‹ Formation et évolution des éléments du tissu élastiqueChapitre 7 sur 16 · LS · texte numérisé non relu

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Le stade le plus jeune des carlilages réticulés que nous ayons rencontré est celui représenté dans la figure 28, qui concerne l'oreille d’un fœtus de mouton long de 13 centimètres, fixé par le liquide de Muller. Avec l’hématoxyline et l'éosine, on voyait un grand nombre de noyaux colorés en violet, plongés dans une substance amorphe, teintée en rose; un examen superficiel aurait pu faire croire à des cellules embryonnaires plongées dans une substance fondamentale, mais on pouvait distinguer très nettement, dans certains endroits seulement, les limites polygonales des cellules. Nous trouvons done là ce que Ed. Retterer a décrit (1896), dans l’évolution du tissu conjonctif des bourses muqueuses, sous le nom de tissu primordial. Et, comme lui, nous pouvons dire, en substituant l'expression cartilage réticulé à celle de tissu conjonctif : « Les cellules arrondies ou ovalaires du cartilage réticulé au premier stade de son développement ne sont pas réunies par une substance intercellulaire (substance amorphe ou fondamentale des auteurs); elles sont intimement accolées et se confondent par leur périphérie. »

Dans l'épiglotte, le premier stade de développement le plus jeune que nous ayons rencontré se présente sous l'aspect de noyaux arrondis plongés dans un reticulum protoplasmique (fig. 29). Avec des préparations montées dans la glycérine et colorées par la fuchsine ou par le carmin de Grenacher associé à l'éosine, on voit dans l'intérieur du protoplasma des granulations plus grosses, des sortes de petits grains colorés énergiquement et, de place en place, on peut distinguer de fines fibrilles. On ne trouve aucune trace de cartilagéine à ce stade; les mailles du réseau sont remplies par un fin granulé protoplasmique qui se confond insensiblement avec les trainées plus épaisses de protoplasma. Si on monte ces préparations dans le baume de Canada, les manipulations qu'on leur fera subir, pour les déshydrater, modifieront tout à fait cette description et donneront l'aspect tout autre que nous retrouvons dans la figure 33; remarquons seulement ici que les grains chromatiques du protoplasma sont devenus beaucoup plus nets. [l nous semble logique de relier ces deux aspects l’un à l’autre; Pactivité des cellules embryonnaires s’est manifestée tout d'abord par la présence de granulations dans le protoplasma; puis les limites cellulaires ont disparu entièrement et une sorte de liquéfaction protoplasmique s’est produite à certains endroits; il en est résulté un grand nombre de petites vacuoles qui se sont agrandies peu à peu

et ont déterminé la formation du réticule que nous avons à cet âge.

Dans un stade plus avancé (fig. 30 et 34), on voit de nombreuses fibrilles apparaître dans l’intérieur des prolongements et transformer peu à peu le reticulum protoplasmique en une sorte de réseau fibrillaire. Les cellules sont encore réunies, probablement pendant longtemps, par les fibrilles auxquelles elles ont donné naissance et qui présentent bientôt, sur leur trajet, un grand nombre de grains de nature élastique. Ces anastomoses entre les cellules cartilagineuses ont êté signalées depuis longtemps; entr'autres par O. Hertwig (1873-1874), L. Gerlach (1878), S. Pansini (1891), et A. Spuller (1895).

Bientôt la cartilagéine se forme et écarte de plus en plus les cellules les unes des autres. Le protoplasma qui reste autour du noyau et constitue le corps cellulaire proprement dit forme alors directement de la substance élastique sous forme de grains semblables qui tombent (par l'effet des réactifs) dans l'intérieur de la capsule cartilagineuse (fig. 30, e et fig. 38, b). Dans les endroits où la cartilagéine se produit avec une grande abondance, les cellules sont très écartées les unes des autres et ne présentent plus que de rares points de contact avec les fibrilles.

Le picro-carmin montre certaines de ces cellules colorées en rose et d’autres en jaune; ces dernières ont leur noyau atrophié, et ne sont plus même représentées en général que par des amas irréguliers de protoplasma plus ou moins modifié (fig. 35 4).

Ïl se passe là en somme des phénomènes semblables à ceux que nous avons constatés dans les ligaments élastiques. Des fragments de protoplasma se détachent du corps cellulaire par suite des phénomènes chimiques internes ou par suite de l’arrivée de la cartilagéine; des cellules entières se désagrégent et se transforment en une nouvelle substance, qui est l'élastine. De même les prolongements fibrillaires, réunissant les cellules entre elles, subissent des transformations chimiques qui amènent leur désagrégation sous forme de nombreux grains élastiques très fins.

Les premières fibres élastiques se sont formées ainsi, soit directement, soit par l’accolement de grains placés les uns au bout des autres en séries linéaires, mais leur accroissement ultérieur ne pouvant plus se faire facilement par suite de l'isolement de la cellule, il en résulte que les fibres élastiques que l'on trouve dans la plupart des cartilages réticulés restent toujours très petites. Les

G, Lorsec. — Éléments du tissu élastique. 3

tar

cellules continuent bien pendant un certain temps à former des grains d'élastine, mais ceux-ci, ne pouvant progresser à travers la cartilagéine, restent à l'intérieur des capsules de cartilage (fig. 30 et 38). Ceci explique certains aspects figurés par Ranvier et sur la signification desquels l’éminent histologiste n’a pu se prononcer. Dans la figure 159 de son Traité technique d’histologie (2° édit., 1889) que nous reproduisons ici (fig. V), on remarque que les grains élastiques sont exclusivement situés dans la partie de la substance cartilagineuse qui forme la capsule des cellules; en dedans de cette capsule, directement à la surface de la cellule, se voient d’autres grains un peu plus gros (g). « Il est difficile de

Fig. V.— Portion du cartilage aryténoïde du chien, d’après Ranvier (fragment). — Figure réduite du quart.

savoir, écrit Ranvier, quelle relation il y a entre les grains formés à l’intérieur de la capsule et ceux qui se développent à son pourtour. » Pour nous, ce ne peut être qu’un produit direct de l’activité cellulaire, idée qui se trouve confirmée pleinement par la présence de ces mêmes grains au sein même du protoplasma. Ranvier ne parle pas de ces derniers, et cependant il représente, dans la même figure, quelque chose qui y ressemble beaucoup. La coupe dessinée a été traitée par l'acide osmique à 1 pour 300; on y voit donc des granulations colorées en noir (r), mais à côté, dans l’intérieur de plusieurs cellules, le dessinateur a figuré d’autres granulations sans les teinter. Nous nous sommes demandé si ce ne seraient pas là des grains élastiques et, pour le savoir, nous avons refait les préparations de Ranvier, en les complétant par la fixation du liquide de Müller.

Dans la figure 39, planche VI, dessinée à la chambre claire, nous trouvons réunis différents aspects qu'il est nécessaire de comparer pour se rendre un compte exact de la structure du cartilage aryténoide.

En b, la coupe a passé par la partie tout inférieure d’une capsule, enlevant une véritable calotte de sphère dont on voit la face interne couverte d'un grand nombre de grains élastiques; ce sont ces grains que l’on retrouve formant une couronne à la face interne de la capsule. En 4, la coupe a rencontré une cellule logée dans une capsule en voie de formation; par l’action des réactifs la cellule s’est retractée et à entraîné avec elle des grains élastiques qui sont restés accolés à sa surface; quelques-uns sont manifestement dans l’intérieur du protoplasma. On remarque, en même temps, que, là où se serait formée une capsule, se trouvent des grains et des fibrilles; enfin en e, on voil une capsule en voie de formation qui est traversée par des fibrilles minces ou même par des fibres à double contour; ces éléments unissaient évidemment le corps cellulaire à la substance péricapsulaire. Cette dernière se montre bourrée de fines granulations élastiques qui se disposent souvent en séries linéaires, c, et se fusionnent en fibres, comme l’a très bien vu Ranvier. A un très fort grossissement, on voit, dans les parties ou les grains sont clairsemés, un fin reticulum sur les mailles duquel sont fixés ces grains, d. Ge reticulum, qui reste pendant longtemps en continuation directe avec les cellules ne se voit bien qu'avec les préparations fixés par le liquide de Muller et montées dans un liquide aqueux.

Dans les cartilages réticulés, dans l’épiglotte du cheval et du mouton, tout au moins, cette formation granuleuse prend un grand développement et acquiert une importance tout autre que dans les ligaments élastiques. C’est pourquoi la présence de grains élastiques est connue depuis longtemps dans les cartilages réticulés, alors que nous croyons être le premier à en montrer toute l'importance dans les ligaments élastiques. Nous verrons, dans la partie historique de ce mémoire, que, si tous les auteurs qui parlent de ces grains admettent une relation directe entre leur présence et la formation des fibres, pour les uns ces grains sont secrétés par le corps des cellules (Deutschman, Gerlach, Soudakevitsch, A. Spuller), alors que pour d’autres, ils apparaîtraient dans l'intérieur de la cartilagéine et seraient une tranformation de celle-ci (Ranvier, Stohr, J. Heller).

Ces derniers ont raison, en effet, lorsqu'ils disent trouver des grains en grand nombre dans la substance fondamentale du cartilage et à un éloignement assez considérable de toute cellule; mais de ce qu'à un certain moment deux éléments sont écartés l’un de

l’autre, est-on en droit d'affirmer qu'ils n’ont jamais présenté auparavant des relations de continuité? L'erreur de ces auteurs peut du reste s'expliquer très facilement parce qu'ils n’ont pas vu le réseau protoplasmique d’abord granuleux, puis fibrillaire, qui réunit primitivement les cellules de cartilage entre elles (fig. 29 et 30) et parce qu'ils n’ont pas compris la signification des débris protoplasmiques qu'on rencontre en dehors des cellules.

La présence des grains dans l'intérieur même du corps cellulaire est parfois si évidente (fig. 42, 43, 87, 30) qu'on ne peut admettre que ces aspects aient toujours passé inapercus. Quelques histologistes les ont vus en effet, mais ils ont répondu en disant qu’on avait affaire à des granulations graisseuses si difficiles à chasser du tissu cartilagineux, même par la potasse et l’éther (Rabl-Ruckhard, 1863; J. Heller, 1892). Ce dernier point est très vrai, aussi avons-nous parfois laissé baigner nos coupes dans de la benzine pendant vingtquatre heures et, par la comparaison avec des dessins faits, à la chambre claire, de l’état antérieur, nous pouvions nous rendre compte des granulations qui avaient disparu. Du reste, les colorants du tissu élastique, sauf l’acide osmique et le bleu de quinoléine, ne teintent pour ainsi dire pas les globules de graisse.

On a dit aussi (Rabl-Ruckhard, 1863) que ces aspects étaient dus à des stades de ramollissement du cartilage; les grains seraient de la graisse, des cristaux ou des concrétions calcaires. Or il est toujours très facile de reconnaitre ces points de ramollissement qui peuvent exister en effet dans certains cartilages réticulés, car l’action des colorants et des réactifs est toute différente dans les deux cas.

En expliquant pourquoi quelques auteurs ont pu conclure à la formation extra-cellulaire des grains élastiques, nous n'avons donc fait, ici, que confirmer l'opinion contraire qui en fait une excrétion ou une transformation protoplasmique.

Certaines cellules semblent bien excréter seulement à la périphérie la substance qui forme ces grains; la figure 40 est très intéressante à ce point de vue. Elle appartient à l’épiglotte d’un mouton adulte fixée par l'alcool absolu et colorée par le picrocarmin; elle représente deux cellules dont le protoplasma fortement retracté (a) a laissé exsuder un grand nombre de gouttelettes incolores de graisse réunies parfois en vésicules (b). Tout autour, formant une épaisse enveloppe à ces cellules, se voit une

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substance amorphe, colorée en jaune, granuleuse sur les bords et qui n’est autre que du tissu élastique; des grains de même nature se voient en dedans de cette sorte de capsule d, occupant une place où devait se trouver le corps cellulaire avant qu'il n’eût subi l'action de l'alcool absolu. Enfin, entre les deux cellules, existe une ligne continue de fines granulations élastiques, e, qui nous fait assister à la manière dont se forment les cloisons de séparation des cellules entre elles.

D’autres fois, les grains élastiques se disposent en séries linéaires, et, au lieu de former des plaques plus ou moins étendues, se fusionnent de manière à constituer des fibres (fig. 32 et 41) comme l'ont déjà figuré quelques auteurs.

Nous avons dit qu'à partir d'un certain âge le picro-carmin décèle la présence de deux sortes d'éléments cellulaires dans l’épiglotte; les uns, fixant exclusivement le carmin, se colorent en rouge; les autres, fixant plus particulièrement l'acide picrique, acquièrent une coloration jaune plus ou moins vive. Ces dernières cellules, qui sont comparables aux élastoblastes du ligament cervical, ont des contours beaucoup plus irréguliers que les premières ; elles sont remplies de granulations réfringentes ou bien hérissées de petits bâtonnets élastiques (fig. 36, a). Ce sont là les mêmes éléments que L. Gerlach (1878) a rencontrés dans certaines parties du cartilage aryténoïde et qu'il désigne sous le nom de Faserkugeln. Is semblent devoir se désagréger par la suite, b, et servir ainsi à l'accroissement des fibres élastiques déjà formées.

En résumé, dans l'étude que nous avons faite des cartilages réticulés, nous avons trouvé la confirmation des vues que nous avons énoncées, en premier lieu, sur la genèse des fibres élastiques dans les ligaments. Nous avons vu que la différenciation histologique du cartilage élastique commençait par une production de fibrilles faite aux dépens des corps cellulaires; nous avons vu ces fibrilles relier pendant longtemps les cellules entre elles, au travers de la cartilagéine, puis subir des modifications chimiques qui les transformaient en éléments élastiques. Nous avons montré enfin que la présence de ces prolongements protoplasmiques expliquaient pourquoi on trouve des fibres et des grains élastiques loin des cellules et sans aucun rapport direct avec elles. Les histologistes qui n'ont pas vu ces prolongements ont donc pu croire à une formation extra-cellulaire des éléments élastiques.

SUR L'ORIGINE DES SUBSTANCES DITES FONDAMENTALES ET SUR CERTAINS PHÉNOMÈNES DE SÉCRÉTION.

L'étude que nous avons faite des premiers âges des organes élastiques, outre qu'elle nous a permis d’élucider le mode de formation des fibres élastiques, nous fournit encore quelques données sur une question beaucoup plus générale et tout aussi obscure, l'origine des substances fondamentales ou intercellulaires.

Pendant longtemps on put croire que ces substances provenaient de matériaux apportés par les vaisseaux sanguins ou lymphatiques et déposés directement entre les cellules. Mais on s’apercut bientôt que l’absence de vaisseaux dans les tissus cartilagineux et élastique jeunes, par exemple, allait à l'encontre de cette hypothèse. On fut donc forcé d'admettre une participation quelconque de la part des cellules, mais on ne voulut y voir, et c’est encore l’opinion classique, qu'une action indirecte : on constate l'apparition d’une substance amorphe qui semble écarter les cellules les unes des autres et on parle d’une sorte de force directrice, où même créatrice, partant de ces cellules et allant s'exercer à distance, dans l'intérieur de cette substance, pour lui permettre de s’organiser. D’autres anatomistes, enfin, ressuscitant en partie la théorie des blastèmes, admettent une certaine vitalité propre aux substances intercellulaires et réduisent le rôle des cellules à des actes. de nutrition.

Il nous semble que les résultats que nous avons obtenus en étudiant les premiers stades de développement du tissu élastique viennent apporter des faits précis à la place d'hypothèses gratuites.

La substance amorphe, qui apparaît en effet au début des forma-

de

tions élastiques, ne peut être considérée que comme une élaboration particulière du protoplasma apparaissant en différents endroits d’une couche plasmodiale. Cette substance amorphe ne s'organise pas en fibrilles, mais les cellules, dont les contours se sont délimités par suite de ces phénomènes, envoient des prolongements protoplasmiques qui se divisent peu à peu en un grand nombre de fibrilles. Dans une troisième période, le protoplasma périnucléaire s'isole de ses productions périphériques : c'est alors qu’on a l'aspect de fibrilles qui paraissent nées au sein d’une substance fondamentale.

Déjà en 1893 nous avions signalé, en étudiant le tissu conjonctif des Mollusques, des phénomènes absolument semblables à ces élaborations protoplasmiques se produisant au sein d’une couche plasmodiale.

« Les muscles des Gastéropodes, disions-nous, se composent de fibres en général fusiformes, souvent très longues, accolées intimement entre elles ou séparées par de fines granulations sur l’origine desquelles les auteurs ne disent rien, se contentant, comme Lebert, de les appeler substance intermédiaire granuleuse. » Or, en suivant l’évolution de ces muscles, nous avions pu nous convaincre que cette substance granuleuse, formant une sorte de connectif aux fibres musculaires, provenait de la fonte de corps cellulaires devenant vésiculeux à un certain moment de leur vie.

« Chez un Helir fructicum de 4 millim. 5, le muscle radulaire moyen ! se montre composé de fibres musculaires peu nombreuses relativement à l’état adulte et formées presque uniquement de substance granuleuse, les fibrilles n’'apparaissant que sous forme d’une mince bande latérale. Entre ces fibres, on voit un grand nombre de cellules à contour mal défini, formant des masses protoplasmiques fusiformes, contenant de gros noyaux sphériques (fig. VI). Un peu plus tard, ces cellules s’arrondissent, deviennent plus distinctes, sans qu'on puisse y reconnaître une membrane, mais on remarque que le protoplasma secrète à son intérieur un liquide encore peu abondant (fig. VIT).

Sur un animal de 6 millimètres, les fibres musculaires se sont multipliées énormément et la substance granuleuse est moins abon-

1. Voir G. Loisel. Sur l'appareil musculaire de la radula chez les Helix (Journ. d'Anat. et de Phys., 1892.)

rie

dante ; les grosses cellules ont disparu pour la plupart, ou du moins ne sont plus représentées que par des noyaux situés entre les fibres et accolées contre elles... chez l'adulte, les fibres musculaires sont très rapprochées les unes des autres, séparées parfois, mais rarement, par des noyaux entourés d’un peu de protoplasma finement granuleux qui semble fuser entre les fibres. » (1895, p- 503.)

Cette année même (1896) notre maître, Éd. Retterer, a publié un

Fig. VI. — Jeune Helix fructicun (diamèlre Fig. VII. — Jeune Aelir fructicum (diamètre

de la coquille, 4 mm. 5). — Portion du de la coquille, 4 mm. 5). Portion du muscle muscle radulaire moyen (grossissement, horizontal qui réunit les deux pièces de 840.) soutien (grossissement, 840).

Mémoire qui semble apporter une preuve décisive de l'origine cellulaire des substances fondamentales.

Les membres apparaissent chez l'embryon du lapin et du cobaye sous forme de masses conjonctives composées de noyaux serrés, plongés dans une substance transparente et homogène. Pour décider si cette substance est formée par la fusion de corps cellulaires ou si c’est, au contraire, une matière spéciale déposée entre des cellules à corps protoplasmique excessivement réduit, l'auteur recherche les points où les cellules présentent des phénomènes de karÿokinèse.

« Outre le noyau, qui présente la figure caractéristique de la division cellulaire, écrit Éd. Retterer, page 263, on voit apparaître

AR: Ve de fins filaments protoplasmiques qui se colorent plus énergiquement el qui s’orientent autour du noyau en formant un fuseau achromatique.

En portant spécialement son attention sur les stades terminaux de la division cellulaire (stade dyaster), on constate que la distance qui sépare les deux noyaux-filles est la même que celle qu’on observe entre les noyaux de deux cellules au repos. La seule différence consiste dans l’aspect du protoplasma des cellules au repos et de celui qui est groupé autour des deux noyaux-filles. Le protoplasma de la cellule quiescente est hyalin, tandis que le protoplasma de la cellule en division montre des filaments qui fixent énergiquement les matières colorantes et qui sont orientés autour des deux noyaux-filles.

« Ces modifications s'étendent jusqu’au milieu de l'intervalle compris entre le noyau qui est en division et les noyaux voisins qui sont au repos. Ce fait me semble suffisant pour conclure à l'absence d’une substance intercellulaire, puisqu'on ne peut admettre qu'en dehors du corps cellulaire même les matériaux vivants, quoique élaborés par le protoplasma, puissent participer aux modifications de la karyokinèse. »

Plus tard, dans le cours de l’évolution de ce tissu, Éd. Retterer constate, comme nous, la production de vacuoles résultant, dit-il, de la fonte de l'hyaloplasma.

La concordance de ces résultats obtenus en étudiant des animaux aussi éloignés les uns des autres que les Mollusques, les Sélaciens et les Vertébrés, nous permet, il nous semble, d'écrire celle première conclusion : 4° Certaines substances, dites fondamentales ou intercellulaires, sont formées directement par les cellules.

Nous voulons montrer, maintenant, comment peuvent s’accroitre ces substances, à partir du moment où les cellules s’isolent et perdent toute continuité apparente avec elles. L'étude que nous avons faite du développement des tissus élastiques nous permet en effet d'apporter à cette question une solution que des recherches ultérieures feront peut-être généraliser à toutes les substances fondamentales.

Ainsi que nous l’avons vu, à une certaine période de lévolution des organes élastiques, les prolongements des cellules deviennent moniliformes, puis s’effritent en une quantité plus ou moins grande de petites masses qui acquièrent peu à peu les

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caractères de la substance élastique. Ces phénomènes de dégénérescence, par le moyen desquels nous voyons la matière s'organiser en dehors des cellules, nous expliquent comment on a pu croire que les fibres élastiques se formaient en dehors du corps protoplasmique. Et cependant plusieurs histôlogistes, même parmi ceux-là qui nient une participation directe des cellules à la formation des fibres élastiques, ont très bien vu des faits analogues, sans en avoir tiré aucune conclusion.

En effet Schwalbe (1877) dit que les fibres élastiques du ligament nuchal du bœuf montrent à tout stade de développement des dépôts cellulaires à leur surface. Soudakevitsch (1882) trouve encore, dans le ligament cervical des fœtus de brebis longs de 31 centimètres et de vaches longs de 43 centimètres, etc., des fibres élastiques qui présentent sur leur trajet des masses plus ou moins considérables de protoplasma non encore modifié. Enfin, dans une Note de A. Soulié (1894) sur le développement des fibres élastiques dans le corps clignotant du cheval, nous trouvons ces phrases, qui pourraient s'appliquer exactement à ce que nous avons observé un grand nombre de fois : « … Le corps cellulaire a poussé des prolongements qui semblent s'effriter en granulations au sein de la substance amorphe, tandis que leur noyau diminue progressivement de volume... On observe toujours des cellules ratatinées et sur le point de disparaître; par places des amas de granulations semblent indiquer l'emplacement des cellules disparues. » Nous n’aurions certes pu mieux décrire les aspects que nous avons représentés dans les figures 11 et 15, et cependant l’auteur conclut à la formation des fibres élastiques sans aucun apport de la part des cellules.

Nous croyons devoir rapprocher ces phénomènes de désagrégation ou d’effritement cellulaires qui, pour nous, jouent un rôle capital dans les formations élastiques, des phénomènes auxquels Ranvier a donné le nom de clasmatose (1890) et que nous allons résumer.

Les membranes connectives minces des Vertébrés renferment de grandes cellules fusiformes ou arborisées dont les prolongements sont simples ou ramifiés, mais ne s’anastomosent jamais ni entre eux ni avec ceux des cellules voisines. Ges prolongements présentent des renflements granuleux séparés par des parties rétrécies qui peuvent disparaître tout à fait; de telle sorte, dit Ranvier, que des portions de la cellule se sont détachées de son

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