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corps et sont devenues indépendantes. Ainsi se forment dans le voisinage immédiat des clasmatocytes (nom que l’auteur donne à ces cellules), et surtout à l'extrémité de leurs prolongements, des îlots de granulations de volume variable, répandues dans les mailles du tissu conjonctif. »
Ranvier a pu déterminer expérimentalement l’origine probable de ces clasmatocytes; ce seraient des leucocytes sortis par diapédèse « qui s’engraisseraient dans les mailles du tissu conjonctif et abandonneraient ensuite par effritement une partie de leur substance, qui très probablement est utilisée par l'organisme ».
De nouvelles recherches sont nécessaires pour élucider complètement le rôle physiologiqne de ces cellules et leur analogie avec ce que l’on connaissait déjà, depuis Ebrlich, sous le nom de cellules engraissées (Mastzellen).
Les faits nouveaux que nous signalons ici montrent seulement que ces phénomènes de sécrétion par effritement doivent être plus répandus qu’on ne le supposait jusqu'ici et qu'ils doivent être, dans bien des cas, l’origine ou un mode d'accroissement des substances intercellulaires.
Nous voudrions maintenantrechercher les causes qui font que des cellules abandonnent ou rejettent au dehors d’elles-mêmes une portion de leur substance.
Dans cette secrétion par effritement, on se trouve en présence de phénomènes physiques et chimiques; la question est donc de savoir quels sont ceux qui commandent aux autres; autrement dit, un point quelconque du protoplasma se sépare-t-il du corps cellulaire parce qu'il s’est modifié chimiquement, ou bien se ransformet-il parce qu'il a été isolé auparavant de la masse cellulaire?
Nous allons montrer pourquoi nous serions porté à admettre cette dernière hypothèse, c’est-à-dire que, dans le cas qui nous intéresse, ce sont les phénomènes physiques qui précèdent les phénomènes chimiques.
Lorsque les fibrilles, formées par les cellules, ont envahi tout le ligament cervical embryonnaire, ces dernières se trouvent plongées dans un réseau fibrillaire de plus en plus serré. Elles conservent encore pendant longtemps des relations de continuité avec ces fibrilles; aussi, lorsque ces cellules se diviseront, auront-elles grande chance de laisser une portion d’elles-mêmes attachée à une partie quelconque du réseau; sinon il faudrait admettre une rétrac-
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tion et un isolement transitoire du corps protoplasmique, ce qui serait une hypothèse sans fondement; ou bien il faudrait dire que les fibrilles participent elles-mêmes à cette division, ce qu’on n’a pas vu davantage.
Dans les cartilages réticulés, ces faits de mérotomie naturelle se compliquent encore de l’arrivée de la substance cartilagineuse ; en effet, celle-ci isole forcément des portions plus ou moins considérables de cellules dont le corps protoplasmique rayonne tout autour en prolongements nombreux; il est vrai que ces prolongements eux-mêmes participent probablement à la formation de la cartilagéine, ce qui n’enlève rien de sa valeur à notre premier argument.
Ce que nous connaissons de la physiologie cellulaire nous indique que ces porlions de protoplasma, de même que les fibrilles, une fois isolées du noyau, doivent mourir ou subir des modifications particulières qui en font des éléments nouveaux utiles à l'organisme. C’est ce qui arrive pour les tissus élastiques où nous avons vu cette dégénérescence de portions cellulaires se traduire par la présence de grains et de fibres élastiques.
Nous ne pouvons certes pas conclure de faits pathologiques à des phénomènes physiologiques; il ne sera pas sans intérêt cependant de rapprocher ici les curieuses expériences de mérotomie opérées sur des Rhizopodes par Verworn (1892) et répétées, en France, par Le Dantec (1895). Ces expériences nous font assister, en effet, à des phénomènes de dégénérescence en tout semblables, au point de vue physique seulement, à ce que nous venons d'exposer.
Verworn isole du noyau une masse du corps d’un Radiolaire, Thalassicolla nucleata, par exemple, que la taille de 4 à 5 millimètres permet de voir facilement à l'œil nu. Cette portion de protoplasma énucléée se contracte, revient d’abord sur elle-même par suite de l'excitation mécanique (fig. VIIT 4), puis elle pousse des pseudopodes et présente des mouvements en tout semblables à ceux d'un animal complet (b). Au bout de quelques heures, ou même de plusieurs jours, les prolongements protoplasmiques deviennent moniliformes; des gouttelettes se forment de place en place, paraissant comme enfilées sur un fil hyalin (ec); puis ce fil se détruit, et ces goulteleltes se trouvent complètement isolées, loin de la masse protoplasmique d’où elles dérivent (d).
Nous reproduisons ici les dessins de Verworn et nous placons en regard trois cellules du ligament cervical (b' c’ et à’, fig. VII), qui montrent nettement l’analogie des phénomènes. On peut comparer également avec (d) la figure 19 de la planche IT, qui représente les
Fig. VIT. — «à, b,c, d. Gouttelettes de l’exoplasma intracapsulaire de Thalassicolla nucleata. D'après Verworn. Figures réduites du quart. b' c’ d'. Trois cellules du ligament cervical à différents âges de développement.
mêmes cellules du ligament cervical coupées en travers; ici la ressemblance est encore plus frappante.
Dans les recherches magistrales de Mathias Duval sur le Placenta des Rongeurs (1892), nous trouvons d’autres faits qui viennent confirmer l'hypothèse que nous avons émise plus haut. Math. Duval a vu que la caduque réfléchie s’amincissait beaucoup, chez ces ani-
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maux, par suite de l'augmentation en volume de l'œuf et présentait bientôt une modification complète de sa structure. D'abord les cellules qui la composent se tassent, puis se fusionnent en une couche plasmodiale; ensuite les sinus sanguins oblitérés peu à peu, disparaissent, et alors les éléments plasmodiaux dégénèrent en «une substance finement granulée, parsemée de débris nucléaires », destinée à disparaître complètement par résorption.
Dans ce cas particulier l'oblitération des vaisseaux sanguins doit être pour beaucoup dans la liquéfaction du protoplasma. De même, Verworn (loco cit.) a montré sur d’autres Rhizopodes (Bursaria truncatella) que des fragments de protoplasma privés d'oxygène se désagrégeaient en granulations, beaucoup plus vite que dans un milieu respirable. Or, comme nous l’avons vu plus haut, des phénomènes de même nature se passent encore dans le cours de la formation du tissu élastique. Tous les auteurs ont signalé une disparition progressive des vaisseaux au fur et à mesure qu'on se rapproche de l’âge adulte; l’asphyxie relative qui résulte de cette atrophie vasculaire est certainement une des causes principales de la transformation complète des cellules en substance élastique, car il y a concordance entre les deux phénomènes. Ne pourrait-on trouver également, dans l’absence, ou du moins dans la diminution de vaisseaux à certains points des organes élastiques, l'explication de ces variations très grandes que nous avons signalées dans le lieu et le mode d'apparition de l’élastine?
En résumé, ces considérations venant compléter et éclairer les faits que nous avons observés dans la genèse des éléments élastiques, nous pouvons écrire les conclusions suivantes, qui font suite à celle que nous avons émise page 41 :
2° Certaines substances, dites fondamentales ou intercellulaires, s'accroissent sous l'influence d’effritements cellulaires.
3° La sécrétion par effritement qui produit, en partie, la substance élastique & pour première cause des phénomènes physiques.
4° L'atrophie progressive des vaisseaux contenus primitivement dans les organes élastiques produit une asphyxie relative qui peut étre, pour les cellules, une nouvelle cause d'excitation à la production d'élastine.
5° Cette asphyxie peut aller jusqu'à amener une transformation complète de certaines cellules (les élastoblastes) en substance élastique.