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L’EXÉRÈSE. je
Représente l'intervention idéale, celle qui a le plus de chances de supprimer le foyer infectieux et d’amener la guérison dans le délai le plus bref, C’est fort appréciable si l’on songe à l’évolution interminable et souvent fatale de l’actinomycose viscérale.
Il est malheureusement certain qu’elle ne peut s’appliquer que dans des cas déterminés : ceux où l’on trouve une masse encore assez bien limitée et sans suppuration étendue, dont le décollement ne risque pas d'entraîner des délabrements trop considérables ; une telle intervention sera peu choquante si la tumeur est vue au début ; c’est donc là le traitement par excellence des formes tumorales à leur période initiale.
1° L’exérèse la plus facile serait celle d’une tumeur du côlon transverse. Cornioley, Garlock y sont parvenus avec succès. La technique suivie peut être exécutée en un temps ou en deux temps. Lepoutre, Garlock ont opéré en un temps : résection de la masse, d’un bloc avec le segment colique. Rétablissement immédiat de la continuité intestinale par une anastomose termino-terminale. Dans le premier cas, échec complet, le malade meurt rapidement, quelques heures après l’opération.
Chez le second (Garlock), succès opératoire et guérison au prix d’un abcès secondaire profond qu’il fallut drainer.
Cornioley au contraire réséqua la tumeur, et fit une iléo-transversostomie, se réservant d’eniever dans
un second temps le côlon droit. C’est là certainement la meilleure technique ; la chirurgie du cancer du côlon nous a appris que les interventions en plusieurs temps étaient presque toujours préférables ; il ne saurait en être autrement pour une tumeur non cancéreuse, mais d'extension aussi grande que l’actinomycose :
— Premier temps : exérèse de la tumeur, suivie soit d’iléo-transversostomie, soit d’anus en canon de fusil ; :
— Deuxième temps : cure de l’anus ou hémicolectomie droite.
2° Les tumeurs cæco-appendiculaires à leur début doivent être enlevées. Leur exérèse peut être difficile en raison de leurs adhérences. Elle échappe à toute description ; nous n’insisterons pas; elle a été pratiquée à plusieurs reprises avec succès (Stocker, Werder, Hüttl, Webb Griffith).
Deux méthodes peuvent être envisagées : ’
a) Si la tumeur n’est pas extirpable, il faut faire une iléotransversostomie. Certains opérateurs n’ayant pas fait le diagnostic d’actinomycose ont pensé à un cancer inopérable et se sont contentés de cette dérivation définitive. Cependant, il serait peut-être possible de tenter un traitement ioduré, dans l’espoir de limiter les lésions, et de faire dans un second temps l’hémicolectomie droite.
b) Si la tumeur est extirpable, il faut l’enlever, faire une hémicolectomie droite avec rétablissement
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de la continuité par iléotransversostomie, en un seul temps. Ë à à
3° Les difficultés sont plus grandes encore dans les actinomycomes du côlon gauche. Leurs adhérences sont difficiles à rompre, il faut faire attention de ne pas blesser l’uretère.
Querneau est parvenu à faire une extériorisation, suivie d’une résection de la tumeur au bistouri électrique le 7° jour ; et de la cure de l’anus quelques mois plus tard. Cette excellente technique classique est certainement la meilleure. Malheureusement, M. Moulonguet ne put la pratiquer, la tumeur trop bas située n’était pas extériorisable, il ne put que faire une résection de la tumeur, suivie de fermeture du bout inférieur et de mise à la peau du bout supérieur.
Ici encore, la technique ne diffère pas sensiblement de l’exérèse du cancer du sigmoïde.
Il est des cas où le rôle du chirurgien sera moins efficace. Nous ne voulons pas retenir les appendicectomies faites en l’ignorance du diagnostic exact, non plus que les interventions sur les tumeurs fistulisées. Dans certains cas, il sera nécessaire d’ouvrir et de drainer un abcès à grains jaunes.
Si la tumeur est trop étendue, contenant déjà des foyers purulents, si la diffusion du processus rend toute exérèse impossible, le traitement pourra se borner au curettage, au tamponnement, au drainage de ces foyers. Nous n'’insisterons pas sur ces cas qui
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sortent déjà des limites que nous nous sommes tracées. Nous ne ferons que signaler l'emploi des irrigations locales au sulfate de cuivre ou au collargol. En résumé, le traitement chirurgical peut agir de deux manières — soit par exérèse, en un ou plusieurs temps : — soit par drainage des foyers infectieux.