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LE MOUVEMENT

Le mouvement est un attribut nécessaire, indispensable de la matière et de l'existence en général, pour la vie organique aussi bien que pour la vie inorganique : c’est là un des eilleurs arguments en faveur de l'ordre naturel du monde et d’une conception unitaire de l'univers. L’astronomie nous apprend que les globes gigantesques des cieux sont soumis à un perpétuel changement

(1) « La nature n'est ni dooroe ni noyau; elle est tout d'un seul et téme coup » (Gostan).

LE MOUVEMENT Bu bi

de forme, d’état, de propriétés, tout comme les eorps organisés sur notre terre. Vraisemblablement, les mouvements incessants auxquels ils sont assujettis les uns vis-à-vis des autres, en accord avec les lois de la gravitation ou de l'attraction, sont exactement analogues à ceux qui font graviter les uns vers les autres, les atomes et les molécules, c'est à dire les plus fines particules des corps ou de la matière à l’état morphologique. Car, bien que l’infiniment grand soit le domaine des astronomes, comme le dit Secchi, et ce qu'on pourrait appeler l’infiniment petit, le domaine du physicien et du chimiste, il n’y a cependant nulle différence entre les lois fondamentales de la mécanique qui interviennent dans ces deux cas extrômes. D’après le mêma savant, les physiciens considèrent aujourd’hui le mouvement comme aussi indestructible que la matière ; à mesure que cette vérité sera connue, à savoir : aucune substance ne peut jamais se perdre, on se rapprochera de plus en plus de cette opinion, qui considère comme un axiome l’indesiructibilité du mouvement. De fait, le physicien anglais Grove prouve jusqu’à l’éyidence que le mouvement constitue l’état de force ou d'activité le plus manifeste de la matiere, et que « la nature ne nous montre nulle part de repos absolu. » « La matière tout entière, non-seulement prise en masse, mais encore envisagée dans sa structure la plus intime ou moléculaire, est dans un état de mouvement incessant. Tout changement de température provoque une modification moléculaire dans la masse entière, chauffée ou refroidie ; de faibles activités chimiques ou électriques, des phénomènes luminaux ou des activités rayonnantes invisibles sbnt continuellement en jeu, de arte que, en réalité, il n’y a pas une seule particule de matière dont on puisse affirmer qu’elle soit dans un état de repos absolu. » L’illustre savant a résumé ses recherches en disant que tous les états de la matière décrits par lui sont des variétés du mouvement, en d’autres termes que lous ces états ne sont autre chose que de la matière en mouvement, en des ébraniements moléculaires suivant des directions déterminées. |

Le mouvement doit donc être considéré comme une propriété éternelle de la matière, dont il est inséparable. La matière ne peut pas plus exister sans le mouvement qu’une substance sens forces ; le mouvement ne peut pas plus exister sans matière qu’üne force sans substance. Le mouvement ne peut pas non plus dériver d’une force, puisqu'il est lui-même l'essence de la force ; par con-

séquent, il ne peut pas avoir pris naissance, mais il doit être éternel et universel. J,e mouvement est partout dans le monde, dans tout ce qui est grand, comme dans tout ce qui est petit. L'idée d’une matière inerte, ou privée de mouvement, ne se peut soutenir ; elle n’existe que sous forme abstraite, mais non réelle, de

même que l’idée d'une matière sans forces. Frédéric Engels dit

que cette idée d’un état de la matière sans mouvement est « une des conceptions les plus vides et les plus absurdes, une vraie fantaisie d'imagination maladive. » (1) D'après lui, le mouvement est la manière d’être de la matière. Jamais et nulle part il n'ya eu, il ne saurait y avoir de matière sans mouvement. Mouvement dans l’espace, mouvement mécanique des petites masses dans les corps, mouvement moléculaire sous forme de chaleur,

de courant électrique ou magnétique, de combinaison ou de dé-

composition chimique, de vie organique, — dans l’une ou l’autre de ces formes de mouvement ou dans plusieurs à la fois, se trouvent engagés, à tout moment, tous les atomes de l'univers. Le repos, l’équilibre sont choses relatives, n'ayant de sens que par rapport à telle ou telle forme de mouvement. Un corps peut être en repos au point de vue mécanique, tout en prenant part au mouvement de la terre et à celui de tout le système solaire; pas plus que cela n’empèche ses plus petites particules d'exécuter des vibrations en rapport avec sa température, ou ses atomes d’être en proie à des processus chimiques.

Pas plus par le raisonnement que par l'expérience, de fait en aucune façon, nous ne pouvons nous faire une idée d’une matière ou d'un corps sans mouvement. Lorsqu'un corps solide est soutenu par un autre et persiste dans un état de repos apparent, ce repos n’est qu’apparent en effet ; en réalité, ce n’est qu’un mouvement contenu, ou plutôt ce sont deux mouvements de force égale; mais en sens’contraire, faisant effort l’un contre l'autre. Par la suppression de l’obstacle, la force latente peut, à tout instant, se transformer en force active. IL en serait de même pour un ressort tendu, pour l'air comprimé, etc. Le repos n’est donc pas l’absence de mouvement ; il est comme la résultante de deux mouvements faisant effort en sens contraire. Ce corps qui semble ainsi en repos, ue l’est pas en réalité ; il ne l’est que par rapport a son voisinage immédiat. Car non seulement il suit la terre dans

4). F. Enazıs. Eugen Dührings Umwälsung der Wissenschaft,.p- x%

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