DE LA FINALITÉ DANS LA NATURE
pu encore pénétrer les connexions et les causes prochaines. « Nous attribuons au hasard, dit l’auteur du Système de la Nature, tous es effets dont nous ne voyons pas la liaison avec leurs causes.
: L'ordre et le déscrdre de la nature n’existent point ». Le dilemme a Dieu ou hasard » auquel les cause-finaliers veulent nous assujettir, n’a donc aucune réalité. Il y a une troisième alternative : c’est le développement successif des êtres conformés en vue d’une fin dans le cours naturel des choses par les processus connus de la sélection, de l’adaptation, etc. Il existe dans les faits, dans les rapports naturels, un nombre incalculable de mécanismes, de formes, ou de dispositions que l’on peut se représenter comme élant en conformité avec une fin et dont un petit nombre se réalise sans qu’on ait jamais songé à déclarer que ces formes-là devaient être précisément les mieux disposées en vue d’une fin. 11 suffit que la conformité au but soit assez complète pour leur permettre d'exister dans des conditions déterminées. Et cela s’accorde parfaitement avec la réalité et avec les manifestations et les phénomèues continuellement renouvelés de l’histoire de la terre et du monde. Cessez donc d’opposer à ceux qui affirment l’existence d’un ordre naturel des choses, l’argument aussi insignifiant que rebattu, du hasard et le lieu commun des lettres jetées pêle-méle ; c’est là simplement le fait de l’ignorance et du manque de réflexion.
Si donc il est avéré, d'après toutes les considérations qui précèdent, que la nature, loin d’agir en vue d’une fin déterminée, et d’une façon consciente, obéit au contraire à une nécessité fatale, aveugle, il doit arriver que dans l'exercice de cette activité, elle appelle à la vie quantité d'êtres ou de formes, qui, si nous prenions l'idée de finalité comme criterium de son action, nous paraitraient complètement manqués, inutiles et imparfaits. Et vraiment, si nous considérons la nature du point de vue des causes finales, il nous est facile, non seulement de découvrir partout et en abondance de pareils défauts de conformité au but, de pareilles inutilités et imperfections, mais encore de démontrer que pour peu qu’elle rencontre quelques difficultés dans l’accomplissement aveugle de son œuvre, la nature précisément commet les fautes êt les bévues les plus grossières. Incapable souvent de surmonter le plus léger obstacle ou de l’écarter en vue de la fin à réaliser: elle se perd à chaque instant dans des complications et des difficultés inextricables, auxquelles échapperait à coup sûr
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une intelligence eonsciente où même une activité inconsciente, mais-déterminée par des considérations de finalité. Tout d’abord, personne ne peut songer à nier que la nature,
sous le coup de cette impulsion créatrice aveugle, ne produise
une foule d’êtres auxquels on ne saurait reconnaître d’autre fin que celle qu’ils réalisent en eux-mêmes, et qui sont bien plus propres à troubler l’ordre naturel des choses ou la perfection de l’ensemble qu’à les favoriser. C'est ainsi que l'existence des animaux et des plantes nuisibles a été de taut temps une épine au pied des partisans des causes finales et des idées religieuses et on s’est battu les flancs, souvent de façon très étonnante, pour expliquer l'existence de ces êtres malfaisante. La difficulté est plus grande encore dans les systèmes religieux qui attribuent toyt cels à la chute originelle ou au péché. D'après Meyer et Stilling (1), les reptiles venimeux et les insectes malfaisants sont la constquence de la malédiction qui a frappé la terre et ses habitants, et leur forme souvent monstrueuse est en quelque sorte l’image du
péché et de la perdition ! D'accord avec cela, on admet que cs |
êtres sont d’origine postérieure, non primitive, parce que leur existence dépend d’une alimentation animale ou végétale! Au temps de l’ancien paganisme germanique, ces bêtes étaient représontées comme des Elfes méchantes, qui provoquaient toutes les maladies et qui prenaient naissance dans le sabbat de la nuit de Walpurgis. Ces étranges essais d'explication prouvent assez combien peu op était capable — et on l’est encore bien peu mpintenant! = d'expliquer au point de vue des causes finales l’exisenct de ces êtres nuisibles et répugnants ou de la concilier avec le gouvernement d’une providence entièrement favorable aux
hommes. D'autre part, on n’ignore pas que des animaux toutà
fait inoffensifs ou mêmes utiles périssent et disparaissent sans que |
la nature ait pu trouver le moyen de les conserver, Par contre, des bêtes extrémement nuisibles, comme le mulot, sont doutes d’une fécondité talle qu'on ne saurait songer à s'en débarrasser, On voit également se multiplier à l'infini ces organismes micros-
copiques, reconnus comme engendrant des maladies dangereuses,
etqui sont très nuisibles à l’homme, soit directement, soit en amenant la destruction de plantes de première utilité, Les sauterelles, les colombes voyageuses forment dans les airs de véritables nude»
() Marsa vite Sriune. Bläser für höhere Wahrheit