DR LA FINALITÉ DANS LA NATURE
La théorie des causes finales ou de la conformité au bat dans la nature a de tout temps constitué l’un des principaux arguments de teux qui attribuent l’origine et la conservation de l'univers à l'action d’une puissance créatrice gouvernant et organisant toutes choses. Chaque fleur étalant ses ovuleurs diaprées, chaque coup de vent poussant un nuage, chaque étoile scintillant dans la nuit, moindre bruit ébranlant l'air, une blessure qui guérit, tous les phénomènes de la nature, en un mot, sont pour les crédules parlisans des causes finales autant d'occasions de s’exiasier devant le sagesse infinie de cette puissance suprême. La science et la phisophie naturelle de nos jours se sont assez complètement débar- 'assées de ces conceptions creuses et superficielles de la téléologie ; elles abandonnent ces idées enfantines aux gens incapables de fafranchir de cet anthropomorphisme qui, malheureusement, "egne encore à l’école et dans l'église au détriment de la science tt de la vérité. |
Ainsi qu'on l’a vu précédemment, la matière ne peut être röali- *e ni même conçue en dehors:de le foros, du mouvement et de la lorme ; et de nsôme Forigine et la continuité des formes indi-
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viduelles ou des phénomènes naturels résultent nécessairement et d’une façon toute simple, de l'existence ou du cancours des choses de la nature. Il apparatt aussi clairement que ses choses naturelles, en se rencontrant des millions de fois, ont dû se modifier et se délimiter mutuellement de telle manière qu’il en r&sultät une apparence de plan et de conformité au but : de sorte qu’en considérant cette apparence et en l'appréciant du point de vus particulier des choses humaines, sans remonter aux causes, ces phénomènes nous semblent devoir être attribués à l’action d’une intelligence consciente d'elle-même et extérieure aux choses. Nous ne nous rendons pas compte de ce fait, que tout autre résultat se trouvait exclu d'avance par la nature même des circonstances, et que dans le cours des temps, des étres non conformes au but ou mal adaptés, de simples tentatives möme ont dû avorter par suite de leur propre imperfection ; en d’autres termes, que la finalité n’est qu’un cas particulier parmi des milliers d'autres dans lesquels la conformité au but est peu marquée ou même nulle, ce qui rend impossible la conservation de ces êtres. Notre intelligence, qui s’arrête toujours sur le présent et jamais sur le passé, et qui mesure tout à l'échelle de l'expérience acquise par le fait de l’activité humaine, notre intelligence est donc, comme Kant l'avait déjà remarqué, la cause unique de cette finalité apparente qui n'est autre chose que la conséquence nécessaire de la rencontre des substances et des forces naturelles at de leur organisation dans le cours du temps, dont l’action finit ar accommoder toutes choses, c'est à dire par conserver ce qui est susceptible de vivre et par éliminer ce qui n’en est pas capable. | La nature, selon la remarque de Du Prel, est son propre médecin, et de la régularité de son action résulte le traitement naturel en vertu duquel se trouve évincé ce qui n'est Pas conforme au but, et conservé ce qui y est conforme. Particulierement, les organismes ou êtres vivants, en raison de leur nature aisément altérable, sont susceptibles des modifications et des adaptations les plus vatiées, et reproduisent les propriétés ainsi acquises à un degré de plus en plus élevé dans les généra- | lions successives, tandis que celles-ci s’enrichissent incessamment de propriété» nouvelles. Il doit en résulter un développement | progressif tendant à réaliser des formes de plus en plus capables de subsister, c’est à dire d’être en conformité avec une fin.
Ces idées sont si simples, si lumineuses, qu’elles ont dû s’im-