BA FORCE VITALE
donc en réalité mortelle, puisque nous ne conservens ni ls conscience ni le souvenir. » — Et enfin : « Cette vartu est dono de beaucoup la plus pure, qui se pratique pour elle-même et non en vus d’une récompense. Cependant on ne peut blämer les hommes d'Etat qui font enseigner l’immortalit# de l’âme pour le bien public, afin que les faibles et les méchants, guidés par la crainte et par l'espérance, entrent dans le droit chemin que les cœurs nobles et les esprits libres prennent par prédilection et par amour, Car il est absolument faux que l'inmortalité de l'âme ait did nide uniquement par le rebut des savants et admise par tous les vrais sages : un Homère, un Pline, un Simonide et un Sénèque ne furent pas des scélérais pour avoir été privés de cette espérance : c'élaient, qu contraire, des hommes libres de tout esprit mercenaire, »
Parmi ces idées mystiques si Bien faltes pour fasciner l'esprit des « Philosophes de la Nature », idées enfantées dans un temps où les sciences naturelles étaient encore au berosau, et que los nouvelles découvertes font jeter aujourd’hui par dessus bord, figure au premier rang la conception de la « force vitale ». Il n’y a guère d’hypothöse qui ait été plus nuisible à la science que celle d’une force organique spéciale, posée comme l'adversaire en quelque sorte des forces inorganiques (pesanteur, affinité, lue mière, chaleur, électricité, magnétisme, etc.), où comme une entité indépendante de cs forces, établissant pour les êtres vis vants des lois exceptionnelles qui leur permettraient de sesous:
traire aus lois génésales de la nature, formani une loi par ol:
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même ei comme un Etat dans l'Etat. Un pareil principe, admis dans-la science, ruinerait notre thèse de l’universalité des lois physiques et de l’immutabilité de l’ordre naturel des choses, Heureus-ment, loin d’être forcée de se replier devant les attaques insensss des dynamistes, la science a remporté sur eux la plus complète et la plus éclatante des victoires ; elle a accumulé une telle quantité de faits décisifs, que l’idée d’une force vitale particulière, cause présumée des phénomènes vitaux, n’apparaît plus maintenant que comme une ombre sans corps sur les confins des sciences exactes, et ne se loge plus que dans la cervelle des philosophes qui veulent tout savoir mieux que les autres, ou de ceux qui ne sont pas au courant des progrès scientifiques. « Car, dit très bien Virchow (1), ce n'est pas une simple erreur, c'est de la superstiti,a pure que cette vieille doctrine de Is ‘orce vitale, qui ne peut renier sa connexion avec la croyanee au diable et’avec la recherche de la pierre philosophale ». Et déjà huit ans auparsvant, le professeur Dubois-Reymond se sentait fondé à le déclarer dans son célèbre ouvrage « Recherches sur l'électricité animale » : « Ceux qui s'efforcent de soutenir cette théorie, de prêcher cette doctrine erronée de la force vitale, sous quelque forme, sous quefque déguisement qu’elle se présente, ceux-là sont des gens, — ils peuvent se le tenir pour dit, — qui n'ont jamais épuisé toutes les ressources de leur intelligence ».
La vie, — cela ne fait plus de doute pour aucun savant. — n’obéit à aucune loi spéciale ou exceptionnelle et n'échappe pas à l'influence des forces inorganiques ; elle doit bien plutôt être considérée comme le résultat du concours bien défini de forces physiques et chimiques, ou comme un ensemble de mouvements mécaniques d’une complication. telle que. nous n’en connaissons pas d'autre exemple, et dont il faut chercher l'explication uniquement dans les forces habituelles et bien connues dans la nature. Celui qui ne peut comprendre la vie sans l'hypothèse d’une « force de la vie » particulière, raisonne d'une façon aussi intelligente qu’un homme qui voudrait expliquer le mouvement d'une montre, non par la construction de son mécanisme, mais par l’action d'une « force de la montre » spéciale. Mais de même que le mouvement de la montre résulte du jeu combiné des matériaux et des forces qui s’y rencontrent, de même la vie, loin d’être une force,
(4) R. Vincnow. Archiv für Anat. und Phys. t. IX, 1866, der ot 20 fasc.