‹ Formes de Début Non Fistuleuses de l'Actinomycose ColiqueChapitre 22 sur 63 · PÉRIODE DES FISTULES · texte numérisé non relu

PÉRIODE DES FISTULES

Sa description bien connue n’intéresse pas directement notre sujet.

Les autres localisations de l’actinomycose sur le cadre colique trouvent peu de place dans les descriptions classiques :

« Rien ne différencie leur évolution de la forme iléo-cæcale habituelle ».

Sur le côlon transverse, « elles jouent l’actinomycose hépatique ou pulmonaire propagée à l’épigastre ». Cette opinion semble s'appuyer dans les an-

ciennes observations, sur des protocoles d’autopsie, auxquels on n’attachait guère que la valeur de curiosités. Des observations nouvelles, des travaux plus récents ont bien modifié cette manière de voir.

Nous espérons, avec l’appui d’une quinzaine d’observations, montrer l’aspect bien spécial de cette variété añnatomo-clinique.

Nous plaçant à un point de vue tout différent, celui des formes de début, nous ne pouvons adopter d’un bloc la description classique. Nous sommes contraint de la démembrer.

Certes, la tendance évolutive de toutes les formes cliniques, plus ou moins lointaine, reste la même : c’est la fistulisation. L'étude anatomique des lésions nous a montré son mécanisme. Au contraire, le fait clinique, le syndrome initial que le médecin est appelé à reconnaître et qui appelle un diagnostic, peut être assez variable. Ce peut être une appendicite aiguë, ce peut être un abcès de la fosse iliaque droite, ce peut être une tumeur de la fosse iliaque droite ; une appendicite opérée peut donner des complications inattendues.

Tels sont les faits que nous allons exposer.

A. -- L'actinomycose à début appendiculaire

Bien que souvent considérée comme purement symptomatique, il semble qu’il s’agisse d’une véritable entité anatomo-clinique ; c’est une appendicite du point de vue anatomique comme du point de vue cli-

DA es

nique. À une époque où l’on n’opérait pas toujours les malades atteints de crise d’appendicite aigué, ce fait pouvait passer presque inaperçu. Depuis que l'indication opératoire de l’appendicite est devenue une règle, on peut trouver dans les publications un certain nombre d’appendicites actinomycosiques.

Brogden et Chester observent, à la Clinique Mayo, en 4 ans, 14 cas d’actinomycose intestinale, et parmi eux 6 cas d’appendicite aiguë avec appendice gangrené et perforé ; d’autres ont eu des crises moins fortes, ou des signes d’appendicite chronique. Il en conclut que l’actinomycose intestinale n’est pas si rare qu’on le pense généralement, et que la forme aiguë est la plus communément: observée. Mac Kenty, en 1913, en avait relevé 13 cas au Canada. Plus récemment, Bevan, Sinclair et bien d’autres auteurs en ont rapporté des cas incontestables. Nous ne retiendrons qu’une quinzaine d’observations récentes et suffisamment détaillées pour être démonstratives.

Il serait difficile de décrire à cette appendicite une symptomatologie spéciale. Presque toutes les observations parlent sans grands détails d’appendicite aiguë opérée avec le diagnostic d’appendicite banale. Rien ne semble la distinguer. Tous les aspects cliniques de l’appendicite aiguë que nous avons l’habitude de rencontrer ont pu s’y appliquer, depuis la petite crise discrète à type colique appendiculaire, jusqu’à la péritonite par perforation. è

Il est exceptionnel que la crise aiguë soit annoncée par des prodromes ; elle débute brutalement, pre-

Page 1