‹ Formes de Début Non Fistuleuses de l'Actinomycose ColiqueChapitre 16 sur 63 · ANUS · texte numérisé non relu

ANUS

aigué. Ce n'est pas la règle, mais à l'ordinaire, lorsque le péritoine est atteint, à mesure que l’actinomycose prôgresse, il se forme rapidement des épaississements et des adhérences qui constituent un barrage à l'infection ; celle-ci va cheminer, se faire une voie en quelque sorte, créant des trajets fistuleux où l’on trouve des grains jaunes.

Ce processus va former une masse de tissus inflammatoires d’abord localisée et qui peut prendre laspect d’une tumeur. C’est beaucoup plus un magma qu'une véritable tumeur, d’où partent des trajets fistuleux. Ce processus d’envahissement bien spécial, avec production de barrages de sclérose, arrive à envahir les organes voisins, intestin, vessie, fosse iliaque, organes pelviens, et surtout la paroi abdominale antérieure, où vont aboutir bientôt les fistules.

Cette masse inflammatoire à coque conjonctive parfois épaisse est difficile à cliver.

Enfin et surtout, il se forme par endroits des amas de tissus nécrosés, aboutissant à la formation d’abcès plus ou moins volumineux, où le rôle de linfection secondaire est loin d’être négligeable.

Ces collections peuvent être de toutes tailles :

— petits abcès multiples ;

—— amas abondants de tissu nécrosé avec des poches de pus (Albert, Hardy et Harrison), série de poches. irrégulières et de petits diverticules (Bevan) ;

— on peut voir au contraire des abcès uniques, assez volumineux, d’allure primitive, du type abcès appendiculaire ou génital.

Craie

Le contenu de ces cavités purulentes est assez variable suivant limportance des associations microbiennes. ke

Le pus actinomycosique à l’état pur semble être assez fluide, clair, presque sans odeur ; il contient en abondance des grains jaunes. Mais bien souvent il n’a pas cet aspect. Il peut contenir des fausses membranes, des fragments de tissu nécrosé. Il peut être jaune franc, épais, comme le pus d’une suppuration banale, pus franc plus ou moins épais, jaune franc ou hémorragique, couleur chocolat, contenant des grains jaunes en grand nombre (Bevan). On peut même avoir un pus très fétide, d’odeur intestinale (Von Tempsky), nettement surinfecté.

De quelque façon qu’elles se manifestent, ces lésions vont s'étendre, envahir les muscles, les âponévroses, les plans cutanés, former des plastrons indurés, très étendus, avec des fistules. De véritables coulées vont cheminer dans l’abdomer le bassin, le thorax, la hanche. Elles donneront des foyers hépatiques et pulmonaires, soit par propagation directe, soit par voie sanguine, véritables métastases.

Dans quelques cas cependant, il peut se produire une réaction conjonctive très dense, très volumineuse, opposant à l'infection une barrière plus efficace. Il se forme alors de véritables masses tumorales, très dures, qui ne semblent pas contenir de trajets fistuleux. Elles sont rares au niveau du cæcum (Werder) ; elles sont plus communes sur le transverse ou le côlon gauche.

2° Actinomycose de l'angle droit, du côlon transverse

et du côlon gauche

Elle se présente le plus souvent sous les aspects d’une tumeur isolée, d'apparition relativement inattendue, de développement rapide. C’est assez dire si son volume dépend de son ancienneté. Au début assez bien limitée et mobile, elle peut faire penser à un sarcome ou à un kyste. Elle se développe dans le mésocolon, dans l’épiploon ; mais elle ne semble pas proliférer aux dépens des parois propres de l'intestin. Elle laisse intacte la muqueuse.

On la décrit au début arrondie, lisse, indépendante de la paroi (Ferrarini), grosse comme le poing, hémisphérique (Lepoutre), comme une orange (Querneau), « une masse comme les deux poings, de consistance ferme, englobant complètement sur toute sa circonférence le côlon transverse, à partir de l’angle hépatique. Sa consistance est ferme. Pas de pus ni de liquide péritonéal ».

Elle adhère de façon précoce aux organes voisins. Le grand épiploon est collé sur elle, ou fusionné avec elle. Elle adhère à la paroi postérieure, difficilement clivable ; elle entraîne avec elle le péritoine pariétal, elle peut adhérer à FPuretère et aux vaisseaux spermatiques, aux anses intestinales voisines, aux organes pelviens si elle est basse (vessie, utérus). Ce sont là les adhérences de toute actinomycose viscérale. « Scléreuses, difficilement cliva-

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