UNIVERSALITÉ DES LOIS DE LA NATURE
lointaines et inconnues, une analogie parfaite de structure entre
ces masses inorganiques étrangères à notre globe et celles qui le
composent. » (1)
Ces faits suffiraient à établir que, selon l'expression du professeur Spiller, « l'unité des forces dans la nature s'étend jusqu’à l'atome » ou que « la force morphologique pour des substances déterminées et pour l'atome est la même dans tout l’univerm » Mais ce que l’examen des météorites permettait de considérer comme très probable, a été reconnu comme absolument certain par l’analyse spectrale, qui pénètre la constitution chimique des
globes les plus éloignés, et que l’on a si justement nommée « le .
langage de la lumière ». Avant tout, elle fait voir que le soloil — comme il était prösumable en raison de l'origine de potre Bystème planétaire, issu d’une nébuleuse unique, = ne renfermait dans son atmosphère incandescente d’autres corps simples que ceux qui se rencontrent sur notre globe. Ce sont le sodium, le fer, le calcium, le magnésium, le chröme, le nickel, le baryum, le zinc, le cobalt, le manganèse, le titanium, l'aluminium, le strontium, le plomb, le cuivre, le cadmium, le cerium, l'uranium, le potassium, le vanadium, le palladium, le molybdene, l’hydrogène, l'oxygène et l'azote. On n'est pas encore assuré de la présence d’un certain nombre d’autres éléments connus, tels que Pindium, le lithium, le rubidium, le cæsium, le bismuth, l’etain, l'argent, le beryllium, le lanthane, l’yttrium, Piridium, le silæium, le soufre, le carbone. Vraisemblablement, tous les autres métalloïdes s’y trouvent ; d’autres métaux, tels que l'or, l'argent, le mercure, existent sans doute aussi dans les couches plus profondes du soleil ou de son atmosphère, que l’analyse spectrale est impuissante à pénétrer. D’une façon generale, la constitution chimique de l’enveloppe solaire offre la plus grande analogie avec ealle des aérolithes,
On no s’est pas contenté d'explorer le soleil à l’aide du spectroscope, qui peut nous fournir des données positives sur la composi tion chimique des globes les plus lointains ; en dépit de difficultés inoules, on à examiné également les planètes, les comètes, les étoiles, les nébuleuses, les étoiles filantes, etc., et toujours on a obtenu les mêmes résultats. On a reconnu que les étoiles ne sont autre chose que des soleils dans l'enveloppe lumineuse des-
(4) MOLDENEAUN. Das Weltall und seine Entwicklung, L, Hu
a ‘von ar mardis
tions matérielles pour la formation ou le développement des êtres vivants ou organisés, partout cette formation et ce développement se réalisent avec la même force et la même exubérance que sur notre globe. Par exemple, sur les planètes qui se meuvent autour des étoiles fixes ou soleils d’après les principes ordinaires de la mécanique, la vie doit pouvoir ou a pu se réaliser à certaines époques et dans des circonstances données, au moins sur quelques unes d'entre elles, de la même manière que sur notre terre, car « la réalisation de la vie, dit Du Prel, n’est autre chose que la mise en œuvre de l’activité par l'effet de causes suffisantes. » En ce qui concérne notre système planétaire, il faut bien reconnaître que les conditions de la formation d'êtres vivants et pensants, semblables à ceux de notre globe, s’y trouvent assez li- . mitées, puisque les plus grandes planètes n’arriveront à un pareil développement que dans le temps où le soleil, déjà refroidi, ne pourra plus les chauffer et les éclairer que d'une façon imparfaite et insuffisante ; peut-être dans les planètes intérieures seules, rencontre-t-on les conditions nécessaires pour le développement de processus vitaux énergiques. Mais la plupart des planètes cireulent, à l'état d’astres morts, autour d’un globe solaire qui ne permet la conservation de la vie à leur surface que pour un temps relativement court. Naturellement, il n'est pas possible que la vie existe sur les comètes et les météorites. On s’est posé la question de savoir si, sur d'autres planètes, n’existeraient pas des habitants doués d'organes des sens plus parfaits et capables, par suite, de percevoir des impressions que nous ne pouvons pas ressentir. Le fait du perfectionnement graduel de nos organes des sens, survenu par le concours de processus vaux successifs adaptés arız circonstances, parle en faveur de cette supposition, qui ne porte aucunement atteinte aux conclusions précédentes.
« S'il y a dans les globes lointains, comme cela estindubitable, dit Zeise, des êtres vivants supérieurs, ils doivent être dans leur développement plus parfait, en tant qu'êtres pensants, tout à fait semblables aux hommes de notre planète, sous le rapport intellectuel ; car, dans tout Punivers, on ne peut se figurer qu’une seule raison, partout la même et en vertu de laquelle toutes les lois de la nature apparaissent comme des lois raisonnables. » (1)
(1) Zeıse. Das Endlose der grossen und der kleinen materialien Welt, Altona, 1855,
VNIVERSALITÉ DR LOIS DE LA NATURE es
« La vie de l'âme, dit Ph. Spiller, malgré les différences d’oranisation, doit être envisagée sous un point de vue unitaire. Les vis de la pensée sont les mêmes dans tout l’univers. » (1)
On peut déduire d’ailleurs l'identité de l’esprit et de la matière, de la raison st des lois naturelles, de ce qui a été dit précédemment des rapports de la matière, de la force et du mouvement. Ce sont les lois naturelles qui ont créé l'esprit, au sein duquel agissent ces mêmes forces qui gouvernent la nature et le monde | Les lois de.l’esprit doivent par conséquent être à l’unisson aveo les principes les plus intimes des lois qui régissent la nature et ainsi, les lois de la pensée sont en même temps les lois du monde! Logique et mécanique, c'est tout un; la raison dans la nature est aussi la raison dans la pensée. La loi de l'intelligence doit done être considérée comme une véritable loi naturelle et comme une conséquence d’un développement conforme aux lois ou à l’histoire de la nature. La raison humaine ou l'intelligence est comme un miroir qui réfléchit le Tout ; elle est le produit des échanges successifs et ininterrompus, survenus entre l'organisme et le milieu ambiant,gh travers toute la durée des périodes cosmiques et géologiques. Parti des degrés les plus bas de la sensibilité, lesprit de l’homme, comme celui des bêtes, s'est élevé peu à peu, par l'effet d'actions et de réactions et en passant par d'innombrables échelons intermédiaires jusqu’à la hauteur où nous le voyons aujourd’hui ; ainsi se sont développées ces formes de la pensée, ces idées qui, pour ceux qui ne comprennent pas la puissance du principe de l’évolution, semblent revêtues d’un caractère d’innéité antérieur à toute expérience,
« Ce qui prouve le mieux, dit Oersted, que les lois de la nature sont aussi les lois de la raison, c’est que, des premières une fois connues, nous pouvons déduire d'autres lois à l’aide de la seule logique, que nous vérifions ensuite par l'expérience ; que si cette vérification ne peut avoir lieu, nous pouvons être sûrs que nos conclusions sont fausses. Il suit de là que les lois de la pensée, au moyen desquelles nous pouvons tirer des conclusions, règnent aussi dans la nature, »
u Les lois de la pensée, telles qu'elles découlent du cerveau de l'homme, dit encore Ph, Spiller, n’ont pas d'autres bases logiques que celles des lois de l’univers. La pensée consciente, mathéme-
(1) Pu. Snccun, Die Urkreft des Weltalle. Berlin, 187.
% roncs ur Marıkam
Kique de l'hemme n'est pas autre chose q siente de la nature, d’où il résulte que des p les uns des- autres, en suivant les lois de Iı vert presque en même temps les mêmes véri Avec plus de force et plus de précision en feld a exprimé oes idées en disant : « Les pensée et celles de la matière sont identiqu mouvement condensé, et de même que l’org que la réalisation des forces de la nature e’est que la condensation de l’activité de ces Ces notions s’accordent de tous points étude expérimentale et philosophique de eous arrivarons dans le chapitre sur les i du développement graduel de l’âme de l’h Comme cette âme, tout à fait étrangère au:
vaturelles, communiquées par une puisse toules ses connaissances, ses pensées, sa 86 des millions d’impressions, à chaque instan du monde extérieur, il faut nécessairement reproduise en quelque façon les lois qui d'autres termes, ainsi que le dit Carus humain n’est rien autre chose qu’un miroir concentrant, en les réduisant, les rayonn source de toute connaissance. Bien qu'il même impossible, de déméler dans tous le laborieusement enchevétrés, du système du -faits n’en peut cependant pas être mise « ordre prévaut partout, dit le poète; — a mobiles des astres — domine la loi inı — tout comme dans les cerveaux pensants des hommes. » (1)
(4) « Dieselbe Ordnung waltet uberall :
Im wechselvollen Reigen der Gestirne Gebistet das Gesots nach Mass und Zahl, Wie in des Menschen denkendem Gehirns. »
(€. Krussm). \