Une occlusion intestinale
Dans quelques cas, l’actinomycose colique peut prendre l'aspect d’une occlusion intestinale aiguë. Cet accident était considéré comme exceptionnel par les anciens auteurs ; on ne trouvait signalé que des crises subocclusives, « quelques phénomènes légers d’occlusion chronique » compliquant l’évolution d’une actinomycose déjà fistulisée depuis longtemps. Cependant, nous avons vu que les tumeurs du côlon gauche pouvaient être sténosantes. Nous allons envisager ici le cas où la maladie se manifeste par une occlusion, avant tout autre symptôme important, tel que le fait s’est produit dans deux observations récentes (Querneau, Moulonguet). Bien que des cas analogues soient rarement rencontrés dans les publications médicales, il est probable qu’ils ne sont pas exceptionnels. Le fait qu’ils se présentent comme une occlusion basse, que l’examen clinique .et radiologique permet de situer sur le côlon gauche, ne peut guère faire penser qu’à un cancer en virole du sigmoïde. On peut dire, reprenant une expression de M. Moure, que ce sont de faux cancers.
Déjà les signes initiaux de quelques formes tumorales pouvaient être rapportés à des phénomènes d’occlusion : crises douloureuses plus ou moins vives avec vomissements, douleurs qui augmentent à la suite des repas avec ballonnement. Ces accidents ‘durent queques heures, au maximum deux ou trois
tone |
jours. Ce ne sont là que troubles passagers, qui jalonnent l’évolution, par ailleurs manifeste, d’une masse abdominale. it
Dans les formes occlusives pures, maintenant envisagées, les facteurs semblent inversés : l’occlusion vient avant la tumeur. Celle-ci n’a pas attiré l’attention, insidieuse, développée en profondeur, rapidement sténosante. Le début peut être assez Jent. Il peut être assez marqué par des douleurs. Comme toutes les autres formes de l’actinomycose intestinale, les douleurs peu intenses sont localisées à la fosse iliaque gauche. Nous ne reviendrons pas sur leurs caractères.
Bientôt apparaît la constipation, premier signe manifeste de la sténose intestinale. En même temps, l’état du malade s’altère quelque peu. Querneau rapporte que son malade a commencé par maigrir. Ensuite seulement, il a souffert à gauche de l’abdomen, attribuant ses douleurs à une hernie.
Les douleurs peuvent s’accentuer progressivement, la constipation devient opiniâtre, l'appétit disparaît. On assiste en quelque sorte à la constitution lente et progressive de l’occlusion ; après quelques alternatives de poussées et de rémissions, suivies de quelques évacuations, l’occlusion devient un jour complète.
Le début peut être encore plus insidieux, le malade n’accuse pas de troubles suffisants pour attirer l’attention sur l’anse sigmoïde et passe seulement pour « colitique » (observation de M. Moulonguet). Le