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Paleotheritum et qui apparaissent au début de l'énoque tertiaire avec les caractères des Pachydermes, des Ruminants et ceux du sochop; ce sont les ancêtres de nos pourceaux, de nos kippopolames et dé nos ruminants. Le TŸlotherium, découvert tout récemment par le professeur Marsh dans les montagnes du « Far- West » de l'Amérique du Nord, réunissait en lui et à un degré surprenant les €Sractères les plus “opposés des ordres les plus divers de la elasse des Mammifères (Carnassiers, Rongeurs, Ongulés, ete.).. Très vraisemblablement aussi Pancôtre des Tapirs doit être cet animal découvert par le paléontologue américain Leidy dans le bassin du Rio Verde et auquel on a donné le nom de Æyrachus. Les recherches des géologues américains (Marsh, Leidy, Cope, ete.), ont amené la découverte dans les plaines du Mississipi, de débris innombrables de Mammifères fossiles appartenant à des espèces jusqu'alors inconnues: ce sont autant de preuves en favaur de le théorie de l'évolution. — A la fin de l’époque tertiaire et au commencement de la période suivante ou diluviale, nous trouvons, comme précurseurs de nos éléphants, les énormes Mastodontes et les Dinotheriums, puis le redoutable Machairodus, comme prédécesseurs de nos grandes espèces f8lines : lOurs des cavernes est l'ancêtre de notre ours brun, et le Bos primigenius celui du bœuf actuel, etc.

Nous pourrons multiplier ces exemples à loisir : la science paléontologique tout entière n'est elle-même, pour ainsi dire, qu’un exemple unique et continu dans ce genre. Les formes les plus inférieures, dans chaque ordre distinct, apparaissent toujours les premières, et c'est d'elles que se développent, suivant une série graduelle et ascendante, les variétés et les individus. « Les débris trouvés dans la terre, dit Oersted, nous montrent une suite de formations de plus en plus développé ces, se succédant les unes aux autres jusqu’à co qu'enfin un état de choses füt réalisé, dans lequel l’homme et un monde animal et végétal en conformité avec lui fussent susceptibles de prospérer. » — « J'ai vu se reffermir ma foi dans la loi du progrès, qui va du général au parlieulier et de bas en haut, dit plus explicitement encore le professeur R. Owen, le célèbre savant anglais, à la fin d’une remarquable description des Mammifères primitifs de l'époque mésolithique. Cette loi s’éclaire eneore par la suecession des Mammiferes à partir de la période triasique, comme par celle des autres elasses depuis la première aurore de la vie jusqu’à la période contemporaine »

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Cette loi du développement graduel et progressif s’est transmise du monde primordial au monde organique et lui a imprimé son cachet de façon à ce qu’on ne puisse le möconnaltre. La science tout entière de l'anatomie comparée, cultivée avec tant de prédilection de notre temps, ou la « Philosoyhie des formes organiques », selon le nom que lui donne Haeckel, s'efforce de démontrer la concordance des formes anatomiques dans toute la série animale, et repose sur cette notion scientifique en vertu de laquelle on admet un plan commun pour toutes ces formes, modifié seulement dans le détail. Une série ininterrompue d’analogies aussi nombreuses que variées unit tout le règne animal, depuis les formes les plus inférieures jusqu'aux plus parfaites, Notre propre espèce, homme lui-même, qui jusqu'ici, dans sa présomptton, se eonsidérait comme au-dessus de tous les animaux, comme une oréaiure d'un genre tout autre et bien supérieure, est pourtant lese de fuise exception à cette règle. La structure tout entière de son corps be relie si étroitement au règne animal, aux reprécemtesæts les ples élevés du type des vertébrés, qu'aujourd'hui aucuo savand digue de ee nom ne cherche comme autrefois, à créer pour kai « le règne humain » on à l'isoler de lordre des soi-disant = Quadrumanes », pour constituer un « ordre » parts culier de la elasse des reammifères ; on le considère comme formant parmi ces derniers une famille particulière, celle des Primates (c’est à dire des êtres supérieurs ou les premiers de tous). t L'homme, dit Haeckel (4) apparatt dans les traits essentiels de son organisation intime, tellement analogue au reste des mammifères, que jamais un anatomiste n’a douté qu'il n’appartint à cette lasse. La conformation intérieure de son corps est tellement semblable à celle du corps des autres Mammifères, qu’en regard de ce fait, la différence des formes extérieures ne peut entrer en ligne de compte ». Son cerveau, organe de l'intelligence, est loin ” aussi de faire exception à cette règle ; c'est um cerveau de Mammifère modifié au point de vue de son volume, de sa forme, de sa structure et de sa composition, ou amené à son plus baut point de développement, comme les recherches approfondies de plusieurs anatomistes !’ont démoniré de la façon la plus complète, — un cerveau qui, en raison de ces faits, réalise à un degré de perfection de plus en plus élevé les facultés intellectuelles répandues dans tout le règne animal.

() E. Hanoxez. Anthropogenie. Tr. fr. de Letourneau, n. 93.

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C’est pour la troisième fois que nous nous trouvons en face de la loi des transitions dans l’histoire du développement des animaux pris individuellement. Aujourd’hui encore, toutes les formes

‘ animales sont tellement semblables les unes aux autres dans la

première phase de leur développement individuel, que pour retrouver leur prototype, on n’a qu’à rernonter à l'histoire de leur origine. C’est un fait intéressant et caractéristique que tous les embryons se ressemblent et qu'il est parfaitement impossible de distinguer l'embryon d’une brebis de celui d’un homme dont le génie ébranlera peut-être le monde. Oui ! et cela va si loin qu’on a essayé, non sans succès, de démontrer dans l’histoire du développement de chaque animal ou de l’homme lui-même, comment l'embryon représente durant les diverses phases de son évolution les types principaux de toute une série d'animaux inférieurs à luimême — comment, en quelque sorte, il reproduit en miniature et dans un cadre étroit une série partielle de la création ou mème la série tout entière. |

« Les adversaires de la théorie de la Descendance, dit Haeckel, pour lesquels l’évolution progressive de la forme humaine développée de formes animales inférieures et sa descendance de Koi | ques êtres primordiaux monocellulaires constituent des prodiges indignes de foi, — ne se sont jamais dit que ce prodige se reproduit réellement sous nos yeux et dans son entier, avec le développement de chaque embryon humain et dans le court intervalle de neuf mois. Ces séries graduées de formes infiniment variées, que les animèux, nos ancêtres, ont parcourues dans le cours de plusieurs millions d'années, chacun de nous les a parcourues dans les quarante premières semaines de son existence individuelle dans le sein de sa mère. »

Pour quiconque embrasse d’un regard et dans un esprit libre de préingés ces trois séries, si nettement caractérisées et en Sl parfaile coucordance, de l'échelle des êtres considérée au point de vue de la paléontologie, de l'anatomie comparée et de l’embryologie, il ne paraît pas douteux — abstraction faite de toutes les autres théories ou explications — que l’ensemble du monde orgsnique ne forme un tout parfaitement uni et que les parties ne dérivent nécessairement les unes des autres. Quand bien même nous n’aurions pas été témoins, durant le dernier siècle, des profondes transwruations que le Darwinieme a fait subir aux sciences né turelles, ce résultst n’en fût pas moins demeuré acquis pour tout

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penseur digne de ce nom — comme il l'était déjà en fait pour

quelques naturalistes, tels qu’un Lamarck ou un Geoffroy St Hilire, à vue. plus perçante que leurs collègues, et pour la plupart des adèptes de la Philosophie de la Nature. De même dans la premiere édition du présent ouvrage, publiée en 1855, cinq ans avant les travaux de Darwin. l’auteur avait formulé ce résultat d’une façon aussi précise que possible pour l’époque il attribuait l’origine d'espèces nouvelles à un processus naturel s’exergant par le moyen de la descendance, de la transformation et du développement, et s’appuyait, pour établir son opinion, sur les données fournies par la paléontologie, par l'anatomie comparée et par lembryologie. 11 ne manqua pas non plus d'appliquer ces données à la question dominante en cette affaire; avec un courage qui lui attira de tous côtés les attaques les plus violentes, il affirma — ce dont les savants ne doutent plus guère aujourd’hui — que l'homme descend des animaux. Quant aux causes de ces processus de transformation, il dut se borner, dans l’état où se trouvait alors la science, à insister, d’une part, sur l’influence des conditions extérieures ou sur les modifications de la surface terrestre, de l’autre sur la possibilité des transformations embryonnaires, et à former des vœux pour que des recherches ultérieures vinssent répandre sur ces questions une lumière suffisante. Plus vite qu’on ne pouvait s’y attendre, ses vœux ont été exaucés, grâce à la théorie devenue si rapidement célèbre de.cet Anglais de génie, Charles Darwin, qui avec une intuition merveilleuse et en s'appuyant sur une masse de faits, établit comme les causes naturelles de cette transformation : 1) La lutte pour l’existence ; 2) Le changement ou la formation des variétés et la variabilité de l’espèce; 3) La transmission et l’hérédité ; &). La sélection naturelle ou le choix exercé à travers l'immense durée des époques géologiques. — Dans un espace de temps relativement très court, cette brillante théorie est arrivée à dominer complètement les sciences nalurelles : elle a conquis surtout la plupart des jeunes savants, désormais soustraits au joug de l’ancienne « conception de l'es- . pèce ». En réalité, il n’est guère possible pour quiconque a examiné sans parti pris les travaux et les idées de Darwin, de nier de bonne foi que des espèces ou des êtres nouveaux ne puissent, ne doivent s'être formés de la façon qu'il indique. — En est-il de même lorsqu'il s’agit de décider si les explieations de Darwin relatives à la transformation, suffisent à rendre compte du divelbp-

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pement général et des variétés infinies du monde organique ? Très probablement non ; et il faut, pour cela, recourir à une autre série de faits frès importants, auxquels Darwin n’a eccordé que peu ou point d'attention. Nous placons ici au premie.” rang l’influence capitale des conditions extérieures et variables de la vie, — telles que le climat, le sol, l'alimentation, l'air, la lumière, la chaleur, la distribution de l’eau et de la terre ferme, etc., etc., — influence regardée comme tellement considérable par le célèbre savant français Geoffroy St Hilaire, qu'elle lui paraïssæt suffisante pour expliquer la variabilité de l'espèce. Viennent ensuite les influences dues à l’exercice, à l'habitude, à l'adaptation aux différents genres de vie, l’usage ou, au contraire, le défaut d'usage des organes et des différentes parties du corps, le croisement, etc., — influences considérées comme les causes réelles de la transformation des espèces par le français Lamarck, l’illustre précurseur de Darwin et le vrai père de la théorie de la Descendance, si longtemps traité de réveur et qui mourut dans la misère. Nous citexons maintenant l’importante influence exercée par la migration des êtres, sur laquelle le professeur Moritz Wagner, de Munich, a le prémier appelé l'attention comme sur un fait additionnel propre à compléter la théorie Darwinienne (1). Rappelons enfin les conséquences déjà signalées dans la première édition de cet ouvrage comme découlant des remarquables phénomènes connus sous le nom de génération alternante, de parthénogénèse, de métamorphose, etc., les transformations des germes ou des œufs sous l'influence des conditions intérieures ou extérieures, et en vertu desquelles ont dû s'effectuer dans certains cas, par transition brusque plutôt-que graduellement, les modifications et le développement des plantes et des animaux fossiles. Ces idées ont été développées complètement par notre savant compatriote, le professeur Kölliker, de Wurzhourg, qui s’en est servi pour édifier sa « théorie de la génération hétérogène » désignée plus tard par lui sous le nom de « Doctrine de l’Evolution ».

Ayant ainsi reconnu l'existence d’une loi générale présidant au changement, à la transformation on au développement, et apprécié les causes sous l'influence desquelles cette transformation peut s'effectuer dans chaque cas distinot, — nous avons

(1) M. Waamen. Die Darwin'ohe Thooris und des Migrastionegesst: Organtemen. Leipsig. 1878.

un point d'appui solide pour trancher oomplötement la question, si difficile à résoudre en apparence, de l’origine du monde organique et de ses causes naturelles, pour déterminer ce que nous avons désigné, au seuil de ce chapitre, sous le nom de « génération secondaire » comme complément de la « génération primitive ». Parti des commencements les Élus insignifiants, des éléments organiques les plus simples qui aient pu résulter, par génération spontanée, de l’union de substances inorganiques, — sorti des plus humbles cellules végétales ou animales ou d’une formation plus inférieure et plus primitive encore, tout ce monde organique si riche, qui rous environne aujourd’hui avec sus innombrables variétés, a pu se développer progressivement par le concours de processus naturels et d'espaces de temps d'une durée infinie,

Peu importe comment les choses se sont passées dens le détail, peu importe qu’il reste encore beaucoup de points obscurs ou douteux dans l’histoire de la création organique, — nous pouvons, dans tous les cas, affirmer aveg oertitude, qu elle a pu, qu'elle a dû se réaliser sans l'intervention d’une puissance suraatureile. Si cette création, lorsque nous jetons les yeux autour de nous, peut nous en imposer aujourd'hui plus qu’il ne convient, si l’on ne parvient pas toujours à se débarrasser de l’idée d'une cause créatrice immédiate, cele tient simplement à oe que nous voyons réunis dans un tableau d'ensemble les effets innombrables de l’action des forces naturelles prolongées pendant pluseurs millions d'années, et aussi à ce que, en considérant le présent, nous perdons de vue le passé, ce qui nous empêche de comprendre, du premier coup, que la nature ait pu tirer ve Tout d'elle-même. Et pourtant, cela est. Quelle que soit la façon dont les choses aient eu lieu, dans le détail, — la loi des analogies au point de vue de l’embryologie, aussi bien qu’à celui de l’anatomie comparée, la loi de la formation des prototypes et de la dépendance nécessaire qui relie le développement et la forme des êtres organiques aux différentes modifications de la surface de l'écorce terrestre, en un mot, l'apparition successive de formes organiques supériçures provenant de formes inférieures et en concordance avec l'évolution progressive de la terre : surtout le fait que l’apparition des êtres organiques n’a pas été un phénomène momentané, mais un processus qui s’est continué sans interruption à travers toute los périodes géologiques -— tout cela repose sur des

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données incontestables, et ces faits ne peuvent, en aucune façon, se concilier avec l’idée d’une force créatrice personnelle et toutepuissante, à laquelle il eut été impossible de s’accommoder de ce travail lent, graduel et fatigant de la création, et de se soumettre, dans l’accomplissement de cette tâche, aux nécessités des phases naturelles du développement du globe.

Car le travail de la nature dans ses productions moitié for. tuites, moitié nécessaires, a dû étre infiniment long, successif, graduel et non préméflité. C’est ainsi que nous ne constatons nulle part dans ce travail un saut complet, décelant l'action d'une volonté personnelle ; les formes succèdent graduellement aux formes, les transitions aux transitions. « La nature ne fait pas de sauts », dit Linné ; et en réalité, chaque découverte nouvelle dans le champ des sciences naturelles, chaque fait nouveau confirme cette assertion. Tnsensiblement la plante se transforme en animal, l'animal en homme. C’est en vain qu'on s’est efforcé jusqu’à présent de tracer une ligne de démarcation bien nette entre les r&gnes animal et végétal, ces deux sections si distinctes, en apparence, du monde organique; il ne paratt pas qu'on soil jamais en état d’y parvenir. Au contraire, les nouvelles recherches sur les Protistes ou êtres primordiaux, qui forment la transition entre les deux 'rögnes, et dont ceux-ci se sont développés dans deux directions différentes, — ont démontré que ces êtres apparaissent tantôt comme des ‘animaux, tantôt comme des végétaux et que c’est seulement à partir d’un degré supérieur de développement, que se montrent clairement les caractères distinctifs. Parties, comme les organes, des commencements les plus humbles et les plus insignifiants, les facultés de l’äme s'élèvent peu à peu et progressivement à un niveau de plus en plus élevé jusqu’à ce qu’elles atteignent le plus haut degré de perfection encore observé dans le sentiment et dans la volonté, dans l'imagination et dans la pensée chez l’homme. Cette limite infranchissable entre l'homme et le reste du règne animal, dont il est si fort question aujourd’hui encore malgré les progrès de la science, n’est pas plus réelle que n'importe quelle autre démarcation naturelle distincte, qu'il s’agisse du corps ou de l'esprit; et si l'homme, dans le cours de son développerzent intellectuel, est parvenu à des sommets du haut desquels il domine les animaux, ses congénères, comme Dieu dominait autrefois l’espèce humaine, il ne le doit qu'au même

processus lent et progressif de développement en vertu duquel s'est produit le monde organique toul entier. Les géologues éva- . luent à “ent mille ans au moins, — ainst qu’on l’a déjà dit dans ce chapitre — l'ancienneté de l’homme sur la terre, em ajoutant toutefois que ce chiffre pourrait bien étre au dessous de la réalité. D'autre part, l’histoire proprement dite de l’humarité, l'aptitude de l’homme à la civilisation ne datent que de quelques milliers d'années. Quel énorme intervalle de temps n’a-t-il pas dû s'écouler avant que l’homme parvint au degré d'intelligence nécessaire pour sentir le besoin —. et pour trouver \e-moyen, — de transmettre à ses descendants par la parole et par l’écriture, pour être éternellement conservé, le récit de ses actions ? Et de quel droit irions-nous rapporter les facultés et les actes de l'homme civilisé d’aujourd'hui — qui se trouve au sommet d’une série progressive de cent mille années avec tout le travail de générations innombrables, — à des causes surnaturelles ou au bon plaisir d’un créateur? Si nous nous reportons à son humble origine, qui se perd dans la nuit profonde des temps primitifs, nous en jugerons tout autrement, et nous reconnaitrons qu’un pareil résultat n’a pu étre atteint que par un lent développement et par une évolution prolongée. Certainement, le plus parfait des êtres dans ces temps reculés se rapprochait beaucoup plus des animaux, au point de vue des facultés tant physiques qu’intellectuelles, que de l’état où nous le voyons aujourd’hui, et les os et les crânes humains les plus anciens, retirés des profondeurs de la terre nous présentent des formes grossières et peu développées, dépassant encore au point de vue des caractères généraux de l’animalité, les races humaines les plus rapprochées actuellement des animaux — quoique ces débris, notons-le bien, proviennent d’une époque probablement beau- Coup plus éloignée de l'apparition réelle de l’homme, que l'époque de leur dépôt ou de leur enfouissement n’est éloignée du temps présent. Quant à la façon dont le crâne de l’Européen s’est Perfectionné durant le cours même des temps historiques, nous en ferons l’objet d’une étude particulière dans un chapitre ultérieur. |

Si pourtant, à l'encontre de toutes les conceptions philosophiques de la nature, on veut admettre que l'intervention directe du créateur ait partout dirigé ces processus à travers le temps et l'espace, on se rapproche des théories panthéistes et l’on est

138 FORCE ur MATIÈRE forcé de reconnaître que les mêmes faits persistent, puisque le

développement de la terre ainsi que celui des espèces animales et

végétales, loin de s'être arrété, continue de s'effectuer de la même manière qu’autrefois. Il faut admettre aussi que pas un agneau ne peut être engendré et mis au monde sans l’intervention de cette puissance créatrice, qu'aucun enfant ne peut percer une dent sans le concours de la divinité, et que chaque mouche, en pondant des œufs, doit compter sur les soins de cette puissance pour les faire éclore. Mais la science a depuis longtemps demontré le caractère naturel, mécanique et fortuit de ces processus : elle a banni toute idée d'intervention surnaturelle. C'est un argument de plus en faveur de notre thèse : car, des caractères naturels des phénomènes du monde organique actuel nous déduisons le caractère, naturel aussi, de ses origines, et réciproquement. « Qui dit A doit aussi dire B, dit L. Feuerbach. Un commencement surnaturel impliquerait nécessairement une continuation surnaturelle. — Qui suprime une des lois de la nature, les supprime toutes ».

« Envisagée comme corps distinct, dit Burmeister, la terre est demeurée dans de certains rapports déterminés avec tout ce qui l’environne, et ce qui s’est passé à sa surface, indépendamment de ces conditions, elle l’a suscité par ses forces propres: car il n’y a jamais eu, et il n'y a encore aujourd’hui sur la terre aucun autre pouvoir que celui qui lui a toujours appartenu en propre. C'est à l’aide de cette force qu’elle s’est développée ; aussi loin que s’ötendait son action, ses effets se faisaient sentir aussi; là où les forces terrestres disparaissent, toute activité disparatt de la surface de la terre, et ce qu'elle n’a pu produire n’a jamais pu exister et ne pourra jamais étre produit. »

Jamais la science n’a remporté une plus éclatante victoire sur ceux qui font appel & un principe surnaturel ou extérieur au monde pour expliquer l'existence des êtres, que dans le hamp de la géologie et de la paléontologie ; jamais l'esprit huasein n'a revendiqué d'une façon plus décisive le droit de la natege — et cela au milieu des difficultés que ceux-là seulement peurvont apprécier, qui sont au courant de l’histoire de la sorense, Le nature ne connatt ni commencement surnaturel ni contismetion surnaturelle : elle, par qui tout est engendré, par qui tout est englouti, elle est pour elle-même le commencement di’ fin, la génération et la mort. De sa force propre elle sdlités

DB LA PINALITÉ BANS LA NATURS 139

[von appelle la création et l'homme, qui en est le couronnenent, par sa force propre elle le reprendra après que sa deneure, la terre, aura accompli dans la circulation éternelle des mondes le cours de son existence. Cette race humaine ne pourratels donc pas s’éteindre aussi comme se sont éteintes tant d'autres espèces après avoir réalisé une certaine fin dans l’évolution du monde organique ? Et une autre race, plus parfaite peut-être, ne prendra-t-elle pas sa place? Personne ne le sait,

personne ne l'a su ot personne ne le saura, que ceux qui survivroat |

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