RECTIFICATION FORCÉE ET MASSAGE
des formations de faux ligaments, des synovites tendineuses avec adhérences des tendons à leurs gaines; des myosites avec diminution de la capacité d’extension des muscles. On peut savoir en quel point les lésions sont le plus prononcées, il : suffit de tenir compte du siège précis de la douleur et de la tuméfaction.
Après les tentatives de rectification, l’application du procédé est souvent suivie de phénomènes réactionnels : si l’opérateur n’est pas fixé sur leur origine et leur importance ; s’il n’a pas soin de prévenir le patient ou ceux qui s’intéressent à lui, il ne fera qu’augmenter les défiances et rendre son rôle plus difficile. Le massage des articulations est suivi d’une amélioration progressive; le malade prend Irès vite courage. Au contraire, après le redressement forcé la jointure est plus douloureuse qu avant. Il est de première importance de bien renseigner le malade sur ces particularités avant de commencer.
La douleur est passagère; elle cesse presque lorsque la manœuvre est finie ; on a facilement raison de celle qui persiste par le massage. Le : craquement effraie tout le monde à tort; il indique qu’on a rompu des adhérences, que des portions de tissu rétracté ont cédé, c’est ce que l’on veut. Les 'sugillations sanguines, la tuméfaction n’ont pas plus d’importance ; elles ne persistent guère quand le massage est fait à propos. Au membre inférieur, ; par exemple, il arrive parfois, lorsqu’il existe des contractures du demi- membraneux, du demi -tendineux et du biceps, qu’on observe une tuméfaction de la partie inférieure de la cuisse au début,
plus tard le même phénomène se produira à la partie supérieure.
Pour la flexion ou l’extension forcée, il faut tenir compte de l'énergie des résistances et de l’état du système osseux. Si l’on a affaire à des sujets chez lesquels il est mal développé, on fera bien attention de ne pas faire porter la force sur des leviers trop longs, pour ne pas s’exposer à des fractures. Si le membre est en flexion, par suite de la tendance que présente surtout cette anomalie à se reproduire, on ne risque pas dans la rectification artificielle, de dépasser le degré qu’on veut atteindre. Le malade fera lui-même, aussitôt, qu’il le pourra, des mouvements actifs.
Pour les ankylosés incomplètes, les contre indications sont peu nombreuses ; je ne connais que la sénilité, l'affaiblissement et une impressionnabilité nerveuse extrême. Dans ces derniers cas la temporisation est de rigueur; inutile d’entreprendre un traitement qu’on serait forcé d’interrompre. Que les malades patientent, suivent une médication appropriée, arrivent à des conditions générales satisfaisantes et il sera toujours temps de commencer.
Les fausses ankylosés de l'épaule sont assez fréquentes.
Ankylosé de l'épaule. — Une intervention active est presque toujours nécessaire. Bonnet faisait déjà remarquer qu’on doit agir ici comme pour toutes les articulations, c’est-à-dire par des