Tumeurs actinomycosiques du côlon
Obs. 1. — Jean QUERNEAU, de Quimper (Rapport de M. MourE). Actinomycose du côlon descendant.
J. V.., 58 ans, marin-pêcheur, originaire @e l’Ile de Sein. Amputé de cuisse.
Voit, au début de novembre 1933, son état général devenir assez médiocre. Son entourage constate qu’il maigrit. Il lui est difficile de continuer la petite pêche qu'il pratique dans une barque.
Vers le 10 novembre, il commence à souffrir de douleurs abdominales localisées dans la fosse iliaque gauche. Il atiribue sa douleur à une hernie inguino-scrotale gauche déjà très ancienne. Pendant la semaine suivante les douleurs se précisent. Les selles, jusque-là régulières, s’espacent. Il se décide à venir à terre. Il est opéré le 25 novembre 1935 de sa hernie. Quatorze jours plus tard, il repart pour l'Ile de Sein.
En attendant, à Audierne, le bateau qui doit le ramener à l’Ile, il est repris de lésères douleurs qui s’accentuent progressivement. La constipation est opiniâtre, l’appétit a disparu.
Le malade nous est amené d'urgence le 17 décembre 1933, en état de subocclusion avec un léger ballonnement. Douleur prédominante au flanc gauche, pas de
dilatation localisée. Les accidents occlusifs cèdent à la diète et aux moyens médicaux.
A l’éxamen, légère contractüre de la ‘fosse iliaque et du flanc gauche. La palpation permet difficilement de sentir une tumeur dont on ne peut préciser les limites. Submatité. Recherche du sang dans les selles : négatif.
Sous l’écran, on fait absorber un léger repas baryÿté. Vingt-quatre heures plus tard, le repas imprègne le cæcum et le transverse. L” angle splénique du côlon est dilaté par les gaz abondants. Un bol alimentaire baryté permet de situer l’obstacle à trois travers de doigt audessus de la crête iliaque ; quelques contractions intestinales n’aboutissent qu’au reflux du liquide.
Diagnostic : néo du côlon gauche.
18 décembre : rachi-anesthésie, cæliotomie latérale le long du grand droit.
Au-dessus de la fosse iliaque : grosse masse fixée à la paroi postérieure, masquée par un tablier épiploïque adhérent. L’attraction de l’épiploon a amené le transverse au contact de la tumeur. On libère et résèque l’épiploon. La tumeur est colique descendante. On libère la face extérieure, puis les pôles, puis la face postérieure. Les adhérences sont scléreuses, difficilement clivables; on entraîne partiellement le péritoine pariétal postérieur. Le plan musculaire est mis à nu, la veine spermatique déchirée est suturée. L’uretère est dégagé. La masse, ainsi libérée, peut être extériorisée. Deux tubes de verre plat, glissés à travers le méso, la maintiendront ainsi. Deux mèches sont tassées dans la zone de décollement postérieur. Deux fils de bronze limitent {a plaie opératoire.
Suites simples : quarante-huit heures plus tard, ponction du côlon au thermocautère, immédiatement audessus de la tumeur. Emission de gaz. Les mèches sont
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ôtées le cinquième jour. Le septième jour, le côlon est réséqué au bistouri électrique sous anesthésie ; les vaisseaux du méso sont coagulés (la base du méso réséqué, encore large, fait craindre que l’exérèse. n’ait pas dépassé en profondeur les limites de la tumeur).
Examen macroscopique : 16 centimètres de côlon descendant ont été réséqués. Il existe une masse mésocolique de la grosseur d’une orange. A la partie moyenne de la masse, rétrécissement annulaire du côlon faisant penser à un squirrhe.
Sur la coupe longitudinale, à notre grande surprise. la muqueuse paraît saine, même au niveau de la partie rétréciè. La masse est donc péricolique, et surtout intramésocolique.
Examen histologique : sur les coupes examinées, les lésions siègent au niveau du méso. La muqueuse intestinale est saine. Au milieu d’une forte réaction inflammatoire aiguë et subaiguë sans spécificité, il est possible. de découvrir un élément typique représentant un grain jaune absolument caractéristique.
L’ensemencement de la sérosité prélevée sur la tranche du mésocôlon réséqué reste stérile.
Suites opératoires : le cinquième jour après l’opération, le malade sort de la clinique et rentre à l'Ile de Sein. Il prend de l’iodure de potassium mais ne le tolère pas et l’abandonne. Trois mois plus tard, il nous revient : état général parfait.
Le 24 avril, après dix jours de préparation et de protection des téguments, on entreprend la cure de l’anus.
Anesthésie locale. Un bouton de Villard réalise une anastomose latéro-latérale des moignons. Le moignon supérieur est fermé par un fil de soie et reste à la peau comme soupape de sûreté.
Au troisième jour, première selle par l’anus.
Au septième jour, les selles alternent par voie naturelle et par la fistule colique.'
Au vingtième, le malade rentre chez lui. Les selles par les voies naturelles sont régulières, mais il souille son pansement de façon intermittente. .
Au bout de six semaines, il ne passe plus que quelques gaz. Trois mois plus tard, la fistule colique est complètement close.
Revu le 13 mai 1935. A repris ses anciennes occupations, en particulier la pêche côtière aux abords de l'Ile de Sein. Etat général parfait.
Nota. — Au troisième temps, lors de la cure de l’anus, il semblait que la suture bout à bout des deux moignons coliques eût été difficile et eût donné lieu à des tractions qui n’auraient pas permis la cure intrapéritonéale sans danger. Tandis que, par le procédé adopté, le moignon inférieur, plus facilement libérable, a pu être amené au contact, puis abandonné dans la cavité en toute sécurité après l’anastomose latérale.
: Obs. 2. — Observation de CORNIOLEY et HOFMANN (résumée). Actinomycose du côlon transverse.
Le 9 juillet 1924 entre d'urgence, dans le service de l'Hôpital cantonal, le nommé L.. H.., 22 ans, charretier, avec le diagnostic d’appendicite aiguë.
Antécédents : à plusieurs reprises, crise d’appendicite. Habite la campagne. |
Brusquement, la veille à 21 heures, il est pris de violentes douleurs de la fosse liaque droite. Il vomit.
Examen : abdomen légèrement ballonné et contracturé à droite. Mac Burney positif, surtout à la détente. Matité. Température 38°5, pouls 120. Langue sale et sèche, Vomissements porracés.