FORMES
On distinguait surtout, à côté de la forme classique, deux grandes formes : la forme à évolution rapide et la forme à évolutiou traînante prolongée. La première a évolution le plus souvent rapidement mortelle ; la seconde à évolution souvent curable, mais pouvant se prolonger des semaines et des mois.
Quant aux formes latentes, celles dont nous nous occupons tout spécialement, il en était surtout fait mention dans les livres traitant de la mort subite, puisque le diagnostic dans les cas auxquels nous faisons allusion, n'était fait qu’à l'autopsie.
Nous diviserons donc les formes latentes ou frustes en trois types principaux :
a) Type ambulatoire foudroyant ; b) Type ambulatoire curable ;
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c) Type frustre avec poussées subaiguës, à évolution mortelle ou curable.
Le premier de ces types est toujours mortel, les deux autres sont souvent curables, mais peuvent rapidement se révéler par une poussée aiguë, etla méningite, latente jusque-là, se révèle au grand jour.
FORMES LATENTES a) Type ambulatoire foudroyant.
Voici des faits cités par M. Brouardel dans son livre sur la mort subite.
Un individu se sent mal à son aise tout d'un Coup, il était en bonne santé auparavant. Il va chez un pharmacien qui lui donne deux pilules. Le malade absorbe les pilules et meurt. On accuse le pharmacien d'avoir empoisonné cet individu. Tardieu fait l'autopsie : il trouve une méningite suppurée avec une nappe de pus de quelques millimètres d'épaisseur épanchée dans la pie-mère.
C'est encore le cas rapporté par Vibert, de cette fille qui meurt subitement dans une chambre d'hôtel qu'elle avait louée pour la nuit, et chez laquelle on trouve également une méningite à gros pus bien lié au niveau des enveloppes méningées.
Ainsi donc, il s'agit bien dans ces observations de personnes qui ontaccompli, peu d'instants avant leur
mort, tous les actes normaux et physiologiques de ÿ P. 2
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l'existence ; aucune n'a eu de troubles psychiques de, douleurs, de vomissements, de paralysies : leur néningite était donc bien latente.
Voilà ce type foudroyant qui subitement éclate et entraine en quelques heures la mort de l'individu.
b) Type ambulatoire curable.
À côté de ce type ambulatoire foudroyant à évolution très rapidement mortel, on peut créér le type ambulatoire simple. Le malade continue à vaquer à ses occupations, il souffre d'une céphalée plus où moins violente, revenant plus tenace à certaines heures de la journée, mais qui ne le force pas à garder le lit. Il n’a pas de vomissements, peu de fièvre, malgré un certain malaise général, se plaint de la nuque, peut même, sous l'influence d’un refroidissement ou d'un surmenage accidentels, garder le lit, un, deux, trois jours, mais toujours momentanément ; puis les forces reviennent progressivement et le malade guérit complètement de ces symptômes légers que son entourage ou luimême a qualifié de grippe.
L'observation de MM. Sicard et Brecy est un exemple frappant de ce type. Mais ces cas-là, évidemment sont encore rares. Ils n'ont pas suffisamment attiré l'attention, et le clinicien jusqu'ici ne s'était pas préoccupé suffisamment de la ponction lombaire, et n'ayant pas encore en sa possession la technique du cyto-diagnostic, était mal armé pour étudier ces cas
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Nul doute qu'à l'avenir ce type ambulatoire qui évolue vers la guérison, et vers une guérison toute spontanée, ne se montre plus fréquemment.
c) Type fruste avec poussées subaiguës, à évolution mortelle ou curable.
Ce type est certainement, parmi les formes frustes de la méningite cérébro-spinale, le plus fréquent. C'est celui dont nous verrons à l'avenir les observations se multiplier en plus grand nombre. Il est évident que ces divisions nosologiques seront toujours un peu fictives, conventionnelles. Il existe, en effet, entre ces divers types des gradations insensibles, les unes et les autres peuvent se fondre entre eux. mais il est nécessaire de les grouper de prime abord dans un certain nombre de classes plus ou moins schismatiques.
Un malade, le plus souvent jeune, de 15 à 30 ans, est pris de phénomènes généraux. légers frissons, plus ou moirs rapides, un peu de fièvre, de la courbature, de la céphalalgie, une douleur légère à la nuque. Il existe un certain état nauséeux. [l prend le lit, se repose deux, trois Jours. Les phénomènes s'amendent, la fièvre tombe, le malade se lève, reprend ses occupations. Quelques jours après, parfois sans cause appréciable, d’autres fois à la suite d’une imprudence, d'un excès, d'un surmenage, nouvelle petite crise, reprise de la céphalée, des malaises généraux, de l’état nauséeux, légère poussée fébrile. Un repos au lit de quelques jours encore suffit à calmer de nouveau ces phé-
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nomènes, et le malade se croit définitivement guéri.
Il peut encore retomber, la maladie pouvant durer des semaines, et même plus longtemps, comme dans une observation que nous rapporterons.
Ainsi ce type serait constitué par une symptomatologie fruste, mais entrecoupée de poussées subaiguës, qui pourraient faire errer le diagnostic. Le médecin, peu accoutumé à ces formes frustes de la maladie, posera plus volontiers le diagnostic de phénomènes grippeux, d'embarras gastrique fébrile, que celui de méningite cérébro spinale. Ici encore la ponction lombaire et le cyto-diagnostic suffiront à lever tous les doutes et le diagnostic précoce permettra une thérapeutique rationnelle. [l est en effet important de savoir que ces formes frustes à poussées subaiguës peuvent se transformer en formes graves, à évolution continue, à accidents méningés aigus, pouvant être rapidement mortels.
Dans ces trois types il existe deux symptômes à peu près constants, la céphalée et la douleur de la nuque; ce dernier symptôme pouvant s'accompagner d'une légère raideur des muscles de la région cervicale; en tout cas, d'une difficulté, d'une gêne dans les mouvements de latéralité, d'extension ou de flexion de la tête. Le signe de Kernig peut faire défaut. Dans ces trois types, répétons-le, les symptômes cliniques ne sont souvent pas suffisamment caractérisés pour permettre à eux seuls d'éviter une erreur de diagnostic. Il faut alors faire appel aux recherches de laboratoire : recherches bactériologiques et recherches cytologiques. Ce
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sont les résultats fournis par la recherche des éléments microbiens et des éléments cellulaires que nous allons exposer dans le chapitre suivant.