas d'éternité non plus en dehors du temps; il n'y a pas de fini sans infini,

mais pas d'infini sans fini.

« Natur ist weder Kern noch Schaale, Alles ist sie mit Einemmale » (4).

La science n'est ni idéaliste, ni spiritualiste, ni matérialiste, mais simplement naturelle; elle cherche partout à déterminer les faits et leurs connexions raisonnées, mais sans s’incliner à priori devant un système, dans telle ou telle direction. Les systèmes ne peuvent jamais contenir toute la vérité; ils ne peuvent en reafermer que la moitié, et ils opposent au chercheur certaines limites déterminées, que celui-ci, dans sa marche incessante en avant, peut, à chaque instant, être obligé de franchir. a La science, dit Grove, ne connait ni penchants ni aversions : son seul but est la vérité. »

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