‹ Formes de Début Non Fistuleuses de l'Actinomycose ColiqueChapitre 32 sur 63 · HOUR NT VAL E · texte numérisé non relu

HOUR NT VAL E

malade est vu pour la première fois en état d’occlusion complète : arrêt absolu de l'évacuation des matières et des gaz, fortes crises de coliques. Rien a priori dans cette occlusion n'apparaît bien suspect. S'il s’agit d’un homme âgé, c’est le diagnostic banal d’une occlusion basse, dont le cancer du sigmoïde est la cause habituelle. Le malade n’a pas de fièvre.

À l'examen, le ventre est ballonné, mais souple ; il n’est pas possible à ce moment de percevoir une tumeur. Cependant, Querneau note une légère contracture de la fosse iliaque et du flanc gauche. Le toucher rectal montre la vacuité de l’ampoule, il ne permet pas de percevoir de tumeur, généralement trop haut située.

En présence de ce tableau banal d’occlusion basse, on fait un examen radiologique. La radiographie sans préparation montre le côlon dilaté par les gaz, avec quelques niveaux liquides. L’occlusion aiguë est certaine. Un lavement baryté va tenter de localiser l'obstacle : il s’arrête, n’injecte pas complètement le sigmoïde. Bien que ce signe puisse être trompeur, le doute n’est pas permis. Le malade est mis à la diète ; on essaye de temporiser, de faire céder l’obstacle par des antispasmodiques et par un lavement salé hypertonique.

Ce traitement peut réussir ; il se produit une débäcle de matières et le danger immédiat se trouve écarté.

Mais l’occlusion, tôt ou tard, va récidiver, car l’obstacle n’est pas supprimé. Une crise plus violente résis-

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tera au traitement médical, un anus de dérivation deviendra d’urgence nécessaire : c’est l’anus cæcal, toujours ennuyeux, mais qui permet une intervention radicale.

Rien ne permet jusqu’alors de soupçonner une maladie bien spéciale et lorsque, la crise passée, on pourra examiner plus complètement le malade, bien peu de choses apparaîtront suspectes.

La distension abdominale a disparu, on pourra essayer de sentir la tumeur. Querneau rapporte que « la palpation permet difficilement de sentir une tumeur dont on ne peut préciser les limites ». Elle est mate à la percussion, trop haute pour qu’on l’atteigne par le toucher rectal.

Tumeur développée en profondeur, mal limitée, elle ne semble donc présenter ici aucun caractère bien particulier. Nous avons trop insisté d’ailleurs sur ces actinomycoses pour qu’il soit utile d’y revenir.

De nouvelles radiographies sont alors indispensables. Sans apporter d’argument bien nouveau, elles vont confirmer la localisation de l'obstacle. Nous avons vu plus haut quels détails on pouvait attendre de la radiographie. Elle montre surtout ici un passage étroit sur le sigmoïde.

Quoi qu’il en soit, il serait bien extraordinaire que lon puisse penser à un diagnostic si rare, en présence d’une occlusion basse dont le cancer du sigmoïde est une cause si banale. Si, par bonheur,

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l'état de la tumeur ne semble pas contre-indiquer une exérèse, le malade est opéré.

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