‹ Formes Rhumatismales De La GrippeChapitre 7 sur 14 · RÉSUMÉ DES DIX-NEUF OBSERVATIONS PRÉCÉDENTES · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DES DIX-NEUF OBSERVATIONS PRÉCÉDENTES

Dans la moitié des cas les douleurs survinrent au cours ou au déclin de la grippe ; dans l’autre moitié, elles sont apparues quelques jours après sédation des signes grip paux.

L'observation 3 (Ollivier) est la seule où le rhumatisme ait été monoarticulaire. Dans toutes les autres, un nombre souvent considérable de jointures ont été prises ; remarquons la fréquence des fluxions articulaires de. la main et des doigts.

Les signes locaux d’inflammation sont signalés dans 40'cas seulement’ {obs, 1, 273,4, 5, 12, 13, 14,15:17); mais ils devaient probablement exister chez les cinq malades de Weber, ce qui porterait leur nombre à 15 (sur 19). C'est aussi dans cette catégorie de cas que la durée des Îluxions articulaires a excédé huit à dix jours (obs. 1, 2, 3, 9, 12, 13, 14, 15 et 17) ; et que nous rencontrons quelque degré d’impotence persistant après guérison (obs. 1, apr)

Chez six malades seulement (obs. f. 6.8, 411% 15510) le rhumalisme ou de vagues douleurs rhttmaloïdes sont signalées dans les antécédents. Le malacle n° 6 en avait aussi parmi ses antécédents familiaux. C'est a ussi dans ce groupe que nous trouvons 2 {sur 4) cas de cou nplications cardiaques. Les observations {1 et 12 sont les seule, S Où, sans antécédents rhumatismaux, apparait un symptôme Cardia -

que au cours du pseudo rhumatisme grippal. Q, ‘tant à

l'effet du salicylate. il n’est signalé que dans cinq cas, trois

où il fut favorable (obs. 2, 18, 19) et deux où il fut nul (obs. 12, 13).

Discussion ET CONCLUSIONS

En présence des diverses observations que nous venons de citer nous devons, avec la plupart des auteurs, nous poser la question suivante : Ces manifestations articulaires dont la grippe parait être la seule cause déterminante sont. elles : « Du rhumatisme articulaire aigæfrance survenant chez un malade prédisposé ou mis en état de réceptivité ou de moindre résistance par l'infection grippale, ou bien est-ce un pseudo-rlh'umatisme infectieux intimement lié à la grippe et engendré par les principes infectieux qu’elle développe ? » (Huyghe).

En dehors d’un agent pathogène spécial (Thiroloix) dont l’action spécifique reste encore indéterminée, les causes du rhumatisme franc semblent être l'hérédité et le froid humide.

Or, dans nos 19 observations, l’hérédité n’est signalée qu'une seule fois. Huyghe la relève six fois sur vingt cas. Quant au froid, il se manifeste tous les hivers, époque où sévit la grippe, tandis que le rhumatisme franc s’observe plutôt en été. Le D' Marotte dit que pendant l'hiver très rigoureux de 1892-93 les soldats employés fréquemment à déblayer la neige ne présentèrent que peu de cas de grippe et pas un seul cas de rhumatisme.

Insistons encore une fois sur ce fait que la plupart des malades n'avaient jamais eu de rhumatisme avant l'at-

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teinte provoquée par la grippe. Il est donc difficile de penser que cette dernière maladie réveillait une prédisposition rhumatismale, d'autant plus que les manifestations observées n'avaient presque jamais les caractères du rhumatisme franc, mais plutôt ceux du pseudo-rhumatisme infectieux.

C’est ce que l’on observe dans les cas d'Ollivier, où la fixité de l'allure, le caractère et la marche des arthrites post-grippales les rapprochent des pseudo-rhumatismes infectieux.Dans certaines observations,d'’ailleurs,on note de l’ædème et des pétéchies et aussi une névrite périphérique consécutive, accidents qui sont bien la marque d'une infection. Le début de la douleur est lent, mais celle-ci arrive bientôt à un point d’acuité extrême, La fièvre, assez modérée au début, ne dépasse pas 39 degrés ; elle tombe en général rapidement tandis que les fluxions articulaires lui survivent assez longtemps. Enfin les complications viscérales sont très rares. |

Mais le principal caractère qui rattache ces arthrites au pseudo-rhumatisme infectieux, c’est encore leur caractère post -grippal. Dans toutes les observations, la réalité de la grippe ne peut soulever le moindre doute. Et d’ailleurs la constatation de l'infection causale n'est-elle pas souvent la meilleure et souvent, la seule indication qui permette d'écarter l'hypothèse du rhumatisme france ? « N’est-il pas des cas d’arthrite blennorragique, où si ce n’était la constalalion de la gonorrhée, il serait difficile de dire si l’on a affaire à un rhumatisme vrai ou à un pseudo-rhumatisme ? » (Huyghe).

En résumé: 1° L'apparition d’une fluxion articulaire

chez des sujets non prédisposés el à une époque où le rhumatisme franc est une rareté; 2° son éclosion nettement post-grippale et liée à l’état infectieux antérieur ; 3° les caractères nettement pseudo-rhumatismaux de l'arthrite el des signes concomitants, ainsi que la rareté des complications viscérales ; 4° enfin l’action infidèle ou du moins irrégulière du salicylate, sont les éléments qui nous permettent de considérer le rhumatisme post-grippal

comme un pseudo-rhumatisme infectieux.

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