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D. CARACTÈRES ÉVOLUTIFS ET PRONOSTIC

Autant que par ses symptômes subjectifs, la névralgie épileptiforme est caractérisée par son évolution qui peut se traduire par cette formule : Début brusque par un paroxysme doulouréux survenant le plus souvent en pleine santé entre quarante et soixante ans ; périodes douloureuses de quelques semaines ou de quelques mois séparées par des accalmies spontanées plus ou moins longues, pouvant atteindre une année ; puis établissement d’une véritable période d’état, caractérisée par des paroxysmes brefs que séparent des intervalles de quelques minutes ou de quelques heures absolument indolores, période d’état dont la durée est pratiquement indéfinie.

Le pronostic est donc fort grave, parce que l’affection est une des plus douloureuses qui soient, qu’elle n’a aucune ten-

(1) Pitres. Lymphocytose du liquide céphalo-rachidien dans trois cas de névralgie du trijumeau. Réunion biologique de Bordeaux, 2 février 1904, in-C. R. de la Société de biologie 1904, page 270.

(2) Sicard. Névralgie du trijumeau et ponction lombaire, Société de biologie , 27 février 1904, p. 357.

dance à guérir spontanément et qu’elle est des plus rebelles à la thérapeutique.

En résumé, la névralgie épileptiforme peut se différencier des autres variétés par les caractères suivants, qui en font une espèce absolument à part.

1° Une évolution longue, par étapes, avec des accalmies qui peuvent être très prolongées.

2° La manifestation intermittente des douleurs, sous forme de paroxysmes brefs, apparaissant et disparaissant subitement et séparés par des intervalles d’indolence complète.

3° L’absence habituelle de véritable zône douloureuse, la douleur paroxystique irradiant autour d’un point de départ très limité.

4° L’influence provocatrice habituelle des mouvements de mastication, de déglutition et de phonation, et de l’ingestion des boissons trop chaudes ou trop froides.

G 0 L’impossibilité habituelle de provoquer les paroxysmes par les irritations périphériques, impossibilité permanente ou n’existant que pendant la période post-paroxystique.

6° L’absence de douleur à la pression des points de Valleix.

7° L’absence de troubles par défaut de la sensibilité objective.

8° L’existence de phénomènes spasmodiques toniques ou cloniques, au cours des paroxysmes.

9° L’inefficacité complète de la cocaïne loco-dolente.

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