‹ Formes de Début Non Fistuleuses de l'Actinomycose ColiqueChapitre 55 sur 63 · ARRET ES · texte numérisé non relu

ARRET ES

Dans la fosse iliaque droite, M... trouve une tumeur de la grosseur d’un œuf de pigeon, pouvant siéger soit sur le cæcum, soit sur l’appendice, soit sur le mésentère. La tumeur est profonde, indépendante de la paroi qu’on peut faire glisser sur elle. A la radiographie, rien de bien net : cæcum un peu remonté, bout terminal du grèle légèrement tendu. |

M. pense à une tuberculose du cæcum et propose d'intervenir. Le malade refuse. On fait des rayons ultraviolets. La tumeur s’extériorise, va vers l’ombilic. La température s'élève à 38°5, par poussées le soir. L'état général périclite. Le malade s’alite.

On fait alors une ponction, qui retire du pus épais. L'examen du pus ne montre rien de spécial ; on pense à du pus tuberculeux.

Incision : collection purulente avec pus épais, couleur chocolat. Gros drain et mèche.

Dans la suite, la fièvre tombe, l’état s’améliore, on pense à la guérison.

Mais la plaie opératoire continue de suppurer, d’autres collections se forment autour d’elle. Ponctionnées ou incisées, elles se fistulisent à leur tour. On pense alors à l’actinomycose : examen du pus négatif au point de vue actinomyces.

Inoculation au cobaye : l’animal meurt, sans lésions bien nettes de tuberculose.

Malgré toute thérapeutique, les fistules suppurent abondamment, le pus, d’aspect séro-purulent, contenant des grains jaunes, n’est pas identifié. L'état général du malade s'aggrave.

C’est alors que les docteurs Vigne et Lauzun, appelés en consultation, font une biopsie : on trouve des actinomyces. On soumet le malade à un traitement ioduré intensif, sous forme d’iodure de potassium par la bou-

che pendant deux ou trois mois. L'amélioration étant très lente, on fait au malade 12 injections intra-veineuses de Lugol à doses progressives de 1 à 5 cc. dilué dans du sérum.

A la suite de ce traitement, la tumeur s’affaisse et les fistules se tarissent. Pas d’intolérance aux iodures.

Obs. 14. — A. Vox TEmpsky. — Observation 3. — Tumeur actinomycosique d’origine cæco-appendiculaire. à

Agriculteur, 34 ans. Huit semaines avant son admission, il remarque dans la région inguinale « une glande » qui grossissait de plus en plus. Depuis quatre semaines, il ne peut plus étendre complètement sa jambe -droïte. Douleurs vives à la marche.

Admis le 11 décembre 1922 ; dans la région inguinale droite, on trouve au-dessus de l’arcade une tumeur dure, plus grosse que le poing, venant de la profondeur, douloureuse à la palpation, peu mobile. Température, 38°2 ; leucocytose, 15.000.

Diagnostic : la palpation fait supposer qu'il s’agit

d’une tumeur. L’absence de sang dans les selles, la fiè-

vre, la leucocytose plaident en faveur d’un abcès ; ne pouvant poser de diagnostic certain, on pense à l’actinomycose.

Le 19 décembre 1922, opération : forte hyperémie de la paroi, œdème léger du péritoine. Dans la cavité abdominale, tumeur adhérant loin dans la profondeur, jusque vers l’épine iliaque antéro-supérieure. Cæcum adhérent avec la paroi latérale, fixé. Après avoir repoussé le cæcum avec un instrument mousse, il sort du sang et une certaine quantité d’un liquide blanchätre sans odeur : abcès enkysté. Drainage. 3

Examen bactériologique : actinomycose. Dans la suite, sécrétion abondante de pus. :

Le malade ne supporte pas l'iodure.

Rayons X (plusieurs séances) : le malade abandonne le traitement. Part dans son pays. La sécrétion s’était tarie après cinq séances de rayons X. Actuellement, guérison complète, qui fut hâtée par la vie au grand air, la bonne nourriture, l'exposition au soleil.

Obs. 15. F. ALBERT (de Liège). — Actinomycose du cæcum à début appendiculaire. (Résumée).

Jeune fille de 20 ans, habite la campagne, en contact avec du bétail contaminé. ;

Depuis quelques mois, petits symptômes douloureux dans la fosse iliaque droite. Puis brusquement, crise douloureuse sans fièvre, mais avec quelques vomissements. Diagnostic : appendicite. Refuse l'opération. L'accident aigu passe rapidement.

Quelques jours après, un médecin consulté constate une tumeur de la fosse iliaque droite. C’est alors qu’A.… est appelé à voir la malade.

Examen : état général excellent, pas de troubles digestifs. Dans la région cæcale : tumeur grosse comme le poing, mal limitée, fortement fixée dans le fond, douloureuse à la pression. RE.

Radiographie : contour irrégulier du bord externe du cæcum, aspect frangé qui donne l'impression d’être infiltré ; le cæcum se termine en pointe. Tumeur fixée à la partie externe et supérieure de la fosse iliaque ; elle empiète sur le fond du cæcum.

Celui-ci est immobile, fixé, restant à la même place dans toutes les positions.

Wassermann négatif.

L'auteur pense à l’actinomycose dont il a vu déjà

plusieurs cas et institue un traitement ioduré per os, commençant par 6 gr. par jour, pour atteindre en quelques jours 10 gr.

Quinze jours après le début du traitement, la tumeur a déjà diminué de volume. On assiste à une fonte progressive de la tumeur qui, en six semaines, se réduit au volume d’une noix. Après six semaines, on ne perçoit plus de tumeur ; il semble qu’il persiste une légère infiltration de la paroi.

Après trois mois, la région cæcale est redevenue normale ; on prolonge le traitement pendant 2 mois et demi.

Moins d’un an après, la guérison se maintient, vérifiée par la radio : le cæcum est redevenu libre ; il a repris sa forme normale.

(L’auteur ne nous apporte malheureusement pas de preuve qu’il s’agissait bien d’une actinomycose).

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