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dans le derme du filtrat de vieille culture, il a obtenu de la rougeur, de la douleur et du gonflement, une poussée fébrile. Les accidents atteignent leur maximum en 24 heures et durent de deux à trois jours.
Adant et Spehl (1935) ont confirmé ces résultats, employant du filtrat de vieilles cultures d’actinomyces bovis et d’actinomyces Israeli. De même, ils ont obtenu une réaction absolument comparable avec la trichophytine ; mais celle-ci peut donner des réactions positives avec d’autres maladies, par exemple la tuberculose. Ils ont conclu que « l’intradermo-réaction aux extraits de culture d’actinomyces ne jouit pas d’une spécifité plus grande que les séro-réactions. Eles peuvent être cependant d’une certaine utilité, quand il s’agit d’étayer un diagnostic de localisation interne d’une mycose ».
DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
Il est habituellement très difficile, si l’on ne pense pas à l’actinomycose, d’en poser le diagnostic. Nous avons vu combien cette maladie très polymorphe simule à son début des affections diverses.
Les formes à début appendiculaire ne peuvent être distinguées par aucun signe de l’'appendicite aigué. Poncet et Bérard disaient que l’appendicite aiguë était plus douloureuse, sa réaction thermique plus franche. Il n’en est rien en réalité. Nous avons pu voir que le diagnostic n’était même pas fait à l’intervention. Seule en général l’évolution post-opératoire peut
SRE à) joue
attirer l’attention. Ici encore on peut confondre l’actinomycose avec une suppuration banale. Mais c’est surtout avec l’appendicite tuberculeuse que l’on peut faire ia confusion f
Dans les suites opératoires, elle peut donner un petit abcès et une fistule intarissable. Seul l'examen du pus peut permettre de poser le diagnostic exact. ? Dans ses formes chroniques, l’appendicite tuberculeuse peut s'accompagner de diarrhée, et même d’une tuméfaction immobile et mal limitée. Au maximum, il existe une forme pseudo-néoplasique.
En dehors des cas où elle s’accompagne d’ascite et d’autres signes d’imprégnation tuberculeuse, le diagnostic reste très difficile dans ses formes de début.
Les actinomycoses de la fosse iliaque droite à forme suppurée ne peuvent guère se distinguer au début d’avec les suppurations banales. L’abcès appendiculaire est généralement plus localisé, plus douleureux, moins induré ; les troubles digestifs y sont plus marqués. L’actinomycose donne des lésions plus diffuses, plus étendues, plus capricieuses : les signes de suppuration sont moins francs. Cependant, le diagnostic n’est posé qu'après l'intervention par l’examen du pus.
Le pus d’actinomycose peut être assez particulier : s’il est peu épais, jaune, avec des débris de nécrose et des grains jaunes caractéristiques, le diagnostic sera plus facile ; mais il peut être banal, d’odeur intestinale fétide de par la surinfection ; il ne contient pas toujours de grains jaunes. et rien alors ne
permet de faire le diagnostic que l’évolution spéciale de cette suppuration. s "A
Dans des cas plus rares, un abcès pelvien peut faire penser à une suppuration génitale ; un abcès rétro-cæcal peut donner lillusion d’un phlegmen périnéphrétique. |
Les actinomycoses du cæcum à forme hypertrotrophique ne sont pas moins trompeuses.
C’est au début surtout qu’il faut faire le diagnostic de cette tumeur de la fosse iliaque droite : encore régulière, encore mobile, dure et souvent arrondie. Deux diagnostics s'imposent à l'esprit, la tuberculose iléo-cæcale et le cancer du cæcum.
La tuberculose iléo-cæcale se rencontre chez des sujets jeunes, mais nous savons que l’actinomycose est une maladie de tous les âges. C’est seulement dans sa forme hypertrophique qu’elle peut donner une tumeur isolée. Elle est plus volontiers occiusive, elle peut se manifester par un véritable syndrome de Kônig. Sa forme est plus régulière, rappelle celle du cæcum ; elle dépasse rarement le volume du poing. Plus élastique, plus régulière, ses limites sont plus nettes. Elle est enfin tout: à fait indolente.
Dans ses formes de début, Pactinomycose peut simuler de telles tumeurs, le diagnostic peut être difficile sans examens complémentaires.
Le cancer du cæcum, avant d’être perceptible, peut avoir une période de début assez longue avec crises douloureuses, diarrhée parfois sanglante ; ces signes font partie de la période initiale classique de l’actino-
SAGE mycose. [1 apparaît ensuite comme une tumeur irrégulière, bosselée, à grand axe vertical, peu douloureuse. Mais l’actinomycose est polymorphe, rien ne permet a priori la discrimination ; le cancer a pour lui sa fréquence beaucoup plus grande. En l’absence d’iutervention chirurgicale, l’évolution trancherait rapidement un tel dilemme : le cancer du cæcum s'accroît lentement et sans à-coups. Il s’accompagne plus vite d’altération de l’état général et d’anémie.
Plus rarement, on ‘pourra discuter certaines tumeurs inflammatoires du cæcum, actuellement mieux connues |
— abcès appendiculaire à évolution chronique avec coque épaisse ;
— péritonite plastique englobant lintestin, l’épiploon, le mésentère et la paroi ;
— sclérolipomatose des parois du cæcum ressemblant à un cancer.
Nous signalerons encore le syphilome de l'intestin, dont Vivoli et Marano ont signalé récemment deux cas au niveau du cæcum. Il s’agit d’une tumeur cæcale donnant du melæna et des accidents d’occlusion : le Wassermann peut être négatif ; le diagnostic n’est fait qu’à l’examen de la pièce.
Ce sont là des lésions rares.
Le diagnostic nécessite quelques épreuves complémentaires.
La radiographie permet d'éliminer les tumeurs sans rapport direct avec l'intestin : gros reins, tumeurs hépato-vésiculaires ou génitales, abcès froids
pottiques, ostéo-sarcome du bassin. La, discussion se limite en pratique aux tumeurs d’origine cæcale.
La tuberculose iléo-cæcale, dans sa forme hypertrophique, outre quelques troubles du transit (stase, hyperkinésie), se caractérise habituellement par des images dites de Stierlin : défaut de remplissage, traînée mince, effilée, au maximum véritable lacune.
Le cancer du cæcum donne des aspects divers : encoche irrégulière, déchiquetée, quelquefois arrondie. À un degré de plus, un étroit canal, un passage filiforme ou une lacune.
Il semble que l’actinomycose cæcale donne des images moins sténosantes : cæcum en entonnoir, à bords irréguliers, d'aspect frangé (Albert), fixé par la tumeur dans toutes ses positions.
Nous sommes trop mal documenté pour donner à ces caractères une valeur absolue. La radiographie ne peut donner des signes de certitude.
Les actinomycoses du côlon transverse, à forme hyperplasique, ont un aspect assez spécial. Peut-être pourrait-on les confondre avec une tumeur gastri-. que, ou une tumeur du mésentère, de l'intestin grêle, ou même du pancréas. Il semble que la radio soit suffisante pour localiser l’affection. On ne peut guère discuter alors qu’un cancer du côlon transverse, variété peu fréquente, et dont les proportions n’atteignent pas au début celles de Pactinomycose. Ce n’est pourtant qu’à l’intervention que sera fait le diagnostic.
Récemment, Foucar (The Am. J. of Pathology, jan-