‹ Formes Rhumatismales De La GrippeChapitre 5 sur 14 · A. — HISTORIQUE · texte numérisé non relu

A. — HISTORIQUE

La grippe semble avoir été connue de tous temps, bien que désignée par les appellations les plus diverses.

Parmi plus de trente noms cités par M. Huchard dans ses consultations médicales, relevons celui de « fièvre rhumatique » et celui de « tac » qui semblent indiquer que les formes douloureuses et spécialement les formes arthralgiques ont été observées par les auteurs anciens.

Valesco de Tarente, rapporte qu’en 1487 une épidémie de catarrhe fut suivie d’affections rhumatiques fréquentes.

Graves fit en 1835 un tableau magistral de l'épidémie de grippe qu'il venait d'observer. Depuis lors, on considérait simplement la grippe comme une sorte de bronchite 6pidémique. Mais la grande épidémie de 1889-1890 et les suivantes firent envisager la question sous un jour nouveau ; les travaux auxquels elles donnèrent lieu établirent la notion du caractère infectieux et des formes

multiples de la maladie.

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C’est seulement à cette époque que l'attention fut attirée sur les formes rhumatismales de la grippe.

En 1890, Ferrand dit avoir observé plusieurs cas de rhumatisme post grippal. La même année Ollivier (de Rouen) cite plusieurs observations de rhumatisme survenant dans le cours ou dans le déclin de la grippe; il en conclut que cette maladie « à elle seule peut, à titre de maladie infectieuse, provoquer des manifestations articulaires dans un nombre de cas suffisants pour que la réalité du pseudo-rhumatisme grippal ne puisse être mise en doute ».

Enfin Grasset, faisant des constatations analogues, émet dans ses Leçons sur la grippe (1890) l'opinion que grippe et rhumatisme sont les manifestations diverses d’une même constitution épidémique.

En 1891, Kelsch et Antony relatent la coïncidence des épidémies de grippe et de rhumatisme. Bonnelière (1894) cite un cas de rhumatisme grippal suivi de mort. L'année suivante G. Weber admet la commune étiologie de la grippe et du rhumatisme poly-articulaire qui la suit ; et Chédevergne montre que l'infection grippale semble, chez les prédisposés, réveiller la diathèse arthritique.

En 1896. Marothe et Samson, étudiant chacun de leur côté les épidémies des six dernières années y relèvent de nombreux cas dans lesquels la grippe prenait d'emblée la forme arthralgique ou rhumatismale semblable à celle que nous avons observée. Huyghe (1599) consacre un article important à l'étude de la question, mais signale surtout des cas de pseudo-rhumatisme survenant dans le cours ou

dans le déclin de la grippe.

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Les épidémies de ces deraières années ne semblent point avoir affecté aussi souvent que les précédentes le caractère rhumatismal. Nous n’en avons du moins point trouvé l'indication dans la littérature médicale. La récente épidémie parait, au contraire, avoir pris assez volontiers cette forme comme nous l'avons constaté et aussi entendu dire autour de nous.

De toutes ces recherches sur lesquelles nous aurons à revenir, il ressort déjà deux notions principales se rapportant à deux groupes morbides assez bien définis.

Dans le premier groupe se rangent les cas où, la grippe évoluant avec ses allures habituelles, les déterminations articulaires apparaissent au cours, au déclin de la maladie, ou même quelque temps après la guérison (pseudo-rhumatisme post-grippal).

Au deuxième groupe appartiennent des observations dans lesquelles on voit les signes du début. de la grippe précéder immédiatement l'apparition d'arthralgies ou d'arthropathies multiples qui, dès lors, dominent à elles seules la symptomatologie de la période d'état (grippe rhumatismale).

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