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III. -- TRAITEMENT PAR LES RAYONS X ET LE RADIUM

La gravité de l’actinomycose intestinale, et peutêtre aussi certaines confusions, ont fait préconiser la radiothérapie.

D'abord essayée par Schiota, elle a été employée dans une large mesure en Allemagne depuis la guerre, où on lui a donné le nom de Traitement Japonais. Elle a été étudiée à la Clinique Küttner, par Lévy (1913) et Melchior (1916) ; ce dernier basait son travail sur une suite de 6 cas d’actinomycose cervico-faciale avec traitement combiné : iodure et rayons X. Il a été depuis beaucoup utilisé ; Jüngling, dans son livre, le présente comme la méthode de choix. Cependant, son efficacité se trouve assez souvent en défaut.

Kleesattel a prouvé que les rayons X n'avaient aucune action sur les cultures d’actinomyces. Il s’agit là d’une loi générale en thérapeutique ; nous avons vu qu’il en est de même pour l’iodure de potassium.

Grünthal (1927), passant en revue les cas d’actino-

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mycose abdominale traités par la radiothérapie, donne les chiffres suivants : il a pu recueillir 33 cas :

15 ont guéri (44,45 %) ;.

11 sont morts (15,15 %) ;

2 malades n’ont pas donné de leurs nouvelles.

Il pense que le traitement doit être très énergique, et que le succès dépend de la précocité du traitement.

Rolf Bull Engelstad (1933) est moins optimiste. Il pense que les bons résultats sont habituels dans les formes cervico-faciales, mais mauvais dans les formes intestinales :

Kahn et Eiken ont guéri 1 cas par les rayons X ;

Sattler : 2 cas (rayons X très énergiques) ;

Beck : 2 cas (association de rayons X, de 606, d’iodure de calcium, d’héliothérapie).

Brogden et Chester citent six résultats favorables et pensent que ce traitement doit donner de bons résultats. Nous trouvons d'autre part des observations favorables de Von Tempsky, Bevan, Kaplan.

Romiti guérit une tumeur actinomycosique du côlon gauche ayant déjà donné un abcès.

Frazer et Berkmann parviennent à faire disparaître avec les rayons X et l’iodure de potassium une volumineuse masse gauche depuis longtemps fistulisée.

Schulhof publie une observation d’actinomycose iléo-cæcale très étendue, sur une malade déjà cachectique, où les rayons X amènent une rapide régression.

Cinq cas défavorables sont dus à Krauss, Von Tempskv, Heeren, Bartsch, Albert, Hardy et Harrison.

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Dans deux cas, il est vrai, il s'agissait d’abcès, dans trois autres cas de tumeurs fistulisées. Il est difficile de se faire une opinion, car les cas d’échec ne sont peut-être pas tous publiés. Néanmoins, les cas que nous possédons sont assez encourageants. |

Nous ne décrirons pas ici de technique radiothérapique qui dépasse notre compétence. Bornons-nous à signaler cette thérapeutique qui semble devoir être efficace dans des cas qui ont dépassé depuis longtemps le stade chirurgical. |

Signalons enfin que Rolf Bull Engelstad a pu guérir par le radium une actinomycose fistulisée de la fosse iliaque droite.

De toutes ces méthodes thérapeutiques, nous pouvons retenir les indications suivantes :

Les formes de début de l’actinomycose colique sont avant tout chirurgicales. Chaque forme doit être envisagée séparément.

— Une appendicite doit être opérée. Cela ne suffit pas dans la règle ; dès que la preuve de sa nature est établie, il faut instituer un traitement iodé, et s’il est nécessaire recourir aux rayons X.

— Les abcès actinomycosiques doivent subir un traitement combiné

— incision et drainage,

— jodures,

— rayons X.

Le traitement doit être particulièrement énergique. Les tumeurs doivent être opérées. L’exérèse, quand

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elle est possible, est la seule intervention rationneHe « E

— Sur le côlon droit, hémicolectomie droite avec iléo-transversostomie ;. à

— Sur le transverse, résection, puis anus en canon de fusil, ou iléo-transversostomie suivie d’une hémicolectomie droite ;

— Sur le côlon gauche, extériorisation si elle est possible, sinon résection, en s’efforçant dans la mesure du possible d'éviter un anus iliaque définitif.

L'intervention chirurgicale à elle seule est insuffisante. Dies récidives sont en effet possibles. Aussi est-il indispensable de la compléter par un traitement iodé, et au besoin des rayons X.

Les formes qui restent au-dessus des ressources chirurgicales doivent être confiées à la radiothérapie.

Parmi toutes les thérapeutiques préconisées : la chirurgie garde la place principale, à condition qu’on lui adjoigne un traitement ioduré.

Les rayons X, qui ont à leur actif quelques beaux succès, seront néanmoins réservés aux Cas inopérables, et aux échecs du traitement chirurgical.

Les iodures restent le traitement de fond, qu’il faut associer aux autres thérapeutiques, et donner comme traitement d'entretien longtemps encore après la guérison.

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