‹ Force et matièreChapitre 7 sur 66 · IMMORTYALITÉ DR LA PORC | CA · texte numérisé non relu

IMMORTYALITÉ DR LA PORC | CA

lieu, parce que la loi de l'indestructibilité de la matièse suppose nécessairement celle de l’indestructibilité de la force. Lorsque Lavoisier, en 1714, eut découvert la nature du phénomène de la combustion et substitué l'oxygène au phlogistique ou matière ignée, l’immortalité de la matière et l’éternité ou l’indestructibikté de l’atome se dégagèrent simplement des résultats fournis par la balance. Si l’on avait eu à cette époque les mêmes idées qu’aujourd’hui sur les rapports de la force et de la matière, l’éternité de la force s’en serait également dégagée comme une conséquence nécessaire. Car les forces représentant, au point de vue le plus général, les propriétés de la matière en vertu desquelles se produit le mouvement et le changement, il va de soi que la masse totale de ces forces existant dans la nature, à l'état latent ou actif,

doit rester la même, en d’autres termes, ne peut être ni augmentée ni diminuée, Mais comme les savants sont gens möflants et n’admettent que ce qui se démontre par l'expérience ou le calcul, et comme il est beaucoup plus difficile de mesurer les forces que dé peser la matière — la circulation des forces, analogue ou correspondant à la cireulation de la matière resta ignorée jusqu’à l’année 1837, où F. Mohr la signala clairement pour la première fois dans son mémoire sur la nature de la chaleur (1). Puis vint, en 1842, R. Mayer qui calcula le premier l'équivalent mécanique de la chaleur, et ensuite l'Anglais Joule (1843-49) qui, sans rien connaître des travaux de ses prédécesseurs, avait poursuivi, pendant des années, des recherches sur les rapports de la chaleur et du travail, ou de la chaleur et du mouvement, recherches qui lui servirent à édifier sur des bases inébranlables la théorie de la transformation des forces. Mais c’est seulement de 1850 à 1860,

et longtemps après la publication de la première édition de cet ouvrage, que cette théorie fut reconnue et démontrée pour les autres forces ; aujourd'hui, elle est si bien établie qu'elle est devenue, comme dit F. Mohr, l'étoile polaire sur laquelle les sevants règlent leur marche.

D’après cette doctrine, il n’y a pas de mouvement dans la nature qui puisse provenir de rien ou étre anéanti ; de même que, dans le monde matériel, nulle forme individuelle ne peut entrer dans la réalité de l’existence, qu’en puisant dans le fonds infini de la matière, éternellement semblable à lui-même, — ainsi tout

(1) F, Momn. Uber die Natur der Wärme,

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"mouvement tire le principe de son existence du fonds infini des forces, éternellement le même, et restitue tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, à la masse totale la quantité de force qu'il lui a empruntée. Une manifesiation du mouvement peut bien devenir latente, c’est à dire subir une éclipse apparente et momentanée, mais elle n’est pas perdue pour cela ; elle a revêtu seulement des modalités différentes au point de vue de la quantité, mais équivalentes au point de vue de la qualité, modalités dont elle se dégagera d’une façon quelconque. Mais si elle apparait modifiée en se dégageant ainsi, elle n'a fait cependant que changer de forme. Car, si la force peut revêtir dans l'univers des aspects bien divers, elle demeure toujours la même au fond. Ces différentes forces peuvent se transformer les unes dans les autres, sans pourtant subir de pertes, comme on l’a déjà dit, et d’après la loi de équivalence, de sorte que la somme de force ne peut ni augmenter ni diminuer : seules les sommes de ses formes partieulieres sont susceptibles de changement.

« Le quanium de force existant reste invariable, — dit l'auteur d’un essai sur la loi de la conservation de la force dans le journal de Westermann « Unsere Tage». Nous pouvons en modifier les effets à notre ré, mais seulement 'au point de vue de la qualité;

. la quantité n ‘en peut, en aucune façon, être augmentée ni diminuée ».

La physique — la science qui traite de la force, de ses changements et de ses métamorphoses — nous fait connaître sept ou huit forces différentes, qui, inhérentes aux substances dont elles ne peuvent être séparées, « forment et constituent le monde ». Ce sont la pesanteur ou attraction générale ou encore force mecanique, la chaleur, la lumière, l’électricité, le magnétisme, l'afinité chimique, la cohésion ou attraction moléculaire, la force moléculaire ; — la pesanteur, la cohésion et l’affinité étant aus: considérées comme des forces au repos ou de tension, les autres comme des forces actives, comme du mouvement atomique ou moléculaire. À peu d’exceptions près, ces forces peuvent se transformer les unes dans les autres et de telle façon que, dans ce processus. rien ne se perd ; celle qui naît est équivalente à cell: qui disparaît et peut, comme force autonome, produire des effet: nouveaux. Dans l’espace universel, d'où se répand sur nous le courant intarissable des forces, celles-ci sont unies aux corps célestes principalement sous forme de lumière et de chaleur dans

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