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LA FORCE VITALE

est ven résultat ou un mouvement des parties groupées d’une acon “léterminée.

En premier lieu, — pour établir les faits plus exactement et en ietail, — la chimie a pu constater de la manière la plus positive que les mêmes éléments se retrouvent dans le monde organique st dans le monde inorganique, et que la vie ne peut présenter dans son substratum matériel un seul atome qui n’appartienne pas également au monde inorganique, et ne joue pas son rôle dans le cours circulaire de la matière. On a pu décomposer complètement les substances organiques et-isoler tous leurs éléments, comme on l'avait fait depuis longtemps pour les corps inorganiques ; par quoi on a montré que les éléments sont identiques dans les deux cas, et que la différence est toute entière dans la variété de leurs combinaisons. On peut, par exemple, en brülant complètement un être vivant, le réduire à l’état de composé purement inorganique, de façon à ce qu'il ne reste que les substances non volatiles, et sans qu'un seul atome se perde.

Ce fait seul aurait dû suffire pour faire bannir de la science toute idée d’une force vitale particulière, puisque la force ne peut être séparée de la matière, comme on l’a montré dans un précédent chapitre, et que, dans ces conditions, tout mouvement réalisé doit être rapporté aux aplitudes, aux propriétés ou aux forces contenues dans les alomes. Les qualités des atomes sont indes- Iructibles, pour employer une formule plus scientifique, et aucun homme instruit n’admeitra qu'une molécule d'oxygène, par exemple, puisse être influencée par une molécule d'hydrogène dans l’interieur d’un organisme, autrement, — ou d’après d’autres lois naturelles, — qu'en dehors de cet organisme : en d’autres termes, que le caractère propre et immuable de cette moïécule puisse être modifié dans l’organisine. La vie ne crée ni de nouvelles substances, ni une nouvelle force ; elle se plaît seulement à d'innombrables transformations, qui se produisent toutes conformément à la loi de la conservation de la force ou de l’équivalence des mouvements dans la nature. A chaque contraction musculaire, à chaque effort accompli par l'organisme correspond la disparition d’une quantité de chaleur équivalente ei parfaite-

ment détrrminée. Lorsque l'on constate, dans les corps organiques ou vivants, des propriétés différentes de celles des corps inorganiques, cela tient non pas à l’action d’une force particulière qu’ils renfermersient, mais au caractère de la combinaison chi.

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mique qui provoque cet effet comme une manifestation passazt: des propriétés de la matière universelle. La furce vitale n’edonc pas un principe, mais un résultat, comme on l'a déjà fa. remarquer, Une combinaison organique, en s’assimilant les su. stances inorganiques en contact avec elle et en les mettant da:un état identique à celui où elle se trouve elle-même, n’opère ;:: en vertu d’une force particulière, mais seulement par une esp:: de contagian, au moyen de laquelle elle communique & ces suistances les qualités moléculaires de son essence propre : ebsoi:ment comme dans le monde inorganique nous voyons les force: se transmettre d’un corps à un autre. On comptend aisément, |: cette façon, comment le monde organique tout entier a pu # développer d'un seul ou de quelques points primitifs, si faible: soient-ils, sans l’aide de la force vitale. Nous avons montré dan: le chupitre consacré à la génération primitive, comment ce développemrant a pu et a dü avoir lieu.

On sait que les phénomènes vitaux ne se produisent que là ou il existe certaines combinaisons albuminoïdes. LA où elles fon! défaut, ces phénomènes font également défaut. Sans doute on peut objecter que ces combinaisons se rencontrent aussi après la mort. Mais elles sont alors en train de passer à un état chimique ou physique complètement différent qui, du reste, se produit d’une façon graduelle et non instantanée. Car, même la mort, qu'on a le tort de considérer comme l'antithèse absolue de la vie, est impuissante à anéantir d'un seul coup les manifestations vitales. La fibre musculaire, isolée ou retirée du corps, se contracte sous l'influence de l'électricité ; le eœur lui même arraché du corps, privé de toute connexion avec lui, peut oontınuer de battre et de se mouvoir pendant des heures et des jours. Bien plus, des fragments qu'on en a retranchés présentent encore des mouvements et comme des pulsations, ce qui constitue pour l'observateur un spectacle aussi pénible qu’extraordinaire. On 3 observé des mouvements sur le cœur des suppliciés plusieurs heures après la mort. Les globules du sang peuvent être tués, empoisonnés par l’oxyde de carbone dans un tube à expérient tout aussi bien que dans l’intérieur des vaisseaux. Le bulk pileux continue, sur le cadavre, à secréter son produit particulier, eı le foie à fabriquer du sucre. Après la mort par le cholérs, la témpérature des tissus augmente au lieu de diminuer. Des têtes d'antmaux séparées du tons, comme où l'a dit dans le chape

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relatif au siège de l'âme, peuvent être rappelées à le vie et au sentiment par l'injection de sang oxygéné, etc., ete. De tels faits, comme le remarque le professeur Preyer, ne laissent pas à la force vitale le plus petit coin pour se réfugier. Ceux qui voudraient y croire encore seraient comme des gens qui, ayant laissé tarir un jet d’eau et le voyant fonctionner À nouveau une fois la provision d’eau renouvelée, attribueraient le fait à une « force de jet d’eau particulière ».

Que si, après ces considérations générales, nous entrons dans le détail, nous voyons d’abord que, non seulement les corps simples, tels que l'oxygène, l'hydrogène, le carbone, l’azote, etc., mais encore les substances complexes entrent de toutes sortes de manières, sans modifier en quoi que ce soit leur nature, dans les combinaisons chimiques que nous présentent les corps vivants. L'eau, cette partie principale et la plus considérable, quant à la quantité, de toutes celles qui constituent les êtres organiques, et sans laquelfe la vie animale ou végétale serait complètement impossible, l'eau pénètre, ramollit, dissout, s'écoule d’après les lois de la pesanteur, s'évapore, se précipite, se forme au dedans de l'organisme exactement comme au dehors. Les matières inorganiques, les “eis calcaire qu’elle renferme à l’état de dissolution, sont déposés par elle dans les os des animaux ou dans les tissus des plantes, où ils apparaissent aussi durs et aussi solides que dans la nature inor- ‘ganique. L’oxygöne de l'air, qui se trouve en contact dans les poumons avec le sang veineux de teinte sombre, suit la loi ordinaire de la dilatation des gaz ei communique au sang une belle couleur vermeille, identique à celle qu'on obtient en l’agitans dans un vase contenant de l'air. Le carbone renfermé dans le sang brûle à ce contact, qui a lieu, d’ailleurs, non seulement dans le poumon, mais encore dans toutes les parties et dans tous les lissus du corps, et il se forme de l'acide carbonique exactement comme dans ia combustion da n'importe quelle substance renfermant du carbone ; ainsi se développe le remarquable phénomène de la chaleur animale, qui, loin d’être, comme on le croyait autrefois, un produit de la force vitale, se dégage absolument de la même façon que la chaleur d’un four chaufis & l’aide de bois ou de charbon.

En somme, le fonctionnement d'un organe est toujours accompagué de réactions chimiques régies par les mêmes lois, que oes réactions aient lieu au dedans au au dehors de l'organisme vi-

vant. L’estomac peut être comparé très justement k une cornu dans laquelle les substances, en se rencontrant, se décomposen se combinent, etc., d'après les lois générales de l'affihé ch: mique. Jn pois on, qu'on y a introduit, sera neutralisé par u corps approprié, exactement comme si la réaction s’operait a dehors ; une substance morbifique qui s’y est fixée, peut y &ir neutralisée et détruite par des remèdes chimiques, exactemen comme dans un vase quelconque. Les modifications chimiqu:. que les aliments éprouvent durant leur séjour dans l'estomac e dans l'intestin, ont été constatées de nos jours jusque dans |: moindres détails, et on a reconnu en vertu de quel processus il se transforment de façon à constituer les tissus des differen!parties du corps. On sait même que leurs éléments fondamentau sortent du corps, par diverses voies, dans {a même proportio: - qu’ils y sont entrés, en partie non modifiés, en partie sous d’autres formes ou combinaisons. Pas un seul atome ne se perd ains ou ne se transforme en un autre. La digestion est un acte pure ment chimique. On peut en dire autant de l’action des mnédica ments : là où des forces mécaniques ne sont pas en jeu en m&mtemps, elle est aussi purement chimique. Tous les médicaments insolubtes dans les liquides de l'organisme animal, et par consequent inaccessibles à l’action chimique, doivent être considéré: comme-complètement inefficaces.

ll en est des processus physiques, dans l'intérieur du COrpS vivant, comme des processus chimiques. Le mouvement du san; eat de nature aussi mécanique qu'il est possible de l’imaginer, et l'appareil qui le produit ressemble de tous points aux machines construites par la main de l’homme. Le cœur est pourvu de valvules et de soupapes comme une machine à vapeur, et le jeu de ces valvules fait naître un son parfaitement distinct. L'air, en s précipitant dans les poumons, produit par son frottement contre les parois des bronches ce qu’on appelle le murmure respiratoire. Son entrée et sa sortie sont dues à des forces purement physiques. Le mouvement du sang qui remonte des parties inférieures au cœur, en luttant oontre l’action de la pesanteur, ne peut s’eflectuer qu'en’vertu d’une disposition purement méçanique. C'est mécaniquement aussi que l’intestin évacue son contenu à l'aide des mouvements vermiculaires : mécaniques également sont toutes les actions musculaires et les mouvements de locomotion | chez l'homme et les animaux. Le conformation de l'œil repose

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