IMMORTALITÉ DE LA FORGE
Aussi peu susceptible d’être créée, aussi indestructible, aussi impérissable et immortelle que la matière, est la force qui lui est unie. Inherente, en quantité infinie, à la masse infinie de la substance, elle parcourt avec elle, et dans l’union la plus inume, un cercle sans interruption et sans fin, et se dégage d’une forme ou d’une combinaison quelconque dans la même proportion qu'elle y était entrée. De même que c’est un fait acquis que la matière ne peut être ni créée ni anéantie, mais seulement transformée, de même c'est une vérilé expérimentale absolue que, dans aucun cas, une force ne peut être produite de rien ni rentrer dans le néant ; en d’autres termes, qu'elle ne peut ni naître ni disparattre. Dans fous les cas où des forces se manifestent, on peut remonter à leur source; on peut reconnaître de quelles activités différentes une quantité donnée de force a pu se dégager, soit directement, soit par transformation. Et ces transformations ne sont pas arbitraires ; elles ont pour coseflicient un équivalent numérique déter- miné, de sorte qu’il ne se perd pas la moindre quantité de force, de même que dans les iransformations de la matière, il ne se perd pas la moindre quantité de cette dernière.
Si l'immortalité ou la conservation de la matière est un fait établi et connu depuis plus d’un siècle, il n’en va pas de même de l’immortalité ou de la conservation de la force, qui, en dépit de san extrême simplicité, n'a atlıre l'attention des savanis que depuis une soixantaine d’années — et non pas sans que la vérité nouvellement proclamée n'ait eu à lutter contre des résistances presque insurmonlables pour se faire accepter. Nous disons qu'elle est évidente par elle-même, parce qu'en premier lieu elle résulte d'emblée de la simple considération des rapports entre la cause et l’eflet, et parce qu'il suffirait d’un seul cas dans lequel le principe de la conservation de la force serait lésé, pour amener la disparition définitive du mouvement dans l’univers ; en second