HUMILITÉ, INFLUENCE GENERALE
teindre, de plus délicieuses approbations à conquérir: cet essor sublime les éloignera plus encore de tout orgueil. Oh ! l'admirable éducation à tenter! Toutes les vérités religieuses, tous les sentiments pieux, toutes les grâces d'en haut prêteront ensemble leur concours à cette œuvre qui couronnera l'humilité. Plus belle, cette vertu ravira le cœur de Dieu; plus pénétrante, elle donnera au nôtre une paix divine, peut-être même des joies inconnues.
Qu'apparaisse maintenant Jésus Homme-Dieu, mon sauveur, mon ami, mon frère, ma vie; qu'il me baigne de lumière par ses exemples; qu'il m'élève à Lui par la puissance de ses attraits, et me voilà vivant de sa vie de Dieu Incarné, qui est, essentiellement et dans tous ses actes, une vie d'humilité : espace sans borne ouvert à mes légitimes prétentions; route aérienne qui demande des ailes, les ailes de l'amour. Nous la parcourrons avec la plus parfaite des créatures, avec Marie, transformée, elle .surtout, par Jésus humble.
0 saintes clartés, ô chaudes affections, ô grâces pénétrantes d'en haut, je vous désire et vous appelle ! Envahissez mon âme qui s'ouvre à votre action. Je ne suis pas humble, et l'atmosphère du monde est saturée d'orgueil. 0 sainte humilité, peut-être, jusqu'ici, ne vous ai-je connue que de nom I
0 Marie, enseignez-moi l'humilité de Jésus : elle contient, je le pressens, des douceurs cachées ! Oh ! faites que je les goûte ! Alors j'aimerai enfm ihuinilité, je dis mieux, l'humiliation.
Première semaine
Invitation divine à THumilité a Sicut parvuli »
Premier point : L'orgueil tendance innée et funeste. — Deuxièmt point : L'humilité vertu réformatrice. — Troisième point : L'humilité source de faveurs célestes.
Préparation pour la veille, — Avant d'aborder la série un peu aride de méditations, où le raisonnement posera les bases de Thumilité, laissons descendre sur notre sensibilité une vision plus douce de cette vertu. Le divin Maître nous la présente sous les traits d'un petit enfant tout candide. Ce n'est encore qu'une esquisse, mais cette esquisse donne admirablement la physionomie de l'âme humble : au dehors nulle recherche, au dedans nulle prétention; c'est la belle simplicité des vues et de l'attitude. Cette simplicité native est, chez l'enfant, sans mérite comme sans durée. Ce qu'il tient, lui, d'une heureuse ignorance, doit venir chez nous de l'efifort.
L'enfant semble encore garder un reflet de rinnocence primitive. Ce reflet pur, cette image
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apparue, reste l'idéal à poursuivre. Ailleurs un idéal plus complet, plus haut et millt fois plus aimable encore, nous sera proposé : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » ; alors rimage de l'humilité s'achèvera en nous par la fidèle copie du chef-d'œuvre.
Faites-vous dès maintenant un cœur désireux et docile : ce que Jésus enseigne est nécessairement vrai ; ce qu'il demande est nécessairement bon.
0 Jésus, demain, montrez-moi, comme aux apôtres, ce cher petit enfant qui doit être mon modèle et laissez-moi déjà vous entrevoir vousmême sous ses traits 1
Méditation p^
« Lorsqu'ils furent dans la maison, Jésus leur dit : Que discutiez-vou^ en chemin? Et ils se taisaient ^ parce qu'en chemin ils avaient discuté lequel d'entre eux était le plus grand... Et s' étant assis, il appelle un petit enfant, le place au milieu d'eux et dit : En véritéy en vérité, si vous ne changez, et si vous ne devenez comme de petits enfants, sicutparvuli, vous n'entrerez pas dans le royaume de Dieu. Et quiconque reçoit en mon nom, un petit enfant semblable, me reçoit... Celui qui se fait le plus petit entre vous, est le plus grand... Jésus embrasse le petit enfant et le laisse aller. »
Premier prélude. — Voyons le chemin qui s'étend 4u Thabor h Capharnaùm. Le Sauveur marche |9
premier ; les Apôtres le suivent. Voyons leurs visages animés par la discussion; entendons leurs prétentions accueillies par des exclamations, les arguments douteux qui s'entre-croisent. — Le long du chemin de la vie, l'orgueil ainsi occupe et agite les hommes. — Entrons à la suite de Jésus dans la maison hospitalière. Remarquons le cercle des douze q^ii l'entourent; et, à distance, le petit enfant qui les regarde de son air naïf et curieux.
Deuxième prélude. — Demandons la grâce de comprendre cette importante leçon d'humilité ; d'en recueillir les moindres mots comme s'ils sortaient à cette heure, et pour nous seuls, de la bouche du divin Maître.
I. L'orgueil tendance innée et funeste. — Considérons la violence de cette tendance et ses conséquences immédiates. — Elle se trouve chez des hommes de basse condition et d'habitudes simples. — Elle subsiste en des âmes formées directement par le Sauveur. — Dieu la laisse à des Apôtres destinés à la plus haute vertu. — Qui donc ne la porte pas au fond de soi-même 1
Voyons ses conséquences. — Elle provoque entre les Apôtres des discussions blessantes. — Elle occupe et remplit entièrement leur esprit. — Elle les rend indifférents à la société de leur Maître... Ohl s'éloigner de 4ésusl Se priver de sa conversation! Fuir ses regards 1 et pour quels avantages!... L'orgueil ne produit-il pas chez nous de semblables effets : dissentiments, troubles, affaiblissement de la piété ?
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II. L'humilité vertu réformatrice. — Pesons bien chacune des paroles du Sauveur : « Nisi conversi (ueritis, si vous ne changez. » Donc, je ne puis rester ce que je suis par nature, par inclination, par habitude peut-être. Il faut être autre : il faut d'orgueilleux devenir humble.
Et c'est une condition expresse, nécessaire, absolue : Nisi. Sans cela, point de place au royaume du ciel.
« Et efficiamini » : Se refaire, quelles que soient les difficultés et les répugnances. — Le temps et la patience y seront nécessaires : on ne se refait pas en un jour.
« Sicut parvulî..)) Voilà le mot essentiel. Le petit enfant est mon modèle. Il faut d'abord que je m'abaisse, que je me fasse petit, que je me croie petit; il faut ensuite que j'agisse d'après cette opinion. Donc, pas de hauteur et de dédain, pas d'ambition et de recherche des préséances, pas de préoccupations et de troubles d'amour-propre. Gomme le petit enfant, je dois être simple, confiant, docile, bon, sans prétention et sans affectation; enfin, suivant le mot du Sauveur, je ne dois pas me faire petit, mais tout petit : Sicut parvuli.
Oh! quelle parole de tendresse, aussi bien que d'abaissement!
(( Non intrabitis in regnum oœlorum. Vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. »
Méditons les divers sens de cette expression. Le royaume de Dieu, c'est la paix de l'âme, et je la veux; — c'est la perfection, et j'y tends; — c'est Vétemel bonheur, et j'y aspire. M'assurer ces biens, telle est la mission de l'humilité.
0 Jésus! si je consens à me faire tout petit j'entrerai dans ces belles destinées...
III. L'humilité, source des faveurs célestes. — 1° Principe de grandeur. « Statuit eum in medio eorum. » Jésus pose le petit enfant en évidence au milieu des Apôtres, à la place d'honneur ; et il traduit aussitôt cet acte par ces paroles : « Celui qui lui ressemblera sera le plus grand au ciel; erit major. » Si la justice dernière doit lui assurer ce rang, c'est qu'il le mérite dès ici-bas : il l'occupe donc aux yeux de Dieu. Ohl que nos jugements nous trompent. Oh! comme les rangs subiraient d'étranges changements, si la lumière de vérité perçait nos ténèbres!
2** Humilité, principe de consolation. — « Quem cum complexus esset » : Jésus embrasse ce petit enfant. — Bonheur de ce doux privilégié, objetdes caresses divines 1... Heureuse petitesse, vers qui la grandeur s'incline avec amour!... Si cet enfant n'eût pas été tout petit Jésus ne l'eût pas embrassé...
Je me plains de mes délaissements intimes; je connais à peine le goût de la consolation; Jésus ne m'entoure pas de ses bras, ne me presse pas sur son cœur. Pourquoi ? Pourquoi 1 Serait-il moins bon ou serais-je trop grand ?... Oui, peut-être, par mes prétentions. Ohl je choisis d'être petit et d'être aimé... Toutes les satisfactions de l'amour-propre ne valent pas ensemble une caresse de Jésus.
3° Humilité, principe de succès. — « Qui susceperit talem in nomine meo me suscipit. »
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Jésus accrédite auprès de tous les hommes celui qui ressemblera à ce petit enfant. Il déclare que le recevoir, c'est le recevoir lui-même. — Qui donc ne s'empresserait d'ouvrir à Jésus sa demeure, ses bras, son cœur? — Je serai ce privilégié, si je me fais petit.
Dieu, comme pour rendre sa recommandation facile, attache à l'humilité le don de plaire. Celui en qui elle brille semble apporter la sécurité et la dilatation. On sent à je ne sais quel signe que cet humble ne saurait mépriser ou blesser. Qu'il parle ou qu'il écoute, c'est le même effacement, le même désir de laisser les autres paraître. Ce qu'il demande, on l'accorde spontanément : rien en lui ne provoque ces répulsions instinctives que soulève l'orgueil. — Est-ce un rayonnement de l'âme?... Est-ce un privilège de grâce?... Est-ce une fugitive apparition de Jésus?... Qui receperit talem me recipit,,. Ohl que je voudrais me faire petit!
Résolution. — Etre un petit enfuit pour que Jésus m'aime.