PRÉCAUTIONS A PRENDRE
langiennes de la main el du pied ; aux articulations des doigts et des orteils avec les métacarpiens et lès métatarsiens. On aurait tort de supposer que ce sont là des accidents insignifiants et faciles à guérir ; ils sont souvent au contraire extrêmement tenaces; le diagnostic est difficile, ces artliriles n’altirent l’attention que quand elles sont assez prononcées; pour provoquer la douleur, il faut exercer une pression énergique.
Précautions à prendre. — Avant d’attaquer les épanchements, on examinera, avec une grande attention, les muscles voisins et les tendons dont les gaines passent près des jointures traitées; s’ils sont pris ou en voie d’atrophie, on les massera avec énergie et persévérance ; autrement tout ce qu’on a pu obtenir du côté de la jointure est insuffisant.
Le massage n’a d’avantage que dans le rhumatisme articulaire présentant une certaine fixité; il est inutile dans les douleurs vagues ou erratiques. Même dans le premier cas, les résultats sont incertains ; nous avons vu, lorsque le rhumatisme semblait stationnaire, une nouvelle poussée remettre tout en cause. Quand plusieurs jointures sont prises, les séances sont fatigantes pour le praticien ; les malades souffrent, se plaignent; on n’obtient rien pendant longtemps. Il est souvent utile de faire deux séances dans la journée. On ne doit jamais oublier que le rhumatisme est une maladie générale et que les effets du massage sont purement locaux; il serait donc à désirer qu’il servit d’adjuvant à une cure thermale énergique comme celle d’Aix-les-Bains, ou d’autres de moin-
dre intensité comme celles de Wildbad, Ischl ou Ragatz(l).
L’application du massage dans le cours d’une détermination rhumatismale est souvent interrompue par des poussées d’intensité variable. Parfois, les jointures se tuméfient, deviennent un peu sensibles à la pression et tout est fini, il est inutile de suspendre le traitement. Mais si l'on a affaire à des accidenls aigus ou subaigus, il faut s’arrêter. Parfois la crise semble produire une modification favorable dans la manière dont réagissent les jointures : l’amélioration se produit plus vite après qu’avant.
Goutte. — Dans la goutte, je n’emploie le massage que l’attaque finie, s’il reste de l’arthrite chronique avec ou sans épanchement. Aux orteils, j’ai réussi parfois à faire disparaître des tophus, lorsque ceux-ci n’étaient ni durs, ni anciens. Chez certaines personnes, il est difficile de dire si on est en présence du rhumatisme ou de la goutte, tant les manifestations sont ambiguës. Il vaut mieux, dans ce cas, admettre l’hypothèse de lésions goutteuses et agir en conséquence.
J’ai rangé à côté des phlegmasies articulaires qu’on peut rattacher au rhumatisme et à la goutte, les arthrites déformantes.
Arthrites déformantes. — Se rattachent-elles aux états indiqués ? On ne peut pas l’affirmer. Leur processus très opiniâtre est essentiellement
(t) Yoy. De la Harpe, Formulaire des eaux minérales , de la balnéothérapie et de l'hydrothérapie , Paris, 1894.