PRÉPARATION A LA DEUXIÈME SEMAINE
Voici le besoin d'ôtre humble suffisamment constaté : l'orgueil nous presse lors même qu'il se sent dominé. C'est un ennemi de la vie entière.
Ce vice dans les fondements de la vertu, la fausse et la maintient précaire ; il altère profondément les principes de la vie spirituelle, Bt rend ses actes sans mérite; il attire le châtiment et prépare la ruine.
Il faut donc se faire humble.
Cette nécessité, si bien établie qu'elle soit, ne manifeste pourtant pas la raison d'être de l'humilité (ses motifs intrinsèques); mais elle prouve déjà que cette raison d'être existe. En effet, tout désordre accuse un mal, Dieu ayant mis le bien, comme la santé, dans l'équilibre.
L'humilité ne résulterait-elle donc pas de la nature même des choses; et alors être humble ne serait-ce pas simplement être vrai? C'est ce que nous allons reconnaître dans les méditations qui suivent ;
l® Les quatre premières établissent la condition de tout homme en tant qu'être créé, en tant qu'être déchu, en tant qu'être transformé par la grâce.
En cela rien de personnel, et l'humilité qui en résulte, doit être celle de chacun, du plus parfait comme du plus misérable.
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C'est l'humilité devant Dieu, humilité facile, ce semble puisqu'elle n'exige qu'un acte de bon sens ; humilité pourtant très puissante, car c'est celle qui fait les saints.
Pourquoi n'en fait-elle pas un plus grand nombre? Faut-il s'en prendre à la faiblesse humaine? Elle y a déjà sa grande part : « Je vois le mieux et je poursuis le pire » ; mais il est juste d'en accuser aussi le mangue de conviction. Ces vérités traditionnelles ne retiennent pas l'attention, elles sont si connues! Et puis, même envisagées plus sérieusement, elles n'atteignent pas cette région de nous-mêmes qui ressent les fortes impressions, car les vérités abstraites ont peu de prise sur la plupart des hommes.
Les méditations précédentes, au contraire, pouvaient nous saisir, car elles relèvent de l'observation : nos tendances sont des faits moraux, presque aussi tangibles que des faits matériels ; or, les faits ont le privilège de nous fixer et de nous convaincre.
Privés de cette ressource, «n face des vérités nouvelles que nous allons méditer, nous devons nous bien prémunir contre la funeste habitude de regarder comme moins certain ce qui n'est point sensible, et de laisser quelque doute flotter vaguement sur des révélations qui étonnent. Nous ressemblons toujours un peu à ces gens ignorants qui haus^nt les épaules quand un savant leur expose tout ce que renferme, par exemple, une goutte d'eau. Ils ne savent pas qu'au fond des chosef 86 cache un monde inconnu.