‹ Formes de Début Non Fistuleuses de l'Actinomycose ColiqueChapitre 26 sur 63 · EVA, CE · texte numérisé non relu

EVA, CE

Cette tumeur douloureuse est encore isolée. Les troubles digestifs sont très modérés ou absents. L'état général semble bon, on signale toutefois un peu d’amaigrissement. -

I1 semble que l'affection reste encore au stade chirurgical. L’exérèse complète est possible ; même si le diagnostic exact n’est pas posé, le malade est opéré avec le diagnostic de tuberculose hypertrophique ou de cancer du cæcum. On trouve à l’intervention une tumeur cæcale, un épaississement des parois du cæcum, qui est maintenu par des adhérences solides. « Le cæcum est épaissi et enflammé, adhérent à la paroi latérale » (Stocker). « La tumeur envahit le côlon ascendant jusqu’à l’angle hépatique » (Kaplan).

Malheureusement, les observations de ce genre sont rares. Sattler trouve déjà « une paroi œdémateuse, infiltrée. Dans la cavité abdominale, un magma dans lequel on trouve des trajets fistuleux d’où sourd du pus ». On reconnaît là le mode de progression de l’actinomycose cæcale, ses trajets fistuleux en activité qui se fraient un chemin malgré la barrière d’adhérences qui semble devoir les arrêter.

Aïnsi, le processus inflammatoire s’étend très vite. II envahit les tissus plus rapidement qu’un cancer, poussant des prolongements dans toutes les directions, avec cette évolution capricieuse bien connue des anciens auteurs, avec des rémissions et des accroissements subits.

Alors la tumeur volumineuse occupe tout le quadrant inférieur droit de l’abdomen, remontant jus-

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qu'à l’ombilic, atteignant la crête iliaque. Sa consistance est dure, parfois avec des points ramollis. Elle fait corps avec les plans profonds sur lesquels on ne peut la mouvoir. Superficiellement, les muscles et le tissu cellulaire semblent infiltrés par ce processus d’inflammation chronique. Ce sont les coulées de suif de Poncet et Bérard.

Des prolongements font saillie avec des points fluctuants, qui ne tarderont pas à se fistuliser. On conçoit que la chirurgie soit désarmée devant de telles lésions, où elle doit se contenter de curettages, d’incisions, de drainage de foyers. Le traitement est très difficile, le pronostic très réservé.

L'état général dùu malade est mauvais. Amaigri, fébrile, il perd rapidement ses forces. C’est un suppurant chronique. L’examen du sang montre de façon constante de l’hyperleucocytose (Brogden et Chester).

Ce n’est pas à cette période que le diagnostic est difficile, car l’actinomycose avec fistules, peau violacée, indurée, infiltration profonde et mal limitée, présente des caractères trop évidents et trop connus pour qu’il soit utile d’y insister.

Il nous reste à envisager quels renseignements peut fournir la radiographie dans ces tumeurs du cæcum. Nous possédons pour cela très peu de renseignements. Les observations se contentent le plus souvent de la signaler sans donner beaucoup de détails.

Cependant, Albert, de Liège, a présenté, il y a quelques années, à la Société Belge de Chirurgie, des

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radiographies fort instructives sur un cas d’actinomycose cæcale. Nous ne pouvons mieux faire que de reproduire ses commentaires :

« Une première radio, dit-il, nous montre lintégrité absolue du bassin. Un examen radiologique de l'intestin après repas baryté donne les renseignements suivants : six heures après, la tête du repas a atteint. le milieu du transverse. La moitié droite du transverse et l’angle hépatique ne sont que faiblement injectés. Le cæco-ascendant l’est un peu mieux, avec cependant des images vacuolaires notamment à la pointe. La dernière anse grêle est bien visible, elle paraît un peu étranglée au niveau de la valvule iléo-cæcale. La tumeur se situe dans la partie externe et supérieure de la fosse iliaque droite et paraît en contact par son bord supéro-interne avec le fond du cæcum, qui est douloureux à la palpation.….

« Douze heures après le repas, l’image n’a guère changé au niveau du cæcum. On remarque surtout le contour irrégulier spécialement du bord externe du cæcum, qui présente un aspect frangé et donne l’impression d’être infiltré. La radio IV est prise en décubitus et la radio V en position debout. Remarquez que le cæcum est resté exactement à la même place. Il n’y a aucun doute qu’il soit fixé. L’angle hépatique, par contre, a conservé toute sa mobilité.

< Conclusion : le cæcum fixé se termine en pointe, de même que le bord externe et inférieur a un contour irrégulier, hachuré. La tumeur palpable est au

contact immédiat et empiète même sur le fond du cæcum ».

Ainsi, contrairement à ce qui se passe dans la tuberculose iléo-cæcale, la tumeur n’est nullement sténosante ; il n’y a pas d'image de Stierlin. Seul le cancer pourrait être envisagé, à cause de l’irrégularité des contours ; ses images sont habituellement plus lacunaires. Maïs on ne peut juger de tels faits sur un seul cas, il n’est nullement possible d’en tirer des conclusions plus générales.

Nous devrons nous borner à ces renseignements, qui prouvent néanmoins assez clairement l’importance capitale de la radiographie dans de tels cas.

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