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Moyenne 41 jours

Les résultats statistiques apportés par Tilanus étaient propres à démontrer, comme il l’avait af-

MASSAGE DANS LES FRACTURES

firmé, que les fractures de la rotule guérissaient mieux quand on les traitait par la compression, le massage et les mouvements, que quand on immobilisait rigoureusement d’après l’ancienne méthode.

Presque en même temps MM. Lucas-Championnière et Tripier, de Lyon, eurent 1 idée de tirer parti de la méthode préconisée par l’École d’Amsterdam.

Un malade du service de M. Tripier atteint de fracture de la rotule fut guéri sans les appareils im mobilisateurs ordinaires, par la compression, le massage et les mouvements articulaires, et le Dr Rafin publia quelques temps après la relation de ce cas(l) sans adopter la méthode d’une manière aussi définitive. M. Léonardon Lapervenche a fait du massage pour des fractures de la rotule dans les différents services où il a passé. Voici comment il a procédé : <c Le massage a élé fait dès le premier jour de l’arrivée ; il consistait en larges • effleurages centripètes, puis en frictions sur les parties latérales des fragments rotuliens, au moyen de foute la surface de la paume de la main et des doigts. On tâchait d’obtenir après chaque séance de quinze minutes le rapprochement des fragments, puis le membre entouré d’un bandage ouaté était placé dans une sorte de petit hamac suspendu au ciel de lit, maintenant le membre élevé, le talon distant du plan du lit de 30 à 35 centimètres. Le massage a été bien supporté dès la première séance dans l’intervalle, absence absolue de la douleur, effleurage joint aux frictions, pétrissage et tapole-

(1) Tripier, Lyon médical, 5 sept. 1886,

FRACTURES DE LA ROTULE

ment des muscles de la jambe et de la cuisse. »

L’intervention hardie de Mezger, la communication de Tilanus, sont donc devenus l’origine et le point de départ -d’une méthode nouvelle dans le traitement des fractures de la rotule.

Depuis Hippocrate, les chirurgiens s’étaient préoccupés avant tout de rétablir l’intégrité morphologique du membre et par conséquent la soudure de l’os divisé. La nouvelle école se plaçait sur un terrain différent. Peu importe la consolidation, peu importe l’écartement des fragments, si le malade marche et se sert du membre inférieur comme avant l accident- Mieux vaut une jambe qui fonctionne, se plie et s’étend avec une rotule en deux morceaux, qu’une jambe rigide avec une rotule intacte. Les causes des troubles secondaires sont les mêmes que dans toutes les fractures intra ou para-articulaires. Ce sont l’atrophie musculaire et la rétraction de la capsule. Piévenons-les et nous guérirons notre malade autant qu’il peut être guéri. En mobilisant de bonne heure et en massant, on se propose de prévenir l’atrophie du triceps crural, de favoriser la résorption de la sérosité que renferment la synoviale articulaire et les tissus qui l’entourent. On réussit en général : on prévient l’arthrite et l’athrophie, on fait disparaître très vite la douleur et la tuméfaction locale, Reste à savoir si on atteint le but qu’on voulait atteindre; si une articulation fémoro-tibiale à rotule fragmentée en vaut une dans laquelle cet os est intact. Les chirurgiens sont loin d’ètre unanimes dans leurs réponses.

Après avoir excité un intérêt très vif, presque

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de l’enthousiasme, la méthode nouvelle est arrivée à une seconde phase moins brillante. Kleen ayant examiné le malade présenté par Berghman à la Société de médecine de Stockholm, a fait remarquer judicieusement que si au lieu d’une rotule le malade se fût cassé les deux, et qu e le traitement eût donné les mêmes résultats de chaque côté, il lui serait à peu près impossible de marcher.

Cette observation est vraie. Faut-il rejeter le massage du traitement des fractures de la rotule parce?' qu’il n’est pas toujours et seul indiqué? Nullement. Lors même qu’on se propose avec raison d’obtenir la consolidation la meilleure possible, on peut encore l’utiliser à titre de médication préalable ou adjuvante.

Dans les quatre observations de M. Léonardon Lapervenche (1), les fragments furent trois fois maintenus rapprochés par les griffes de Malgaigne et de Duplay. Je ne crois pas qu’aujourd’hui on soit autorisé à proposer toujours, pour tous les cas, une méthode et à négliger les indications accessoires. Le massage et les mouvements passifs ne seront vraiment utiles que quand ils n’auront aucune chance d’augmenter 1 écartement des fragments ou d’entraver la formation du cal. D’un autre côté, il ne faudra jamais perdre de vue, quand on les appliquera, l’état du triceps crural : c’est son atrophie surtout qu’il est bon de combattre, car c’est elle qui est en grande partie cause des troubles fonctionnels ultérieurs.

(1 ) Léonardon Laper vench e,Fractw'esjuxta-articulaires, leur traitement par le massage , thèse de doctorat. Paris,

fractures de LA ROTULE i-1 2

6° Os de la jambe. — Presque tous les auteurs qui se sont occupés du massage ont rappelé des fractures du péroné dans lesquelles il a fait merveille.

M. Lucas-Championnière donne neut observations; M. Maison, dix; M. Léonardon-Laperven-

che, dix ; M. Rafm, cinq.

Dans tous ces cas, les accidents immédiats ont été conjurés, la consolidation a été facile et plus rapide que quand on traite par l’immobilisation

seule.

Il faut, d’après Malgaigne, pour que cette con- ■ solidation soit effectuée, trente jours s il n y a pas de déplacement ; il est indispensable dans d’autres cas de laisser l’appareil trente-cinq à quarante jours.

Hamilton(l)ne le laisse quetrois ou quatre semaines. a Chez nos malades la consolidation a été obtenue en sept jours, vingt-un jours, quatre-vingtseize jours, pour les cas où il n’y avait soit aucun, soit peu de déplacement, et en un peu plus de quarante jours dans un cas de fracture très complexe des deux malléoles ». (Rafin)(2).

Ces données nous paraissent suffisamment explicites. Le massage est un agent thérapeutique de valeur; ce que nous avancions, en 1884, est vrai : on peut hardiment l’employer dans les premiers jours qui suivent l’accident pour remédier aux désordres accompagnant la solution de continuité des

(1) Hamitton, Traité pratique des fractures et des luxations, traduit par G. Poinsot. Paris, 1884.

(2) Rafin, Etude clinique sur le massage appliqué au traitement des fractions juxLu-articulaires, thèse de doctorat de Lyon. Paris, 1888.

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leviers osseux, pour soulager le malade, pour hâter la disparition du gonflement ; on peut l’employer plus lard s’il existe des raideurs articulaires et de l’impotence fonctionnelle persistante. Mais à ces deux indications s’en est ajouté une troisième. La mobilisation précoce et le massage combinés doivent constituer une méthode d’élection dans un certain nombre de fractures intra et para-articulaires.

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