NÉVRALGIES THORACIQUES
Il n'y a pas eu jusqu’à ces dernières années de tentative sérieuse de classification des divers syndromes douloureux de la paroi thoracique qui restent en pratique confondus sous le terme général de névralgie intercostale.
Les traités didactiques, tout en élargissant considérablement les données étiologiques des premiers auteurs, continuent à décrire une névralgie intercostale, type parfaitement schématique dont la clinique journalière se charge amplement de démontrer qu’il ne s’applique que très imparfaitement à la variété et à l’hétérogénéité manifestes des douleurs névralgiques qui ont leur siège sur la paroi thoracique. Les deux caractères principaux assignés à cette affection par Valleix et partout reproduits, qui sont d'une part la localisation de la douleur spontanée le long du trajet d’un ou de plusieurs nerfs intercostaux, trajet particulièrement facile à repérer ; et, d'autre part, la possibilité de provoquer la sensation douloureuse spéciale par la pression aux points d’émergence des rameaux perforants, ne se retrouvent nettement que dans un très petit nombre de cas. Il est donc particulièrement intéressant de refaire, pour les névralgies du thorax, le même travail de classement qui vient d être fait pour les névralgies faciales. — Nous en puiserons les éléments dans la thèse entreprise en 1905 sur nos conseils par un élève du professeur Pitres, le D r Boutin (1).
Cet auteur s’est servi des effets analgesiants de la cocaïne pour déterminer un premier point de départ à sa classification suivant les données exposées dans le travail de M. le professeur Pitres. Nous nous y raBgerons, principalement par suite de l’utilité manifeste au point de vue des indications thérapeutiques, de pouvoir reconnaître cliniquement le point de départ d’une névralgie donnée et nous distinguerons comme nous l’avons fait pour les névralgies de la face des névralgies
(1 » G. Boutin. Etude clinique et essai de classification des nécrulgies intercostales. Th. de Bordeaux, ‘26 mai 1905.
d’origine périphérique et des névralgies d’origine radiculoganglionnaire.