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INDICATIONS GÉNÉRALES. UTILITÉ DU MASSAGE

tort d’attribuer à l’immobilisation les ankylosés secondaires, qu’elles tiennent tout simplement, à la formation d’un cal fibreux.

La discussion qui s’engagea à ce propos montra que les chirurgiens étaient loin de s’entendre sur les principes du traitement rationnel des fractures: MM. Marc Sée et Lannelongue partageaient l’avis de M. Verneuil, et voulaient absolument qu’on immobilisât toujours, MM. Lucas- Championnière et Marjolin étaient beaucoup moins convaincus, ils admettaient avec M. Desprès que dans certains cas au moins on pouvait s'écarter de la règle générale. A l’étranger les mêmes questions avaient été soulevées. Menzel, de Trieste, avait proposé de faire des mouvements passifs tous les deux jours dans les fractures du radius, Starke avait mobilisé de bonne heure dans les fractures du radius et du péroné; Schede procédait de la même manière pour les fractures humérales.

Rien ne prouve qu’en appliquant la méthode avec énergie et persévérance on n’arriverait pas à un résultat satisfaisant ; malheureusement elle n’est pas compatible avec la nécessité de l’immobilisation absolue, admise par presque tout le monde dans le traitement des fractures. Nous nous retrouvons en présence de la même controverse doctrinale que dans la thérapeutique des arthropathies. L’indication fondamentale pour le traitement de toute solution de continuité du système osseux, c’est de favoriser par tous les moyens possibles la réunion, c’est-à-dire la formation d’un cal solide ; les mouvements, les pressions, le simple effleurage sont autant de circonstances que l’on

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doit éviter; le type idéal d’un bon appareil à fracture c’est un manchon fermé qui maintient rigoureusement immobiles dans une situation convenable les deux fragments osseux (1).

Traitement systématique par la mobilisation précoce et le massage. — Est-il démontré que le massage bien fait dès l’origine entrave la consolidation ? Nullement. Peu de chirurgiens préconisent le placement précoce d’un appareil sur un membre tuméfié; l’immobilisation immédiale de fragments déplacés et séparés par une masse de sang plus ou moins abondante. La plupart mettent un appareil d’attente et laissent à la nature le soin de faire disparaître les accidents primitifs avant d’établir une contention pour longtemps. Il nous semble qu’il est tout naurel de l’aider et de hâter la résorption des liquides nuisibles. Ce que nous avons obtenu dans les hémartroses traumatiques, dans les phlegmasies articulaires accompagnées d’épanchement, nous pouvons l’obtenir ici sans plus d’inconvénients que dans le premier cas. Le massage est donc indiqué comme médication précoce capable de servir d’introduction à une autre et de lui frayer la voie.

Il est indiqué même à une autre époque; cette règle de la contention absolue est sujette à bien des exceptions; son application rigoureuse a des inconvénients graves, dans des cas de pratique journalière.

(1) Yoy. Gaujot, Arsenal de la chirurgie contemporaine.

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Cetle reconnaissance des inconvénients d’une méthode largement répandue était un progrès, sans doute, mais un progrès tout négatif. Existait-il un moyen de les pallier? Peut-on formuler à propos de l'application méthodique du massage et des mouvements passifs dans ces cas de règles qui puissent servir de vade mecum à tous les praticiens; que tous puissent s en servir sans crainte et sans remords, certains d’avance que les patients ne paieront pas les frais de tentatives nouvelles ? On a essayé.

Le massage est utile à deux époques dans le traitement des solutions de continuité du système osseux ; 1° au début, parce qu’il favorise la résorption de l’épanchement sanguin ou séreux ; parce qu'il diminue la tuméfaction et la sensibilité locale; c2° après l’enlèvement de l’appareil. C’est avec lui seulement qu’on peut avoir raison d’impotences fonctionnelles résultant de l’atrophie de certains muscles, d’indurations ou de rétractions voisines du cal.

Les règles posées par Podrazky avaient été appliquées par M. Gerst; le résultat fut excellent. Je lonnerai plus loin les indications générales du massage dans le traitement des fractures.

Je ne crois pas qu’on eût aussi formellement lonné auparavant les deux indications auxquelles n’a conduit l’examen critique des faits.

Je m’applaudis d’être entré dans cetle voie, car presque tout ce que j’ai proposé a été adopté et le nassage est devenu un agent thérapeutique d’une ncontestable utilité pour le traitement des fracures. En 1884, l’année même où parut mon ou-

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vrage, M. Berne faisait à l’hôpital Lariboisière, dans le service de M. Duplay, le massage dans les fractures du péroné. Au mois de juin 1885, il exposa ses théories et les résultats de sa pratique dans une leçon publique à l'hôpital Bichat. Il a publié depuis un travail plus étendu dans lequel je suis heureux de voir mes idées sur le massage confirmées par ce praticien distingué (1).

A la première séance du Congrès français de chirurgie, le 9 avril 1885, M. Tilanus, d’Amsterdam, communique une étude comparative sur le traitement des fractures de la rotule par l’immobilisation et les moyens de cooptation extérieurs et le traitement par la compression, le massage et les mouvements.

A la séance du 30 juin 1886, M. Lucas-Championnière fait également une communication sur le traitement des fractures du radius et du péroné par le massage.

Quand, en 1884, j’ai voulu écrire sur ce sujet, je fus obligé de dépouiller avec soin toute la littérature pour découvrir quelques cas ; les plus intéressants se trouvaient dans de petits recueils à peine connus en France comme l’ Eira, ou dans les Comptes Rendus des Sociétés de médecine de Stockholm ou d’Helsingfors.

L’idée avait fait son chemin quand parurent les thèses de Maison (2) et de Léonardon Laperven-

(1) G. Berne, Le massage, manuel théorique et thérapeutique. Paris, 1894.

(2) Th. Maison, La mobilisation et le massage dans le traitement des fractures paraarticu/aires, thèse de doctorat. Paris, novembre, 1886, n° G.

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