‹ Formulaire du massageChapitre 45 sur 114 · ACCIDENTS DIVERS · texte numérisé non relu

ACCIDENTS DIVERS

positions prises involontairement par les malades pour mettre les muscles dans le relâchement et diminuer la douleur.

Mais encore plus fréquemment les propagations n’ont plus lieu du côté du plexus brachial ou de l’épaule, mais du côté des nerfs du cuir chevelu ; c’est également par là que se produisaient les paroxysmes et les irradiations : ces phénomènes font partie des céphalalgies d’origine musculaire. Quand on exprime cette opinion paradoxale en apparence, qu’on guérit souvent la migraine par le massage, on laisse entendre qu’il existe des douleurs de tète à forme migraineuse, résultant de myosites chroniques de la nuque el du cou, de névrites des nerfs du cuir chevelu. A deux reprises différentes, je me suis occupé de cette question. Mon premier travail (1) renfermait trente-deux observations dont la plus grande partie m’étaient personnelles et dans lesquelles on avait eu raison de céphalalgies rebelles en faisant disparaître des foyers de myosite plus ou moins anciens et plus ou moins étendus. J’avais été conduit, comme la plupart de ceux qui se sont occupés du massage, à examiner de plus près qu’on ne le fait ordinairement le système musculaire, et j’étais arrivé, d’induction en induction, comme MM. Vretlind, Helleday, Millis et Stoddard, à conclure que souvent c’est une myosite limitée, imperceplible à première vue, qui cause une douleur névralgique. Ces cas sont intéressants ; il y en a dans lesquels le masseur peut intervenir vite et sûrement ; de

(1) Norstrôm, Traitement de la migraine par le massage. Paris, 1885.

ceux-là je pouvais parler en connaissance de cause, car j’ai eu l’occasion d’en traiter souvent et d’obtenir des résultats surprenants. Nous avons vu dans le cours des myosites des accidents éloignés, des névralgies dont on ne soupçonnait guère le point de départ, des toux rebelles à paroxysmes ; tout cela disparaissait avec l’inflammation. Quand vous vous trouverez en présence d’une hémicrânie dite rhumatismale, d’une névralgie sus-orbitaire ou faciale, dont l’origine nous échappe, ne bornez point votre examen à la région douloureuse. J’avais vu des indurations sur les bords et au niveau des attaches crâniennes des muscles trapèze, splénius, sterno-mastoïdiens ; c’était, dira-t-on, une coïncidence. Nullement, la pression sur ces foyers suffisait pour déterminer souvent un accès semblable à ceux qu’avaient éprouvés les malades ; on fait disparaître le noyau suspect, les paroxysmes cessent.

Il est impossible d’admettre l’indépendance de manifestations aussi étroitement solidaires ; par malheur, le lien n’est pas visible.

Céphalalgies et céphalées d'origine musculaire. — La névralgie de la tète, consécutive aux inflammations limitées des muscles de la nuqueou du cou, résulte-t-elle de propagations aux filets nerveux? Est-elle réflexe ou vaso-motrice? nous ne saurions le dire. Peu importe ; son point de départ est connu ; c’est la meilleure indication thérapeutique. Nous ne voulons pas affirmer que les vieilles méthodes n’aient rien de bon, mais dans beaucoup de cas, elle sont inutiles; le massage simple, tel que nous l’avons appliqué dans les affections du système muscu-

CÉPHALÉES D’ORIGINE MUSCULAIRE loVJ

laire, a raison de tout, plus vite et mieux qu'elles*

Nous allons essayer de démontrer : 1° que les formes de céphalalgie décrites dans nos observations se rattachent bien au complexus appelé parles auteurs migraine ou hémicrânie ;

2° Que les symptômes étudiés isolément sont les mêmes dans les deux cas; qu’ils ne peuvent présenter que les différences individuelles ;

3° Que les doctrines formulées jusqu’à ce jour, suffisantes pour expliquer un certain nombre de faits, ne sauraient convenir à tous; qu’il y a, au point de vue pathogénique, des hémicrânies et non une hémicrânie ;

4° Que dans laclasse lapins nombreuse et la moins , connue peut-être, il y a des altérations du voisinage des nerfs, dont la douleur est la conséquence.

Aujourd'hui, il y a peu de névrologistes qui ne songent pas à examiner avec soin les muscles de la nuque dans les névralgies rebelles du cuir chevelu, et dans les migraines typiques. Je n’ai cependant pas voulu dire qu’en dehors de l’état fébrile, tous les maux de tète à exacerbation sont d’origine musculaire ; je suis revenu la dessus dans un tiavail ultérieur.

Dans mon premier travail je tâchais de faire apparaître la relation de causalité existant entre les indurations musculaires cervicales et les douleurs céphaliques ; de montrer qu’avec un traitement méthodique on pouvait tout guérir ; mais lorsqu’il est bien prouvé qu’une médication est légitime, tout n’est pas dit par rapport à elle; restent les indications. Le massage n’est pas infaillible; son application comporte des chances

d’insuccès. Si convaincu que l’on soit, il ne faut jamais pousser l’optimisme à l’extrême, l’expérience ouvrirait vile les yeux et montrerait que si la foi a pu suffire autrefois à transporter des montagnes, elle ne suftit pas toujours à guérir.

Une seconde brochure (1), fondée sur mon expérience propre, était surtout destinée à montrer les indications et les contre-indications du massage dans les céphalalgies, à montrer comment il faut l’appliquer si l’on veut réunir toutes les chances des succès. Dans dix observations on trouvait :

lu Une induration du volume d’une noix dans le corps du splénius droit. Empâtement du cuir chevelu au voisinage du point d’émergence du nerf petit occipital. A gauche, douleur à la pression au niveau de l’insertion du trapèze.

2° A droite, en arrière de l’apophyse masioïde, induration prononcée correspondant aux insertions musculaires. Autre induration du trapèze correspondant au milieu de la nuque ; la pression, à ce niveau, provoque une douleur sur sur le vertex et dans l’orbite. Ganglion lymphatique tuméfié et douloureux dans le voisinage. Douleur à la pression sur les ganglions cervicaux supérieur et moyen du sympathique.

A gauche, indurations symétriques correspondant à l’insertion des sterno-cléido-mastoïdiens. Noyau résistant dans le corps d’un des scalènes, plus marqué au niveau de son insertion sur l'omoplate. Douleur à la pression sur les ganglions cervicaux supérieur et moyen.

(1) Céphalalgie et Massage, Paris, 1890.

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