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GÉNÉRATION PRIMITIVE

bien, da poin: de vue scientifique, que la loi naturelle en vertu de laquelle s’effectue la génératiqn spontanée, demeure anjourd'hui & l’état latent en l'absence des conditions requises pour la production du phénomène, tandis qu’elle dut intervenir avec oute son activité dans des temps primitifs au milieu de circonstances entièrement différentes. On ne voit plus aujourd’hui se former des quantités de corps inorganiques prenant une extension “onsidérable, tels que les pierres précieuses, la houille, le granit, 2 quartz, etc., et cependant il n'est douteux pour personne qu'ils ne se soient constitués dans des temps primitifs, d’une façon naturelle, par le jeu des forces physico-chimiques.

« La chimie, dit Virchow, n’a pu encore former à l’aide des ‘srps simples aucune des substances plastiques (fibrine, albunine etc.,); la physique n’a pu encore — ces substances une fois ‘onnées, en dehors des corps vivants — les contraindre à former Ces organismes, à se constituer en cellules. Qu'est-ce que cela prouve ? Quand l’histoire de la terre nous apprend qu’il y a eu ın temps où ces substances plastiques n’existaient pas et ne pouvalent pas exisler; quand nous savons qu’à certaines époques terminées ces substances plastiques se sont constituées et ont onné naissance à des formes organiques, que pouvons-nous en conclure, sinon que dans des circonstances lout à fait except"snnelles, le prodige s’est accompli — j'entends la manifesı:tton momentanée d'une loi naturelle restée jusqu'alors lalente? » |

it ailleurs : « Nous pouvons très bien comprendre qu'à terlaines périodes du développement de la terre, il se produisit des conditions exceptionnelles sous l'influence desquelles des éléments à l’état naissant acquirent le mouvement vital en entrant dans de nouvelles combinaisons, et que ce mouvement naquit ainsi de la transformation du mouvement mécanique ordinaire. »

Et enfin : «a La loi de leur formation (des cellules) est nécessairement éternelle, de sorte que, lorsque dans le cours des phénomènes naturels il se produit des conditions favorables à sa manifestation, la production organique se réalise. Cette réalisation ne peut avoir leu que dans le cas d’un ordre particulier des rapports naturels, et par ce concours, des substances ordinaires survenant dans des conditions exceptionnelles à de certaines époques déterminées”: le phénomène de la vie au point de vue de ses origines comme à

celui de sa reproduction, se ramène à une forme particulière de la mécanique. » (1)

Depuis que ces lignes ont été écrites, la question de la génération spontanée est du reste entrée dans une phase nouvelle et beaucoup plus favorable à l'opinion qui admet sa réalité dans le passé ou à l’époque actuelle, et cela. grâce à l'influence de la fameuse théorie darwinienne, grâce aussi aux travaux décisifs du professeur Haeckel, d’Iena, sur les monères ou êtres primordiaux les plus simples, qui ont dü servir de point de départ au developpement des premiers organismes cellulaires. La cellule ou unité prgenique, regardée d’abord comme la première forme de la génération primitive, et que même un Virchow regardait encore comme telle, la cellule avec son enveloppe, son content et son noyau, apparaît dès lors comme une formation beaucoup trop compliquée et d’une organisation trop élevée, pour pouvoir se développer par autogonie ou directement de la matière non organisée. Une semblable origine serait, scientifiquement, aussi miraculeuse ou aussi impossible que cette génération spontanée d'organismes au sein de matériaux inanimés, à laquelle on croyait généralement autrefois. Au contraire, la cellule parait être le résultat de toute une série de processus antérieurs de développement, et ce n'est pas là qu’il faut chercher ces premières ébauches de la vie ; mais on doit remonter beaucoup plus haut, jusqu'à ces formes animées nouvellement découvertes, qui se présentent non sous l’aspect de cellules ou de formations cellu-

tres, mais sous celui d’amas globuleux composés d’un mucus animé et presque entièrement amorphe, d’un agrégat de viscosités albumineuses. C'est à ces êtres primordiaux, qui ne sont que des fragments vivants de protoplasme sans organisation, à ces a Organismes sans organes, » tenant le milieu entre les substances organisées et les corps bruts que Haeckel a donné le nom de monères (de Hovépne; simple), et que l’on ne peut, selon lui, imaginer des organismes plus simples ou plus incomplets. Elles seules ont pu se développer ou se développent encore de la . maliöre organique par génération spontanée, et d'elles seules peuvent se développer les cellules ou les formations cellulaires. « Elles prouvent de Ia façon la plus incontestable que la vie est

à B. Vincuow. Gesenamaeite Abkandiungen sur wissensehaftlichen Medisin, Berlin 1856.

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liée, non pas à une structure déterminée des êtres vivants, au concours de différents organes, mais bien à un état physico-chimique de ra matière amorphe, à une substance albw”#noïde que nous appelons sarcode où protoplasme, combinaison azotée de carbone d'une consistance semi-fluide. La vie n’est done pas la conséquence de l’organisation : c’est le contraire qui est vrai. Le protoplasme amorphe constitue les formes organisées. Les plus anciens organismes qui sont nés, par génération spontanée, de la matière inorganique, ne pouvaient être que des monères. » (4)

On pouvait hésiter à admettre la génération spontanée, alors qu'on ne connaissait pas les Monères, tandis qu'aujourd'hui ül n'est pas douteux que ces êtres, les plus simples de tous, ne constituent le premier échelon de la vie, et ne soient devenus le point de départ des cellules, — par un processus que nous ne pouvons pas décrire ici en détail. La première phase de ce développement est représentée par cette formation cellulaire indifférente qui, sous le nom d’Amibe, mène encore aujourd’hui une existence solitaire et indépendante. Une cellule semblable indifférente et d'aspect amiboïde, constitue aussi l’œuf primitif, tel qu’il se montre presque généralement dans l'ovaire des animaux les plus divers. Les plus anciennes Amibes vivaient à l’état d'individus distincts : il s'en forma de petits agrégats que l’on connaît encore aujourd’hui à l'état d’agregats de cellules ou de variétés d'animaux primitifs simples et nus, uniformes et vivant en communauté. Ici eommeneé la différenciation entre le règne animal et le règne végétal, la cellule nue, amiboïde, avec noyau, capablé de ramper, correspondant plutôt au premier, tandis qu’au second se rapporte la cellule munie d’une membrane d’enveloppe, à travers les pores de laquelle passent les fluides qui la nourrissent.

La naissance des monères, selon Haeckel, a dû se produire pour la première fois au fond de la mer primitive qui couvräit la terre lursque celle-ci commença à se refroidir. « Il se peut que plusieurs générations de monères aient peuplé pendant des millions d'années la mer primitive, avant que la différenciation des conditions extérieures de la vie auxquelles s’adaptaient ces organismes primordiaux et homogènes, aient produit une différenciation de leur substance propre (2). » La plupart de ces variétés de monères dis-

(1) E. Hascxez. Das Protistenreich, p. 84, 1878. (2) E, Hazcxss. Op. ot.

parurent probablement par le fait de la lutte pour l'existence, tandis que d’autres nersistèrent pour devenir la souche de la totalité du monde organique.

Aaeckel ne tranche pas la question de = savoir si ce processus du uéveloppement spontané de la matière albumineuse et vivante du sein de la substance inanimée, se continue encore aujourd’hui. Tout porte à croire qu’elle doit être résolue affirmativement, étant donné, même, que cette génération spontanée peut avoir lieu dans des conditions que nous ne connaissons pas très bien, ou telles que, si nous les connaissions, nous ne serions peut-être pas en mesure de les reproduire artificiellement. Personne, toutefois, ne peut prétendre qu’il doive toujours en être ainsi. Quand on considère les résultats prodigieux auxquels est parvenue la chimie synthétique, qui a formé de toutes pièces, par des procédés chimiques et avec des substances inorganiques ou inanimées, une série de corps dont le développement ne semblait pouvoir s’opérer que par l'intermédiaire des phénomènes vitaux dans le règne animal ou végétal — tels que l’urée, l'alcool, l'éther, le sucre de raisin, les acides oxalique, formique, butyrique, acétique, lactique, des matières grasses et amyiacées, des alcaloïdes, etc. — on ne doute pas qu’il ne soit possible de former 'un jour artificiellement le protoplasme vivant, et l’on sera de l’avis de Wundt, lorsqu'il dit de le synthèse chimique d'aujourd'hui, « qu'elle ne fait peut-être "que marquer le premier pas dans cette voie. » (1)

Le jour où nous serons à même de produire le protoplasme vivant, nous serons aussi en mesure de provoquer le développement de ces ivrmes inférieures et primordiales de la vie, à propos desquelles se poursuit encore aujourd’hui, avec tant d’äpret& et sans nul profit pour la science, la controverse entre les partisans et les adversaires de la génération spontanée. La nature ne nous offre qu’un enchatnement unique de phénemènes congénères, sans lacunes infranchissables. Par sa force propre, et quel qu’ait été le processus, elle a produit les premières substances et les premières formes vivantes; par sa force propre, elle a facilité leur développement de: plus en plus complet ; par sa force propre enfin, elle détruira aussi tout ce qu’elle a créé, pour le faire revivre ailleurs sous de nouvelles formes et dans des conditions nouvelles I

(4) W. Wuxor. Lehrbuch der Physiologie, p. 169.

GÉNÉRATION SRCONDAIRE

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