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Le diagnostic du pseudo-rhumatisme grippal avec les autres pseudo-rhumatismes infectieux se fera par éliminalion. Il s'agira de bien reconnaitre au début les caractères de l'infection grippale et d'éliminer, par un examen minutieux, les diverses autres infections capables d'amener du pseudo-rhumatisme. On conçoit que la blennorragie devra surtout être attentivement recherchée, car sa constatation entrainerait non seulement une thérapeutique spéciale, mais encore un pronostic différent, l’arthrite blennorragique étant beaucoup plus tenace que les arthrites grippales et tendant à l'ankylose, ce que la grippe ne fait jamais.
A la fin de notre premier chapitre, nous avons parlé des formes douloureuses de la grippe ordinaire.
La douleur généralisée (courbature fébrile) est certainement un signe de début presque constant, mais ne durant pas plus de deux à trois jours en général, pour faire place à des symptômes thoraciques, digestifs, etc.
Dans d’autres cas, la maladie reste douloureuse pendant toute son évolution. Ce sont les «algies grippales » (Huchard) intéressant la tête, la nuque, mais aussi les muscles et les nerfs périphériques, le trajet de la colonne vertébrale, les lombes. Les formes douloureuses de la grippe ont souvent affecté une fréquence remarquable au cours de certaines épidémies, au point d’avoir fait donner les noms de « tac » ou «horion » à la maladie. Le chroniqueur Pasquier en 1403, décrivant une épidémie de grippe, insistait sur l'intensité des douleurs qui commençaient aux reins el
aux épaules. Le D: Huchard a vu chez deux malades les
douleurs des membres si vives et si étendues qu’on eût pu croire à du rhumatisme articulaire généralisé.
Dans la plupart des cas, de semblables douleurs ont un caractère franchement névralgique. mais on conçoit qu'assez souvent, il soit difficile de distinguer la grippe à forme douloureuse de la grippe à déterminations franchement articulaires. Les arthralgies grippales que nous avons étudiées donnent à la maladie un cachet particulier. Elles constituent à peu près les seuls symptômes douloureux de la période d'état, et on risquerait davantage de confondre la grippe rhumatismale avec le rhumatisme franc que de ne pas la reconnaître et la distinguer d’une grippe à forme douloureuse. Lorsqu'il s’agit, non plus de poly-arthralgies grippales, mais bien de pseudo-rhumatisme grippal ou post-grippal affectant seulement une ou deux articulations (obs. 1 et 3), le diagnostic ne souffre plus aucune difficulté et l’évidence d’un pseudo-rhumatisme infectieux
s'impose,