‹ Formes cliniques et diagnostic des névralgiesChapitre 17 sur 28 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

les Névralgies des plexus de la face

Dans sa thèse, Lévy, à côté des névralgies de la face d’origine proprement trigémellaire, décrit cequ’il appelle la névralgie des plexus de la face, entendant par là les névralgies qui résulteraient de l’irritation des plexus formés par l’intrication des terminaisons de la cinquième et de la septième paire. Cette conception est basée sur deux ordres de faits. Les premiers sont des faits anatomiques et expérimentaux, aujourd'hui incontestés, qui montrent que le nerf facial contient des libres sensitives provenant par récurrence des fibres du trijumeau qui forment des plexus avec les rameaux terminaux du facial. Les seconds sont des faits cliniques. Ce sont ceux-là que nous devons examiner seulement. L’auteur distingue dans ces observations deux variétés: les névralgies des plexus proprement dites qui ne sont autres que ce que Verneuil décrivait sous le nom de névralgies traumatiques secondaires précoces (1), névralgies consécutives à des plaies infectées de la face, et les névralgies du nerf facial avec ou sans paralysie motrice. Nous devons avouer que la lecture attentive des observations du premier groupe a été absolument impuissante à nous faire comprendre pour quelle raison l’auteur voulait en faire une variété dislinctedes vulgaires névralgiesde la cinquième paire, névralgies que nous dirions dans le cas particulier d’origine périphérique. Rien n’y démontre la participation du facial. Quand aux névralgies du nerf facial, les observations en sont encore moins démonstratives. Pour la névralgie du facial sans paralysie, on trouve une seule observation

(1) Verneuil. Archives générales de médecine. Novembre et décembre 1874, p. 528-669.

de Jaquet (Société médicale des hôpitaux 1899) dans laquelle le diagnostic est basé seulement sur la localisation des points douloureux à la pression, points douloureux qui correspondent à peu près aux branches de distribution du facial. L’argument est à coup sûr de peu d’importance, étant donné ce qui a été dit plus haut touchant l’existence dans certaines névralgies d’origine périphérique de zones cutanées étendues dans lesquelles la pression est douloureuse, zones qui correspondent forcément en quelque manière à un rameau du facial par suite de la disposition en éventail de ces rameaux. L’existence de douleurs névralgiques précédant, accompagnant ou suivant une paralysie faciale a frigore vulgaire n’est pas non plus une preuve de l’existence d’une névralgie propre à la cinquième paire. Elle prouve simplement que la même cause peut produire une paralysie du facial et une névralgie de la face, névralgie qui n’aurait du reste aucun caractère spécial, de même qu’il n’est pas absolument rare de voir la paralysie faciale coïncider avec des zônas de la face et du cou.

Pour ces raisons, il ne nous semble pas qu’on puisse admettre ni pathogéniquement, ni surtout cliniquement, une espèce particulière de névralgie faciale, limitée soit aux plexus terminaux de la cinquième et de la septième paire, soit à cette septième paire seule.

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