RAIDEURS ARTICULAIRES (FAUSSES ANKYLOSES
incomplètes, même serrées, l’énergie et la persévérance conduisent à des résultats inattendus.
L’étiologie donne à penser; une tumeur blanche ne se développe pas au hasard chez tous les individus; nous avons vu un traumatisme léger provoquer chez les rhumatisants des arthrites à tendance formative. Chez d’autres, une cause aussi insignifiante aboutit au processus dont nous venons d’essayer de donner une idée. Ceux-là sont des gens à tare organique dont les tissus présentent peu de vitalité et. peu de réaction ; jeunes, ils ont des affections ganglionnaires; adultes, des suppurations intarissables et souvent des affections viscérales à marche insidieuse. Admettre que ces manifestations irrégulières et cachectiques sont autant de luberculoses locales, c’est aller trop loin.
Il y a des arthrites fongueuses non spécifiques , et des arthrites fongueuses bacillaires. L’intervention mécanique est toujours légitime dans les premières ; elle l’est dans les secondes, lorsque les accidents du début sont passés et qu’on ale droit de penser à une disparition radicale des bacilles. Ce serait raisonner faux que de se dire en présence d’une fausse ankylosé du genou ou du coude : « Respectons la; elle a peut-être été bacillaire. » Si elle ne l’est plus on n’a aucune chance de provoquer une recrudescence d’accidents locaux et de disséminer de dangereux microorganismes.
Les raideurs de l'épaule ne réclament pas les mêmes manœuvres que celles du coude ou des doigts; ce qui reste constant c’est le principe.
Le massage employé comme adjuvant de la
8(i MASSAGE DANS LES MALADIES DES ARTICULATIONS
rectification forcée. — Notre méthode est simple: ses procédés ont élé appliqués isolément, rarement ensemble; elle en comprend deux: le massageetla rectification manuelle des déviations, par conséquent la rupture des adhérences. Le massage est utilisé de bien des manières avant et après la rectification; il rend de véritables services dans les atrophies secondaires ; aucun procédé ne vaut mieux pour activer ou régulariser leur nutrition; il sert à prévenir les réactions provoquées par des manœuvres énergiques. Son action physiologique même l’explique.
Dans la flexion , l’extension ou l’abduction forcées, on a déchiré des brides fibreuses ; les craquements l’ont indiqué: il s’est formé parfois dans l’articulation, souvent autour d’elle, des hémorragies, des infiltrations sanguines. En lui-même cet accident n'a pas d’importance; il en prend par ses conséquences. L’action irritante de ces extravasats donne à certaines entorses une gravité particulière; on peut assimiler les désordres produits dans les rectifications forcées à ceux de l’entorse. Tout le monde redoute avec raison les accidents inflammatoires; la manœuvre active finie, c’est à eux que l’on songe. L’immobilisation absolue paraît indiquée; n’est-ce pas la mesure antiphlogistique par excellence? Elle n’entrave pas la résorption du sang, mais elle favorise la reproduction des brides rompues.
Il vaut mieux recourir à un procédé qui a fait ses preuves, et n’expose pas à la reproduction des adhérences. On doit se contenter de l'effleurage. Tant superficiel et tant doux soit-il, il produira presque toujours une douleur d'autant plus vive