‹ Formulaire du massageChapitre 31 sur 114 · ANKYLOSE DE L’ÉPAULE · texte numérisé non relu

ANKYLOSE DE L’ÉPAULE

mouvements doux et gradués ou par la rupture violente des adhérences (1).

Voici comment je procède : le malade est placé dans un fauteuil dont le dossier ne dépasse pas son épaule. Je le fais asseoir près du bord latéral, de telle sorte que le jeu de son bras, au moment d'exécuter les mouvements forcés, soit tout à fait libre. Si nous avons affaire à l’épaule gauche, nous la saisissons et nous le fixons par une pression énergique (2), en même temps, avec l’autre main, nous empoignons le bras au-dessus du coude. L’abduciion est faite ensuite dans le sens de la plus grande résistance, c’est-à-dire presque toujours de bas en haut et d'avant en arrière. J’ajoute, lorsque la résistance est un peu moindre, des mouvements de circumduction (moulinet) dont j’augmente peu à peu l’amplitude.

On ne doit pas abandonner le bras aussitôt après la séance, il faut le tenir une minute ou deux dans l’abduction.

Si la résistance est considérable ou si Ton veut très vite atteindre son but, l’abduction forcée sur l’épaule est préférable ; ce procédé permet d’agir :avec plus de vigueur. Le patient est assis sur une chaise assez élevée; le médecin convenablement

(}) Bonnet, Traité de thérapeutique des maladies articulaires.

(2) Cette précaution est indispensable, car, par suite de la mobilité, 1 omoplate suit tous les mouvements du bras; c’est même une des raisons pour lesquelles cette ankylosé est facilement tolérée jusqu'à un certain point par les malades. Sans fixation préalable, il serait impossible de faire une rectification convenable, de déchirer les adhérences ou de vaincre les contractures musculaires et capsulaires.

baissé est incliné devant lui du côté intéressé ; le coude du malade est appuyé solidement sur son épaule. L’opérateur croise ensuite ses deux mains sur l’épaule malade de manière à fixer l'omoplate, puis, en se relevant, il soulève le bras du patient de bas en haut. Ce procédé, plus énergique que le précédent, est aussi plus douloureux. Quand les mouvements sont devenus satisfaisants, on peut en revenir au premier.

Dans la dernière période du traitement, le malade devra faire lui-même des mouvements actifs : ceux de moulinet avec ou sans haltères me paraissent les plus simples et les meilleurs. On a dit qu’ils pouvaient provoquer des poussées inflammatoires, je n’en ai jamais vu.

Ankylosé du coude. — Pour le coude, je saisis solidement l’extrémité inférieure du bras avec la main gauche et l’avant-bras un peu au-dessus du poignet, puis je lui imprime des mouvements graduels de manière à ce qu’on puisse peu à peu porter l'extension à un degré plus élevé que le maximum précédent. Il est bon, après chaque séance, de ne pas abandonner immédiatement le membre, mais de le maintenir étendu pendant deux minutes ou plus longtemps si le malade le supporte. Lorsque la douleur est trop vive, on a recours comme d’habitude au massage ; il faut un effleurage énergique.

On peut encore procéder de la manière suivante : Le malade agenouillé place son bras dans toute sa longueur sur une banquette rembourrée, ou, à défaut de cet appareil, sur une table ordinaire : il

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