IMMUYABILIVÉ DRS LOI PN LA NATURE
ohstaales, et il n'est pas rare de la voir atteindre une fin en oomplète contradiction avec les lois de l'intelligence et de la raison. Aussi cette manière de voir n’a-t-elle rencontré qu’un nombre. iafime de parlisans parmi les naturalistes, qui ant à chaque ins tant l’occasion de constater l’action purement mécanique des forces de le nature. — De plus nombreux adhérents se sont ralliés à œtée théorie qui, cherchant un compromis et se rendant à l'évidence des faits, reconnait que les forces actuellement en jeu. sant purement mésaniques et nullement arbitraires, indépendantes, du reste, de toute impulsion extérieure; mais il n'en aurait pas été ainai da toute élernilé, Une force créatrice infinimené intelligente aurait créé la matière et lui aurait uni, par des liens indestructibles, les forces et les lois avec lesquelles elle doi vivre et agir, puis ahrès avoir imprimé au monde la premièra impulsion, elle serait rentrée dans le repos. « Beaucoup de naturalistes, dit Rudolf Wagner, admettent, il est vrai, une première création ; mais ils soutiennent que le monde a été ensuite abandonné à lui-même et qu’il s'est conservé par la perfection de son mécanisme intime. » (1) Nous croyons avoir déjà refuté suffi samment oséte opinion dans un chapitre précédent ; nous y reviendrons d'ailleurs plus loin en traitant de la création en particulier, . On verra, à l’aide des faits que nous connaissons que jamais el en auoun lieu on n’a trouvé la trace d'une creation directa, que laut, au gontraira, contredit cette hypothèse et que seule, l’activité éternelle et toujours changeante des forces de la nature doit être conaïdérée comme le principe de toute naissance et de tout dépérissement. |
« Ma conviction, disait déjà le grand Kepler, est que l’on devrait épuiser tous les autres moyens d'explication avant da eseourir à la création (c'est à dire au miracle) ; car avec cette idée il n'y a plus de place pour la discussion âcientifique, »
H n'entre pas dans le plan de cet ouvrage de s’occuper longue ment de cenx qui cherchent et trouvent sur le terrain de la foi une théorie de l'existence et, en môme iemps, la satislaction de leurs besoins moraux. Nous nous occupons du monde accessihla à nos moyens d'investigation, et nous ne voyons pas sur quelles raisons soientifiques on pourrait se fonder pour admettre l’exim lend d’un autre monde plus parfait, sousirait à l’influeuice des
4) Mes, Waonmn, Usb Wissen und Glauben, 1854
lois naturelles et ordonné, peut-être, d’une façon toute différente. Mais quant à ceux qui trouvent dans cette croyance une consolation, nous sommes loin de leur contester ce droit. Que chaque individu croie ce que. bon lui semble et laisse le champ libre à son imagination, du moment où la science l’abandonne! La Foi et la Science sont deux royaumes distincts, dont les frontières se déplacent incessamment au profit de la dernière. Des territoires qui étaient au pouvoir de la Foi il y a cent ans et plus, sont aujourd’hui occupés par la Science, et ce mouvement ne fera que s accentuer avec le temps. « On ne peut avoir de discussion scientifique au sujet de la Foi, dit Virchow, car la Science {et la Foi s’excluent. » La théologie et l’exploration de la nature ne peuvent marcher de front et paisiblement ; il n’y a pas de science de la nature théologique ou ecclésiastique, et il n’y en aura pas aussi longtemps que des hommes ad hoc ne seronl pas tombés du ciel, ou que le télescope n’aura pas découvert les assemblées des anges. Que celui qui ne trouve pas la paix dans la vérité toute nue, s’en tienne à la foi; mais pour les recherches scientifiques, la vérité est le seul guide efficace. Elle n’est pas non plus vide et incapable de consoler : car il est dans la nature de la vraie science, lorsqu’elle paraît détruire ou supprimer d’un côté, de remplacer de l’autre, et au delà. Aussi ceux qui sont plus amis de la véritéique de Platon et de Socrate, n’ont-ils pas besoin de suivre le conseil bien connu d'un naturaliste distingué, qui voulait qu’on se procurât deux consciences, une conscience scientifique et une conscience religieuse, en ayant soin pour la tranquillité de l'âme, de les tenir si bien séparées qu’elles ne pussent jamais se confondre, — proposition devenue célèbre depuis sous la désignation technique de € tenue des livres en partie double. » Celui qui considère comme nécessaire ou désirable pour la paix de son âme une pareille tenue de livres et qui ne recule pas devant ses difficultés logiques, peut en user à son aise pour lui-même; mais il ne doit pas chercher à l’introduire dans la science, dans l'étude raisonnée de l'existence. Nos voisins les Anglais ont tâché de s’en tirer mieux que nos savants allemands, à l’aide de la division bien connue en « causes premières » et en « causes secondes. » Avec ce système disparaissent cette scission artificielle, cette division en deux manières de voir opposées l’une à l'autre ou, à un autre point de vue, cette vaine mixture des théories scientifiques avec les con-
ceptiens religieuses. Tout marche d'une façon naturelle et régu
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liöre; If ne peut y avoir de lacune dans l’enchalnement des causes, puisqy’:ıne cause seconde se relie nécessairement à une autre, et, bien que cet enchatnement n’ait pas encore été constaté partout, il existe néanmoins et la science a pour but de le découvrir. Mais la science humaine ne va pas et ne peut pas aller au delà de la découverte des causes secondes, puisque tous les êtres, ainsi que les lois qui les régissent, dépendent en dernière analyse d'un principe supérieur ou cause première qui, tout en ne s’ingörant pas dans le cours habituel des choses, les gouverne pourtant et les dirige — principe qui ne se révèle à nous, d’ailleurs, que par la foi, non par la conscience. Cette cause première s’identifie avec dieu, et ici commence le domaine de la religion, de l’église et du culte divin, où la science n’a plus rien à voir e' que les savants peuvent négliger complètement dans la recherche ‘des causes secondes. Dieu ne remplit pas ici, comme dans la théorie allemande, le rôle d’une simple cheville, maïs bien celui d’un monarque trônant au-dessus du monde et qui, sans intervenir dans le cours naturel des choses, se contente de diriger les lois établies par lui-même ou de laisser agir les causes secondes. Cette doctrine a l'avantage de rendre l’idée de {dieu absolument superflue pour la science, sans d’ailleurs toucher à cette idée, sans la bannir entièrement, et de permettre aux gens d'étudier les lois de la nature en toute assurance. Les savants peuvent, de cette façon, garder leurs croyances religieuses, tout en conservant, daus le domaine de la science, leur entière liberté d’allure. A la vérité, la saine raison n’est guère en état de comprendre comment on peut conclure des soi-disant causes secondes A la réalité d’un pouvoir surnaturel, distinct des forces de la nature, qui n’a jamais donné ‘seulement le moindre signe de son existence et n’a rien de commun avec la science, Libre aux âmes pieuses, auxquelles la dévotion semble indispensable, de se sentir réconfortées en songeant que derrière Île rideau impénétrable du monde des phénomènes, un homme se tient debout, des verges à la main, qui, un beau jour, fustigera en masse tous les mortels coupables de ne l'avoir pas suffisamment adoré pendant leur vie. Les penseurs et les esprits libres aimeront au contraire à se dire que le monde est non pas une Monarchie, mais bien une République, qui se gouverne par des lois éternelles et immuables.
SORcCH Er Marches