‹ Force et matièreChapitre 17 sur 66 · IMAMUTABILITÉ DES LOIS DE LA NATURE · texte numérisé non relu

IMAMUTABILITÉ DES LOIS DE LA NATURE

Les lois qui déterminent l’activité de la nature dans son mouvement éternel, dans sa transition incessante du passé au « devenir », dus ses constructions et dans ses décompositions, n’ont pas été &täblies ou, en quelque sorte, prescrites par un ou plusieurs législateurs placés en dehors ou au-dessus d’elle, comme l'imagination enfantine des peuples aimait à se le figurer dans les temps primitifs, comme le croient encore aujourd’hui les esprits faibles et peu eultivés : — elles sont l'expression nécessaire de l'action commune des choses naturelles, d’où, par analogie avec ce qui s’observe chez l’homme, on a employé ici un mot qui ne peut que réveiller des idées fausses, celui de « lois ». Mais l’analogie n’est pas réelle : la nécessité absokue qui relie entre eux les choses et les phénomènes dans la nature, n’a rien de commun avec les décisions arbitraires des législateurs. Les lois caturelles ne sont ni à côté, ni en dehors de la matière ou de la nature ; c'est ici, simplement, une expression pour désigner les propriétés ou les mouvements qui lui sont irrévocablement unis. Si les loïs numaines supposent nécessairement un législateur ou une volonté prépondérante, — qu’elle vienne d’un seul ou de la collectivité — il n’en est pas de même des lois naturelles, qui ne régissent nullement la matière ou la nature, mais ne font qu’un avec elle, en constituent l'essence.

Il suit de la, — comme l'expérience l’a du resta établi — que les lois naturelles sont immusbles, c’est à dire indépendantes de toute volonté, de toute influence extérieure et qu’on doit les considérer comme éternelles, tout aussi bien que la matière et la nature. Rien n’arrive dans l’univers, qu'il s'agisse du fait le plus insignifiant ou du plus considérable, que par l'influence et comme conséquence des lois naturelles, Une nécessité inflexible, impifoyable, domine la masse entière et le cours de la nature. « Les lois naturelles, dit Moleschoté, sont l'expression le plus ri-

goureuse de la nécessité. » Il n’y a ici ni exceptions ni restrictions ıissance au monde ne saurait échapper à cette néces! rs, une pierre qui .n’est pas soutenue est tombée e| s le centre de la terre, et jamais ordre n’a été donni onné, qui puisse arrêter le soleil dans sa course. Un le plus de dix siècles a convaincu les savants de l’imes lois de la nature, et celte conviction s’est changée, ’s, en une certitude irrévocable. La science, Jancée ! de la vérité, a attaqué les croyances primitives et en, peuples ; enlevant les positions les unes après les aurraché aux mains des dieux le tonnerre et les éclairs, et a mis aux ordres de l’homme la puissance redousiens Titans, Tout ce qui semblait inexplicable, ce qui raculeux et produit par un pouvoir surnaturel, paru! lueur des découvertes, l'effet de forces naturelles inmal appréciées jusqu'alors ! Avec quelle rapidité s’éles coups répétés de la science, le pouvoir des espr't ÎLa superstition disparut chez les peuples civilisés el ‚au savoir. Nous pouvons le déclarer aujourd’hui en aissance de ‚cause et avec la plus grande certitudt iln’y a pas de miracles ; tout ce qui arrive, tout «| & et tout ce qui arrivera, arrive, est arrivé et arrivers re naturelle, c'est à dire en vertu de l’action régulière » substances existant de toute éternité et des -forcet timmanentes. Aucune révolution de la terre ou du > terrible qu'elle ait pu être, ne s’est effectuée d’unt re; aucune main puissante, descendue des espace: soulevé les montagnes, transporté les mers, tracé k astres ou créé l'homme et les animaux d'après l'idét aisir d’un être quelconque, — mais cela est arrivé pat mêmes forces que nous voyons encore aujourd’hu montagnes et les mers, régler le cours des corps cé: iter la vie; et tout cela s'est effectué en vertu de L use nécessité. Là où le feu et l'eau se rencontrent, il Scessairement des vapeurs et leur force irrésistible tout le voisinage. Là où le grain tombe en terre i rme : là où la foudre est attirée il faut quelle tombe corps doués d’effinité l’un pour l’autre se rencontren! as conditions, il faut qu'ils s’unissent : dans d'autre » séparent. Quand un organisme souffre d'un mal in

SES RCE ARE TE ARTE uramtre pas LOIS DE LA NATURE \ 65

curable, il faut qu’il périsse, etc. — Comment pourrait-on douter de ces vérités | Tout homme ayant observé, même de la façon la plus superficielle, la nature et ce qu'il voit autour de Ic, et ayant une idée, même succincte, des conquêtes des sciences uaturelles, restera fermement convaincu de la nécessité et de l'immutabilité des lois de la nature. ,

« Partout, dit G. H. Schneider (1) nous ne voyons en jeu que des lois naturelles immuables et des causes aveugles. Aussi, y a-t-il longtemps que l’on a banni de l’astronomie, de la physique et de la chimie le spectre d’un esprit du monde s’ingérant dans les processus naturels ; aucun chimiste ne songe aujourd’hui à rapporter à la volonté d’un dieu la combinaison de deux éléments, et aucun physicien ne voit, dans les phénomènes de l'attraction, la manifestation de cette volonté. — L'ignorant peut croire à un dieu personnel ; fe savant ou l’homme cultivé, qui est à même de comprendre l’ensemble des choses sans faire intervenir la volonté d'un dieu personnel, ravalerait son intelligence au-dessous de celle du plus vulgaire paysan, s'il admettait l’existence d’une pareille volonté, ainsi-dépourvue de toute base... Aussi la croyance en dieu ne se rencontre-t-elle plus aujourd’hui que chez ces prétendus savants, qui dans leur ignorance à peu près parfaite des processus naturels, sont forcés de rapporter les phénomènes physiques les plus simples à la volonté d’un dieu personnel, etc. »

Il en est des destinées de l’homme comme des destinées de la nature ; en tant que résultat de causes et de rapports naturels, elles sont soumises également à ces lois fixes et inflexibles qui dominent tous les êtres. Il est dans l’essence de chacun d'eux de naître, de vivre et de disparaître, et aucun être vivant n’a encore fait exception à cette règle. La mort est le terme inévitable de toute existence individuelle. Ni les prières d’une mère, ni les larmes de l’épouse, ni le désespoir de l'époux ne retiennent sa main inexorable ; elle arrache l’enfant au teint rose des bras de sa mère éplorée, ou le parent à l'enfant qui a besoin de .ses soins ; elle fait d’effroyables moissons et accumule sans discontinuer des hécatombes d’êtres humains, dont la mort apporte à ceux qui survivent, la douleur et le deuil, les soucis et les peines. a Les lois de la nature, dit Vogt, sont des forces barbares, -inflexibles, qui ne connaissent ni morale ni bienveillance ». « La nature,

&) G.H. Sansa, Der thisrisohe Wille, p. 187, 130.

écrit Du Prel, n’est ni cruelle ni aimable, ni bonne ni mécha: elle est simplement en conformité avec des lois, et pas un atomi dans l'univers entier, ne se meut en dehors de ces lois ». Aucu puissance ne calme la rage des éléments, armés de leur pruv destructeur, luttant contre l’homme et les uns contre les autres aucun ordre d'en haut n’apaise la tempête, n'arrête les ravag causés par l'inondation ou par les feux brûlante du soleil ; il n' 7 six qui réveille les morts, pas d'ange qui délivre | 3, pas de main sortant des nues pour donner à man, ont faim et à boire à ceux qui ont soif, pas de sig ir affirmer l'existence du surnaturel, pas de lumière pour apporter aux âmes désespérées la consolation et la nature, dit Feuerbach, ne répond pas aux plaintes et 3 de l’homme : elle le repousse inexorablement sur luimême ». Il n’est pas jusqu’à Luther qui ne soit forcé de le declarer dans son naïf langage : « Car nous apercevons par l’expérien® que Dieu ne se mêle en aucune façon de cette vie passagère ». Le . méme pensée est exprimée par G. Leopardi, le chantre de la douleur universelle, lorsqu'il s’&crie : « Dans ta course, 6 nature, tu ne Pinquiötes guère, d'après ce que je vois dans le monde, ni de notre bonheur ni de notre malheur. »

Nous ne connaissons pas « un esprit qui dans ses manifeslstions soil indépendant des forces de la nature », selon les termes de Liebig ; jamais un observateur éclairé, au courant de la science et libre de préjugés, n’a constaté de telles manifestations, Et com ment pourrait-il en être autrement ? Comment serait-il possible que l'ordre immueble — ou l'harmonie au sein de laquelle # meuvent tous les êtres, — fût jamais troublé, sans qu'il se pro

une lézarde irrémédiable dans l'univers, sans que nous

ıs livrés, nous et le monde, à un arbitraire désolant, sans

__ voute science humaine apparaisse comme un fatras puéril

sans que tout travail humain semble un travail inutile, une ar

piration vers un idéal depuis longtemps réalisé dans un ordre de

choses supérieur au nôtre ? Quelle pourrait bien être la fn ou ls

sigoiflcation de cet univers, développé et dirigé d'après des lois

fixes, s'il go trouvait soumis à l'influence arbitraire d'un pouvoir

supérieur ayant toujours la faculté de suspendre ou de supprimer ces lois,.selon son bon plaisir ?

Ces exceptions à la règle, ces violations de l'ordre naturel ont êté appelées miracles, et il ÿ en a eu de tout temps, péraltil, un

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grand nombre, Hs tirent leur origine en partie de limposture préméditée, en partie de la superstition, et aussi de cette passion singulière pour le merveilleux et le surnaturel qui semble constiluer une des caractéristiques indélébiles de la nature humaine, Il paralt pénible à l’homme, en dépit de l’évidence des faits, de se convaincre du caractère immuable des lois qui l’enserrent en toutes circonstances et en tous lieux, et qui produisent en lui un sentiment d’oppression ; et il ne cesse de chercher les moyens d'échapper à ces lois. Plus l’espèce humaine était jeune encore et ignorante, plus les circonstances laissaient le champ libre à ce penchant : aussi voyait-on les miracles se multiplier, car, comme l dit Radenbausen, « plus l’homme est ignorant, plus il y a de miracles pour lui, » Aujourd'hui encore, les peuples sauvages et les gens sans éducation croient aux miracles, aux revenants et aux influences supérieures capables de se jouer des lois naturelles ; mêms la sinistre croyance au diable et aux sorciers, sous le souffle empoisonmé de laquelle la pauvre, l’aveugle, humanié a si longlemps enduré les tortures les plus épouvantables, cette croyance règne enoore dans les basses classes de cetle société que nous con silerons eomme si émancipée : — sans compter les miracles religieux, les apparitions célestes, ete., etc., montés avec le plus grand succès, dans divers lieux, par les soins de l'Eglise. Ce serait faire injure au lecteur de vouloir lui démontrer l'impossibilité des miracles, Il n’y a pas d’honıme éciairé, connaissant la nature, même de la façon la plus superficielle, — & plus forte raison, il n’y a pas de uaturalisté qui puisse croire aujourd'hui à la possibilité d'un miracle, d’un fait en contradiction avec les fois naturelles reconnues, Il ya même lieu de s'étonner qu’un esprit aussi net et aussi pénétrant que Feuerbach ait cru devoir user d’une dialec2 tique aussi serrée pour ruiner les miracles du christianisme. Quel fondateur de religion n’a pas jugé à propos de faire son apparilion dans le monde avec un cortège de miracles ? Et la suite n’at-elle pas montré qu'il avait raison ? Quel est le prophète ou le saint qui n'aient pas fait de miracles ? Quel homme porté au merveilleux n/ost pas encore actuellement témoin, chaque jour et à toute heure, d’une quantité de miracles ? Est-ce qu'il ne faut p:8 les ranger sous la rubrique des miracles, cts tables parlantes el ioui nantes, ces esprits frappeurs, ces mediums et ces êtres à quatre dimensions, qui s’enorgueillissent d’un si grand nombre de disciples ot ont entrainé à leur suite tant d'esprits sérieux et de

savants sur le chemin du ridicule ? En face de le science, tous les

miracles se valent : ils sont le produit d'une imagination déré-

glée, combinée avec une profonde ignorance des lois de la na-

ture.

« Il n’y a de merveilles et de miracles dans la nature, dit l’au-

e Système de la nature, que pour ceux qui ne l'ont rent étudiée, »

ıcle, dit Cotta, nous prouverait, s’il était réel, que mérite pas le respect que nous lui devons tous, et devraient nécessairement conclure de l’imperfection ées à l’imperfection du créateur. »

i hasard, ni miracles, écrit le Français de Jouven- [ue des phénomènes régis par des lois. »

jamais imaginé que le clergé d'une nation aussi à nation anglaise, eût pu faire preuve à la face du aussi grossière superstition que celle qu'il affiche use lutte aveo Lord Palmerston ? Ce clergé ayant gouvernement d’ordonner un jour de jeûne et de létourner le choléra, le noble Lord répondit que ls u fléau était due à des causes naturelles, en partie selle pourratt être entravée plus efficacement par des olice sanitaire que par des prières. Cette réponse reproche d’athéisme, reproche plus redouté en c® cun autre, et le clergé déclara que c'était un péché pas vouloir croire que le Tout-puissant fût en état tout temps et selon son bon plaisir, les lois de le commentaire serait superflu.

pinion indigne de la divinité, d’après certains outiques, de considérer le monde comme un horloge »is pour toutes : dieu devrait plutôt être regardé ulateur constant, comme le créateur en permanence. e dans certains milieux, on a trouvé mauvais que le iste A. de Humboldt ait représenté le cosmos comme nent de lois naturelles et non comme le produit } créatrice. Autant vaudrait se plaindre da l’exisnatureiles ; car ce n'est pas un auteur 18016, mais -même qui nous a fait connaître le cosmos comme 1ent de lois immuables. Toutes les objections acou- » théologiens interressés ou par des savants bornét sant l'évidence des faits, qui ne laissent auoun®

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place au doute. Nos adversaires à les en croire ne manquent pas de faits pour étayer leurs prétentions. Sans doute, si nous nous en rapportons à la Bible, dieu a créé le monde en six jou». et il n’a pas cessè depuis, d’après les géologues dévots, d'appeler à la vie, de temps à autre, de nouvelles créatures. Sans doute il a desséché la mer Rouge pour livrer passage aux Hébreux, et de tout temps . il a efirayé les hommes par des comètes et des éclipses. Sans doute, c'est le Nouveau Testament qui l’affırme, il babille les lis des champs et nourrif les oiseaux du ciel. Mais quel homme raisonnable peut reconnaître aujourd’hui dans ces événements autre chose que l’effet de causes ou de rapports naturels ? Et qui ne sait que même les lis des champs et les oiseaux du ciel sont hors d’état de subsister en dehors des conditions naturelles nécessaires à leur existence ? — Enfin, peut-on dire que l'on a une plus haute idée de la divinité, lorsqu'on se la représente, ainsi que le grand Newton a cru devoir le faire, comme une puissance où une force extérieure au monde, qui le pousse de ci de là, remet une vis, etc., etc., à la façon d’un horloger ? Le monde, d'après les théologiens, comme d’après cette dernière théorie, doit avoir été créé par dieu dans un état d’absolue perfection. Comment alors aurait. il besoin d’un être pour le réparer ? |

Aussi, tous les savants libres de préjugés reconnaissent-ils l'immatabilité des lois de la nature; ils ne diffèrent que sur la manière de concilier cette opinion avec les croyances établies qui admettent l’existence d’une toute-puissance, d’une intelligence ou force créatrice personnelle, ou d’un soi-disant Pouvoir suprème. Naturalistes et philosophes se sont également fourvoyés à la poursuite de ce but, quoique par des procédés bien différents. De pareilles tentatives ne peuvsnt guère réussir en effet, même par la méthode scientifique. Ou l'on conteste les faits, ou l’on se place sur le terrain de la foi : on se confond en objections, ou l'on se réfugie dans l’ambiguité de termes inintelligibles. C’est ainsi que le célèbre Oersted, l’auteur de la découverte de l’électromagnétisme, s’écrie : a Le monde est gouverné par une raison éternelle qui se manifeste dans les lois immuables de la nature. » Mais comment comprendre qu’une raison érernelle et qui gouverne, puisse se concilier avec l'existence de lois naturelles immuables ? Ou ce sont ces lois qui gouvernent, ou c’est la raison éternelle: que l’on suppose les deux termes existant simultanément, il y aurait conflit à chaque instant. Si c’est la raison qui gouverne, les lais

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-deviennent inutiles ; d'autre part, des lois naturelles immuablen ne souffrent pas plus d'exception que d'intervention de fa part d'un être quelconque, et il n’y a pas de place avec elles pour l'idée qui s'attache au mot de gouvernement. Du reste, nous ne pouvons nous empêcher d'emprunter à cette même autorité, une phrase de nature à rassurer ceux qui eroient que la connaissance de l'activité des lois immuables de la nature doit remplir l'homme de trouble et d'efroi. « Par cette eonnaissance, dit Oersted, l'âme acquiert le calme intérieur, entre en harmonie avec la nature entière et se trouve délivrée de toute terreur superstitieuse : car celle-ei n'a d’autre fondement que l’idée qu’on se fait da forces existant en dehors de l'ordre naturel des choses, dont elles seraient toujours susceptibles de troubler le coups éternel. » Grove exprime ainsi la même pensée : « L'acquis solentifique est pour les esprits cultivés une source de satisfaction plus grande que le goût du merveilleux. » De même Radenhausen : « La confiance en soi-même ne peut que s'accrottre lorsqu'on apprend que ce ne sont pas des esprits capricieux et inconnus, mais des lois connues et inviolables qui gouvernent l'univers. »

Ceux-là ont eu le meins de succès, qui considèrent la toute. puissance comme tellement confondue avec la nature que tout arrive par son influence immédiate, bien que d'aprés des règles déterminées, et qui regardent l'univers, en d'autres termes, comme une monarchie réglée par des lois, comme une sorte d'état constitutionnel. L'immutabilité des lois naturelles est telle que jamais elles ne souffrent d'exception, et qu'en aucune circonstance elles ne laissent entrevoir l'action d'un bras réparateur: souvent indépendantes, dans leur économie générale, des règles d’une rafson supérieure, tantôt édifiant, tantôt détruisant, elles semblent parfois agir conformément à une fin, tandis que dans d'autres cas elles vont à l'aveugle et sans nul souci des lois de la morale ou de la raison. Qu'au sein des formes organiques ou inorganiques qui se renouvellent incessamment sur la terre, on ne

uisse découvrir l’action d'une intelligence directrice, c'est ce que Sémontrent les faits les plus concluants. Cet instinet formateur de la nature qui lui fut attribué par un certain formalisme, est tellement aveugle, tellement dépendant de circonstances extérieures et fortuites, qu’elle donne souvent nalssance aux productions les plus sihgulières et les moins conformes au but: dans

beaucoup de cas, elle est impuissante à surmonter les plus fables

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