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« lésions longtemps après la naissance. L'observation « typique aux résultats indiscutables manque jusque-là... « L'histoire de l’éléphantiasis congénital est à peine ébau- « chée et l’ébauche même est informe. Bien plus, elle est « surchargée de faits disparates auxquels convient non pas « la dénomination d’éléphantiasis, mais celle de pseudo- « éléphantiasis (1) ».
(1) Dominic. Pratique dermatologique. Art. Eléphantiasis, t. 1, p. 392.
Longtemps avant d'êtresignalée par Isidore Geoffroy Saint- Hilaire, dans l'Histoire générale et particulière des anomalies de l’organisation chez l’homme (1), l’'hypertrophie congénitale des membres dut être confondue avec l’éléphantiasis. Dans le catalogue des thèses que nous avons feuilleté depuis 1825, il n’est fait mention, sauf dans ces dernières années, d'aucun travail se rapportant à notre sujet, alors que de nombreuses thèses sont soutenues sur l’éléphantiasis des Grecs et des Arabes.
Il faut arriver à 1850 pour trouver, dans le Bulletin de la Société Anatomique (2), le compte-rendu « d'un vice de conformation très singulier » ; ainsi s'exprime Foucher, l’auteur de la communication. Il rapportait le cas d'un homme dont le membre supérieur gauche était plus volumineux que le droit ; l'épaule et deux doigts de la main gauche (l'index et le médius) participaient à l'hypertrophie. Le membre abdominal gauche était également augmenté de volume, mais cette augmentation, constituée sinon en tota- « lité, du moins en presque totalité par un épaississement « considérable de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané »,
(OA pe201 (2) Avril 1850, 1re série, 25° année,
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différait de l’hypertrophie du membre supérieur due à un développement anormal des os et des muscles. Le malade affirmait, d’après les dires de ses parents, l'origine congénitale de son affection. Foucher étiqueta ce cas : « Dévelop- « pement excessif de certaines parties du membre thora- « cique. Eléphantiasis de la jambe ? » Houel interprétait cet état d’une façon identique.
En décembre 1856, Devouges (1) présente à la Société anatomique un sujet atteint d'une « prédominance de « développement du côté droit sur le côté gauche et d'un « développement hypertrophique des trois premiers doigts « de la main et du pied droits ». Millard, dans son rapport sur ce cas, dit que les hypertrophies congénitales ne sont pas rares et cite à ce propos l'opinion de Cruveilhier : « Dans létat physiologique, une loi de balancement « préside au développement régulier des organes à leur « période d’accroissement, de prédominance, comme aussi « à leur période de décroissance absolue ou relative. Quand « les limites sont dépassées en plus, il y a hypertrophie ; « quand elles le sont en moins, il y a atrophie. Ne soyons « donc pas étonnés sil existe des hypertrophies congéni- « tales. » Millard, se demandant quel nom donner à ces singuliers vices de conformation, « ne pense pas qu'on « puisse les classer ailleurs que parmi les hypertrophies ». Quant à les expliquer, « J'avoue, dit-il, mon impuissance «et renonce à me perdre dans des hypothèses plus ou « moins ingénieuses ».
Les cas de jDevouges, de Foucher, ne sont pas des cas isolés à cette époque ; à la page 101 de son troisième volume, Cruveilhier consacre un court alinéa à l'hyper-
(1) DEvouces. Bull, Soc. Anat. Décembre 1856.
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trophie congénitale des orteils et rappelle les communications faites à ce sujet dans le sein de la Société anatomique par Broca. Il cite plusieurs modèles en plâtre du Musée Dupuytren qui présentent des dimensions colossales pour certains doigts de la main et des pieds (1).
À la même époque, Chassaignac fait deux courtes communications à la Société de Chirurgie, et, en 1858, Johu Adams publie une observation dans The Lancet.
Ainsi, jusqu'à présent, les auteurs se bornent à relater les faits d'hypertrophie, sans les interpréter ; et il faut arriver au travail d'ensemble de Trélat et Monod, paru en 1862, dans les Archives générales de Médecine, pour trouver une théorie explicative de l'hypertrophie congénitale des membres. Leur travail à pour titre: « De l'hypertrophie « unilatérale ou partielle du corps ». Pour ces auteurs « tout désordre est confiné dans l'appareil de la circula- « tion sanguine et les vaisseaux lymphatiques semblent « absolument indemnes : c'est là, disent-ils, ce qui per- « met de comprendre pourquoi ces hypertrophies sont « irrégulières, homogènes, semblent atteindre également « tous ou à peu près tous les tissus, tandis que dans les « hypertrophies partielles de l'éléphantiasis le derme et le « tissu cellulaire sous-cutané semblent seuls en cause ». D’après Trélat et Monod il faut rapporter la cause première de l'hypertrophie congénitale à une paralysie vasomotrice « produisant une circulation stagnante, une con- « gestion et par suite une exagération de la nutrition « dans l’organe atteint ». Cette théorie repose sur les expériences de CI. Bernard et de Schiif. D’après ces expériences, si on sectionne les nerfs vaso-moteurs, (on abolit
(4) MicLaRD. Rapport sur le cas de Devouges. Bull. Soc. Anal. Décembre 1856.
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PPT pue « ainsi la contractilité des capillaires et on détermine de la « congestion des tissus et une hypertrophie correspondant « aux vaisseaux paralysés ».
« Supposons donc, dit Polaillon dans son article Doigt « du Dictionnaire Dechambre, que, sous une influence quel- « conque, les nerfs vaso-moteurs d’un ou de plusieurs « doigts se paralysent pendant le cours de la vie intra- « utérine, les vaisseaux correspondants vontse dilater d’une « manière permanente, la nutrition va être activée et le « fœtus viendra au monde avec une macrodactylie plus ou « moins marquée ».
Telle est la théorie sanguine de l’hypertrophie congénitale que Polaillon accepte comme « la seule qui nous « paraisse satisfaisante et d'accord avec les données de la « physiologie. »
En 1866, dans les Archives de Langenbeck, paraît un article de Busch qui pense que l’altération causale des hypertrophies congénitales porte sur les cartilages épiphysaires dont l'accroissement morbide aboutit à l'allongement des phalanges et à la dilatation irrégulière des extrémités articulaires.
Massonaud en 1874, consacre sa thèse à la pathogénie de l'hypertrophie unilatérale partielle ou totale du corps. L'année suivante, Barwell (1) incrimine l’arrèt de développement de la tunique moyenne des artères. Cette altération, dans les rares autopsies qui aient été pratiquées, n’a jamais été constatée.
En 1875 également, MM. Mathias Duval et Le Dentu publient dans le dictionnaire de Jaccoud, un important article sur Ia macrodactylie.
(1) Transactions of the Clinic Society.
Pollosson, en 188% (1), émet une théorie d'après laquelle cest une altération des vaisseaux lymphatiques qui entraine l'excès de développement des os, des muscles, du tissu cellulaire, en résumé, de tous les tissus du membre. Cette théorie a été reprise plus tard, en 1886, par Bull à la Société de Médecine de Londres et, en 1890, par Pollosson dans un article des Archives générales de Médecine où il cite deux cas personnels. Cet auteur accepte entièrement la théorie lymphatique, en s'appuyant sur ce fait qu'après Bull et Pollosson, « Packard avait trouvé à l’autopsie d'un mem-