IMMONYALIYÉ DE LA FORCE
que le mouvement total a passé à l’état de chaleur. Si deux corps célestes se précipitaient l’un contre l’autre — éventualité qui s’est souven\ produite sans aueun doute et se reproduira encore, — il se développerait pat le choc une quantité de chaleur suffisante pour réduire la; masse entière de ces corps à leur état primitif, c'est à dire pour les résoudre en vapeur.
De même que le choc, la pression ou condensation dévelop de la force mécanique, comme on peut le constater à l'occasion du briquet à air ou pneumatique et dans les établissements pour la fabrication de la monnaie. Toutes les molécules des corps, en se rapprochant, mettent en liberté la chaleur, la force qui les séparait — d'où l'élévation de la température. La lumière et la chaleur existant dans l’espace proviennent vraisemblablement de cette soufce, d’autant mieux que la lumière et la chaleur du soleil et des étoiles constituent la forme la plus générale sous laquelle la force se manifeste. Toutes les forces observées sur notre globe, dans le monde organique ou inorganique, sont dérivées directement ou indirectement des rayons du soleil. L’esu qui coule, le vent qui souffle, le nuage qui passe, le roulement du tonnerre et le zigzag de l'éclair, la pluie qui tombe, la neige, la rosée, la gelée et la grêle, le développement de la plante, la chaleur animale et les mouvements des hommes et des animaux, la combustibilité du bois et de la houille etc., etc., — tout cela dépend du soleil. Par la combustion du bois ou de la houille, toute la chaleur solaire autrefois disparue et emmagasinee dans ces substances apparaît de nouveau. La force qui fait mouvoir la locomotive, est une patcelle de la chaleur solaire transformée en travail dans le mathine ; de même le travail qui crée la pensée dans le cerveau du penseur, ou qui forge des clous par le bras de louvrier. La force colossale mise an œuvre pour le percement du tunnel du Motit-Cenis ou pour celui du Saint-Gothard à travers les plus hautes montagnes, n’est rien autre chose que de la chaleur s0laire transformée en mouvement. « C’est la chaleur solaire, dit Liebig, qui nous sert à chauffer nos demeures, et la lumière à l’aide de laquelle nous nous éclairons la nuit, est de la lumière empruntée au soleil ». La lumière envoyée par les soleils aux globes qu'ils éclairent et qui ne s’en laissent pas traverser, ne s’6vanouit pas sur ces globes ; elle se transforme en chaleur, tandis que, inversement, la chaleur renforcée appar:it sous forme de lumière sur les corps chauflés, comme chaeun veut le cons
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tater aisément sur une barre de fer élevée à une certaine température.
Le magnétisme se manifeste dans la machine électro-magnétique à l’état de courant électrique, qui peut à son tour apparaître sous une foule d’autres formes.
La pesanteur qui se révèle directement comme force mécanique, peut ensuite en sortant de cette forme revètir toutes les autres. Nous pouvons constater sur n'importe quelle pendule, que la pesanteur ne se transforme pas seulement en mouvement, mais encore en chaleur, puisque les parties du mécanisme s’öchauflen!t par le frottement. |
Il est rare que dans ces processus une quantité de force donnée se change tout entière en une autre; une partie peut, ou s’en aller sous d’autres formes et passer inaperçue, ou échapper complètement à la transformation. Dans la machine à vapeur, par exemple, la plus grande partie de la chaleur développée échappe à la transformation en force mécanique ; elle s’en va telle quelle avec les vapeurs qui se dégagent ou avec de l’eau qui se condense, ou par le fait du refroidissement des parties constituantes de la machine. Il semble qu’une partie de la force mécanique se perde dans l'arme à feu, mais cette perte ne se manifeste qu’en ce qui regarde le but qu'on se propose; car le reste de la force a servi à echauffer le canon et à produire le bruit de l'explosion. De même, dans la machine électrique, une portion de la force se perd, sous forme de chaleur, dans le plateau, les pièces de frottement, etc. Au suvpius, « se perd » estune mauvaise expression ; car dans ce cas et dans tous les autres du même genre, il n’y a pas la moindre parcelle de force perdue pour l’univers, et la perte n’est relative qu’au but qu'on se propose ; le contraire n'apparaît ainsi qu'aux - yeux de l’observateur superficiel. En réalité, la force produite n’a fait que revêtir diverses formes, sous lesquelles on doit retrouver son équivalent.
En général, toutes les formes de force et de mouvement peuvent être changées en chaleur, entièrement et sans résidu : par contre, la chaleur ne peut être transformée que partiellement. Les exemples à l'aide desquels on peut démontrer ces propositions, sont innombrables dans la nature ; ils se résument tous dans ce principe : la force ne peut étre ni créée ni détruite — principe d’où se déduit l’immortalité de la force, l'impossibilité pour elle d’avoir un commencement ou une fin. La conséquence de cette